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Retraites : financer la dépendance, "un prétexte" pour Olivier Bost

La question de l'âge de départ à la retraite a refait surface, et une partie de l'exécutif se dit favorable à son report. Pour Olivier Bost, le gouvernement doit veiller à ce que le grand débat ne serve pas de caution pour faire accepter les réformes impopulaires.

Alba Ventura L'Edito politique Alba Ventura
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Retraites : financer la dépendance, "un prétexte" du gouvernement pour Olivier Bost Crédit Image : GEORGES GOBET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Joanna Wadel

C'est l'une des conclusions du grand débat que personne n'a vu venir : l'âge de départ à la retraite pourrait être repoussé. Pourtant Emmanuel Macron dans son programme avait promis de ne pas toucher à l'âge de 62 ans. 

La raison principale d'un potentiel report est qu'il faut trouver de l'argent. Les Français ont fait part de leurs difficultés dans le grand débat, rencontrées dans leur quotidien. Parmi les problématiques récurrentes, celle du grand âge. Comment faire lorsqu'on a un parent qui devient dépendant ?

Le maintien à domicile ou l'admission en maison de retraite coûtent cher, même pour ce que l'on appelle les classes moyennes. Il y a donc un besoin, une demande que l'on connaissait déjà. Mais que le grand débat a révélé au gouvernement. Le problème étant que les Français n'ont pas évoqué de solutions ou d'éventuelles sources d'économies pour trouver de l'argent afin financer leurs besoins. Ils n'ont cependant jamais parlé de l'âge de départ à la retraite, et ont seulement fustigé la baisse de la revalorisation des pensions.

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Un prétexte idéal pour repousser l'âge de départ ?

Le gouvernement soutient qu'avoir un bon niveau de retraite permet de se payer des services à domicile, ou de se garantir l'entrée dans une maison de retraite. Donc pour maintenir un niveau suffisant, il faut que les actifs, qui financent, travaillent plus longtemps.
C'est donc une façon comme une autre de trouver de l'argent.

Une logique moins évidente dans les faits, car le niveau des retraites actuelles ne permet pas forcément de se payer une maison de retraite ou des services à domicile. Difficile d'imaginer qu'un ou deux ans de cotisations supplémentaires pourraient financer les milliards nécessaires pour la dépendance.

Ce qui donne le sentiment que le grand âge est le prétexte idéal pour faire accepter la réforme des retraites. En jouant sur une corde sensible, les difficultés du grand âge, la vieillesse, le gouvernement veut donc allonger la durée du travail plus facilement. 

La durée de cotisation, un report déguisé

Édouard Philippe a dit qu'il n'était pas question de modifier l'âge de départ à la retraite. Il serait exclu de repousser l'âge légal des 62 ans. Mais à cet âge, il deviendra impossible de partir à taux plein avec une retraite complète

À l'avenir, si le gouvernement envisage de rallonger la durée de cotisation d'une année par exemple, pour toucher à 100% sa retraite, on se rapprochera alors des 65 ans. L'exécutif qui promettait un langage de vérité il y a quelques mois, repousse donc l'âge réel de départ à la retraite sans complètement l'assumer. La stratégie relève de la "vieille politique". Les esprits sont travaillés en amont, et l'on prépare l'opinion à des efforts, pour annoncer ensuite qu'ils seront moins durs que prévu. 

Le gouvernement doit rester prudent

Le gouvernement maltraite encore une fois les corps intermédiaires, ceux qu'il s'était juré d'écouter. Depuis un an, les partenaires sociaux parlent de la réforme des retraites avec Jean-Paul Delevoye. Mais il n'a jamais été question de financer le grand âge avec cette réforme.

Les ministres expliquent qu'ils abordent le sujet à cause ou grâce à la consultation nationale. Il va falloir que le gouvernement veille à ce que le grand débat ne serve pas de caution pour faire autre chose que ce que les Français ont souhaité. D'autant plus qu'évoquer cette réforme, qui ne sera complète qu'à la fin de l'année, revient à ajouter de la confusion et donner l'impression que le pouvoir agit comme bon lui semble. Ce qui n'est pas judicieux. 

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La question de l'âge de départ à la retraite a refait surface, et une partie de l'exécutif se dit favorable à son report. Pour Olivier Bost, le gouvernement doit veiller à ce que le grand débat ne serve pas de caution pour faire accepter les réformes impopulaires.
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2019-03-21 10:17:00
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