2 min de lecture Edito

Schiappa, Darmanin : pourquoi les ministres utilisent-ils un langage familier ?

ÉDITO - De Marlène Schiappa à Gérald Darmanin, les figures politiques aiment recourir à un lexique familier. Une solution démagogique, et un moyen d'attirer l'attention.

OlivierBost_245x300 L'Edito Politique Olivier Bost iTunes RSS
>
Schiappa, Darmanin : pourquoi les ministres utilisent-ils un langage familier ? Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Victor Goury-Laffont

Il arrive aux ministres d'être familiers, mais il y a eu, ce week-end du 12 décembre, comme un relâchement. Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a défendu la loi renforçant les principes républicains, la loi "séparatisme", et a notamment expliqué qu’il s’agissait de s’attaquer à la polygamie. 

Mais, pour rassurer, elle a précisé sur Radio J que "on ne va pas interdire les plans à trois, l'infidélité, les trouples, le polyamour". C’est assez direct, assez familier : Marlène Schiappa a écrit, c’est vrai, des ouvrages érotiques avant d’être ministre.

Son collègue de bureau au ministère de l’Intérieur, Gérald Darmanin, affectionne lui aussi ce style de langage familier. Pour parler de la drogue sur LCI, il affirmait ne pas vouloir "légaliser cette merde". Quand il évoquait, sur France 2, le passage à tabac d’un producteur de musique à Paris : "lorsqu’il y a des gens qui déconnent, ils doivent quitter l’uniforme de la République, ils doivent quitter ce travail, être punis par la justice".

Se rapprocher du peuple

Pourquoi donner dans ce registre lexical ? Première raison, et la plus évidente, c’est de vouloir faire populaire. Gérald Darmanin, c’est le ministre qui expliquait qu’il "manque autour d’Emmanuel Macron des personnes qui parlent à la France populaire, qui boivent de la bière et qui mangent des frites avec les doigts".

À lire aussi
actu
Ecriture inclusive: ce qui se joue à l'école

Être familier, user de gros mots, ça vous rapprocherait du peuple. Gérald Darmanin a toujours le même modèle, même pour ça, c’est Nicolas Sarkozy, qui multipliait les fautes de français grossières. L'ancien président avait même une expression consacrée, il disait alors qu’il faisait "du gros rouge qui tâche".

Un moyen d'attirer l'attention

Le choix de ces mots permet aussi d’appuyer un propos. La drogue, "cette merde", ça attire l’oreille si vous êtes distrait, en train de faire autre chose. Ça permet aussi de relativiser une faute : un policier qui déconne quand il tabasse quelqu’un, ça ramène ça à une bêtise, et une bêtise, ce n’est pas si grave que ça.
 
Pour Marlène Schiappa, c’est autre chose. C’est à la fois pour jouer un peu de la connivence : je vous dis quelque chose que personne n’oserait dire, nous sommes entre nous. Puis, ça vous met mal à l’aise. Vous parlez de lutte contre la polygamie et on vous répond que tromper votre conjoint ou que les parties fines seront toujours autorisées. En somme, cela relève de notre art de vivre à la française. Avouez que c’est un peu déroutant.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Edito Gérald Darmanin Marlène Schiappa
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants