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Traçage des données numériques : "Le débat est politique", soutient Mounir Mahjoubi

INVITÉ RTL - Mounir Mahjoubi, député LaREM, ancien secrétaire d'État chargé du Numérique, a rédigé une note parlementaire sur le traçage des données mobiles dans la lutte contre le coronavirus.

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Traçage des données numériques : "Le débat est politique", soutient Mounir Mahjoubi Crédit Image : Bertrand GUAY / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi et Capucine Trollion

Que se passera-t-il quand nous serons déconfinés ? Si pour le moment, cet "après-coronavirus" est flou, le député LaREM Mounir Mahjoubi a rédigé une note parlementaire sur le traçage des données mobiles dans la lutte contre le coronavirus en vue du déconfinement.

Qu'en est-il d'une surveillance étatique à la sortie du confinement ? "Justement, il faut faire attention au vocabulaire. Le mot 'surveillance étatique' ça fait peur et ça ne traduit pas forcément la réalité technologique qui est derrière", commence Mounir Mahjoubi. Selon le député, il y a "3 usages différents et 3 types de façons dont les pays du monde l'utilisent".

Le premier, c'est celui "des pratiques collectives", comme ces grandes cartographies qui nous montrent où se trouvent les Français pendant le confinement. Ensuite, il y a "l'identification des sujets contact". "On se rend compte que pour éviter le rebond en stade 1 ou 2, on va avoir besoin de pouvoir contacter plus rapidement les gens qui ont été en contact avec une personne malade", poursuit Mounir Mahjoubi.

Votre téléphone au service du déconfinement

Le backtracking (retour sur traces) installé sur votre smartphone servirait à "identifier les sujets-contact". C'est lorsque quelqu'un est testé positif et que "le médecin lui demande avec quelles personnes il a été en contact. "Le problème, c'est que c'est basé sur sa mémoire. Avec une application, quelle que soit la technologie (bluetooth, GPS...), on va recomposer tout son parcours des quinze derniers jours pour savoir qui il a rencontré", explique Mounir Mahjoubi. Ce type d'application existe à Singapour et est en développement aux États-Unis.

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"La question des libertés individuelles se pose dans le cas où il n’y a pas de consentement de la personne. Il y a des pays où l’on ne vous demande pas votre avis. […] Cet usage-là, il est surtout utilisé en ce moment à Taïwan, en Corée du Sud, dans d’autres pays asiatiques, mais il est aussi utilisé en Pologne", poursuit le député. Il explique qu'il veut donner "des outils à la Commission des Lois et des outils à mes collègues de la Commission Covid". "Il y a des gens qui vont vous dire qu’il ne faut utiliser aucune technologie au nom des libertés individuelles et vous avez en face d’eux des gens qui vous disent : 'pour sauver une vie, eh bien on peut mettre de côté les libertés individuelles'. La réalité est plus compliquée, elle est au milieu", rappelle Mounir Mahjoubi.

Un outil sur la base du volontariat ?

Comment mettre en place cet outil de "tracking" ? Si c'est sur la base du volontariat, il y a respect de la liberté au sens le plus large du thème, mais ne risque-t-on pas de perdre l'efficacité ? " Sur l’usage de l’identification 'contact', si on le fait sur la base du volontariat, la plupart des gens sont pour (…) Après sur le contrôle du confinement, c’est d’utiliser une application pour être sûr que les personnes restent chez elles. Le débat il n’est pas technologique, le débat il est politique et global", résume le député.

Enfin, si cette application est retenue par le gouvernement, quand pourra-t-elle être opérationnelle ? "C’est entre les mains de l’exécutif […]. La commission des lois se réunit sur ce sujet dès demain (8 avril 2020), la Commission Covid aura tous les moyens en main pour pouvoir évaluer le travail. Je compte maintenant sur les annonces du gouvernement pour avancer", conclut Mounir Mahjoubi.

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