2 min de lecture Environnement

Les promesses jamais tenues de l’écologie

ÉDITO - Les pesticides tueurs d’abeilles et les néonicotinoïdes, qui vont être réautorisés, sont les symboles d’une action politique erratique dans le domaine de l’environnement.

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Les promesses jamais tenues de l'écologie Crédit Image : Anne-Christine POUJOULAT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Ryad Ouslimani

La situation est pour le moins burlesque. Nous avons donc une ministre de la Transition écologique qui va s’attaquer à sa propre loi. Oui, oui.  C'est en effet Barbara Pompili, secrétaire d’État sous François Hollande à la Biodiversité, qui avait fait voter l'interdiction des néonicotinoïdes.

La même Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique d’Emmanuel Macron 3 ans et demi plus tard, doit assumer comme première décision de détricoter sa propre loi. Ça lui promet de beaux moments à partir de cette semaine à l’Assemblée nationale, où les députés ne vont pas lui manquer de lui rappeler ses engagements.

Le gouvernement leur demande de réautoriser ces pesticides interdits pour les producteurs de betteraves embêtés par des pucerons.

Comment en est-on arrivé là ? Nos gouvernants dans cette affaire ont deux gros défauts. Ils prennent des décisions dont ils maîtrisent mal les conséquences. On prend des décisions symboliques, qu’importe le réel.

Des décisions symboliques, irréalisables

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Ensuite, leurs engagements dépassent mal un quinquennat. C’est comme la promesse de fermer des centrales nucléaires. L'objectif de tomber à 50% de production nucléaire pour l’électricité a été repoussé de 10 ans. Cet objectif n’était pas réaliste, d’autant que le développement d’énergies renouvelables et les économies d’énergie n’étaient pas planifiés.

On se donne des objectifs sans se donner les moyens d’y arriver. Il arrive exactement la même chose pour le glyphosate, qui devait être interdit cet automne. On en reparlera.

Dans tous ces exemples, les gouvernements ont fixé des objectifs ambitieux, et ils ont laissé le temps passé sans rien faire. On se donne bonne conscience, et c’est tout. Tout cela c’est parce qu’il y a des résistances aussi.

Une parole politique décrédibilisée

Dans tous les domaines que j’ai cité personne n’a cru que les promesses seraient tenues. Ce qui ne pousse pas à agir. Mais ça décrédibilise au passage l’autorité des politiques. Ils n’ont pas beaucoup de prise sur le cours des choses. Cela relativise aussi le courage politique.

C’est facile de fixer des objectifs ambitieux quand on n’en répond jamais. Je vous donne un exemple : sur la baisse de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique. Moins on en fait, plus on repousse nos échéances, et plus on gonfle les chiffres. C’est comme ça que les objectifs de réductions de CO2 n’ont jamais été aussi ambitieux, et jamais aussi lointains. 2050 !

Aucune femme, aucun homme politique, ne sera plus là pour en répondre. Ça n’a absolument aucun sens. Ce rapport au temps est particulièrement compliqué pour tout ce qui touche à l’écologie. Un horizon trop proche, et c’est infaisable. Un horizon trop lointain, et ça ne fera jamais.

Ça profite à ceux qui ne veulent rien changer. Et la parole politique est, elle, à chaque fois, un peu plus discréditée.

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