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Coronavirus : vers une application de suivi des malades respectueuse de la vie privée ?

Une technologie permettant d’identifier un smartphone dans un rayon de quelques mètres pourrait être utilisée pour suivre les personnes malades après le confinement.

Un homme sur son smartphone dans le métro parisien le 23 mars 2020
Un homme sur son smartphone dans le métro parisien le 23 mars 2020 Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

C’est désormais une évidence. L’allègement des mesures de confinement pourra difficilement se faire sans un dépistage massif de la population ni sans être accompagné par une application mobile pour surveiller la progression de l’épidémie et éviter de voir surgir une nouvelle vague de contaminations. Car en attendant la conception d’un vaccin ou d’un traitement cliniquement éprouvé, le virus continuera de circuler sur le territoire pendant plusieurs mois. 

Alors que certains pays ont mis en place des pratiques plus ou moins intrusives pour pister la population par le biais du GPS, la France réfléchit encore à la meilleure solution à adopter pour trouver l’équilibre entre l'efficacité opérationnelle et le respect des droits des citoyens. "Des contacts sont en cours afin de mieux comprendre les solutions technologiques retenues par nos partenaires et évaluer leur intérêt sanitaire", indique le cabinet du secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O. à RTL.fr.

Les autorités lorgnent notamment du côté de Singapour où le gouvernement local a mis en place le 20 mars une application non obligatoire baptisée TraceTogether, dont le fonctionnement est décrit par le site du Straits Times. Cette dernière utilise le Bluetooth pour détecter les smartphones situés à proximité d’un utilisateur dans un rayon de quelques mètres, le périmètre au sein duquel les contacts avec un malade du Covid-19 peuvent potentiellement conduire à une contamination en cas de contact prolongé. 

Les smartphones détectés à côté d’un utilisateur malade alertés

Lorsqu'un internaute s'enregistre comme atteint de la maladie, l’application demande l'autorisation d'accéder aux données anonymes générées par la communication Bluetooth entre son smartphone et les appareils à proximité. Elle va ensuite remonter l'historique de ses mouvements et alerter les smartphones qui ont eu des contacts rapprochés avec lui (à moins de 2 mètre pendant 30 minutes) qu’ils sont désormais des personnes à risque. Ces dernières peuvent alors se mettre en quarantaine pour interrompre rapidement la création de nouvelles chaînes de transmission du virus.

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En plus d’être moins gourmande en énergie qu’un suivi GPS, l’application singapourienne a l’avantage d’être plus respectueuse de la vie privée des citoyens car les données sont chiffrées et traitées localement sur chaque appareil où elles sont conservées 21 jours. En revanche, les utilisateurs doivent fournir leur numéro de smartphone et activer les notifications push afin de pouvoir être prévenus par le ministère de la Santé en cas de contact à risque.

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TraceTogether: Community-driven contact tracing to stop the spread of COVID-19

Préconisée par des scientifiques de l’université d’Oxord, cette approche est également suivie de près par l’Allemagne qui pourrait lancer une application de suivi des personnes contaminées basée sur le Bluetooth aux alentours du 16 avril, selon des sources gouvernementales citées par Reuters.

Une application en France dans les prochaines semaines ?

Pour produire des résultats et générer une forme d’immunité collective numérique, de telles applications devront cependant être adoptées massivement par la population. Par les deux tiers du public, selon Les Echos, qui explique qu’en France, "l’exécutif pourrait parfaitement conditionner la levée du confinement au fait qu’un pourcentage suffisamment significatif de Français utilise l’application".

Le quotidien économique assure qu’une application de ce type sera lancée dans l’Hexagone dans les prochaines semaines, une fois que le pouvoir aura éclairci certaines zones d’ombres, comme les modalités de déclaration d’une personne malade dans l’application ou la question de la distance et de la durée des contacts rapprochés avec une personne contaminée permettant d’estimer qu’un utilisateur est désormais à risque."

Interrogé par les députés dans le cadre de la mission d'information parlementaire sur la crise du coronavirus, le Premier ministre Edouard Philippe a ouvert la voie mercredi à un traçage "volontaire" en France, expliquant que le dispositif n'existait pas en l'état "car il ne serait pas légalement permis" mais que le pays pourrait envisager, "sur le fondement d'un engagement volontaire, utiliser ces méthodes pour mieux tracer la circulation du virus et les contacts réalisés par chacun". Selon un sondage réalisé par des chercheurs d'Oxford, une nette majorité de Français seraient favorables à l'utilisation de ce type d'application pour avertir les personnes à risque.

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