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Retour de Sarkozy : Bayrou et Morin n'en veulent pas, Borloo silencieux

DÉCRYPTAGE - Nicolas Sarkozy est revenu dans le jeu politique, et compte s'allier avec le centre. Mais du côté des centristes, l'ancien Président ne semble pas faire l'unanimité.

François Bayrou et Jean-Louis Borloo après la réunion de leur nouveau mouvement "l'Alternative", le 27 novembre 2013.
François Bayrou et Jean-Louis Borloo après la réunion de leur nouveau mouvement "l'Alternative", le 27 novembre 2013.
Crédit : AFP / FRANCOIS GUILLOT
Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière

"Sarko se 'débuissonnise' et c'est tant mieux". La phrase est signée d'un proche de Nicolas Sarkozy cité dans le Journal du Dimanche ce 21 septembre. 

Depuis qu'il compte revenir dans l'arène politique, l'ex-président de la République fait savoir, par le biais de ses lieutenants, qu'il compte se tourner vers le centre. "J'ai tiré les conséquences de l'âge et de l'expérience pour essayer de m'améliorer", confie-t-il directement au JDD, laissant ainsi derrière lui la dérive droitière de sa campagne de 2012 incarnée par Patrick Buisson. Mais les centristes ont-ils vraiment envie de s'allier avec l'ancien locataire de l'Élysée ? Rien n'est moins sûr.

Dans une interview à Var Matin parue ce dimanche, Hervé Morin est plutôt tenté de se "mettre autour de la table [avec] les Juppé, Fillon, Bayrou" et autres "sociaux démocrates déçus du PS". S'il ne cite pas Nicolas Sarkozy, dont il a été le ministre de la Défense, c'est parce qu'il estime qu'il est resté le même. "A-t-il changé ? Je crains que non, à croire les témoignages nombreux de ceux qui l'ont rencontré", explique le candidat à la présidence de l'UDI.

Baryou préfère Juppé à Sarkozy

Même son de cloche chez Chantal Jouanno. Pour elle, "la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy ce ne sont ni des enfants de chœur ni des perdreaux de l'année", a-t-elle expliqué à France 3 Ile-de-France. Son colistier pour la présidence de l'UDI, Yves Jégo, a jugé que "l'idée de l'homme providentiel qui vient sauver le pays" ou d'un "Superman", est "une idée dépassée".

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Quant à François Bayrou, qui a prononcé un discours en clôture de l'université d'été du MoDem qui se tenait ce dimanche à Guidel (Morbihan), il a été encore plus sévère à l'égard de l'ancien chef de l'État. Défendant les "convictions" contre "la soumission", celui qui a voté pour François Hollande au deuxième tour de 2012 a plaidé pour "l'indépendance du centre". 

Mais il a également précisé que "les ententes, les alliances, les rassemblements" étaient possibles, ajoutant qu'il serait "prêt à aider" Alain Juppé si celui-ci est le candidat de la droite en 2017.

Borloo reste silencieux

Alors reste Jean-Louis Borloo, qui fut numéro deux du gouvernement Fillon (de 2007 à 2010). L'ancien président de l'UDI, retiré de la vie politique pour des raisons de santé, pourrait lui aussi se remettre aux affaires. 

"Il appelle tout le monde, et veut que tout le monde l'appelle", confiait en juin dernier un de ses proches à RTL. Nicolas Sarkozy l'a-t-il appelé ? Pour l'instant, Borloo reste silencieux, mais il pourrait être la botte secrète du récent candidat à la présidence de l'UMP.

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