4 min de lecture Remaniement ministériel

Remaniement : Philippe, Darmanin, Le Maire... Pourquoi évoque-t-on ces pistes ?

DÉCRYPTAGE - Selon un ministre, un remaniement gouvernemental apparaît "inéluctable". Il pourrait intervenir entre le 28 juin et le 14 juillet.

Gérald Darmanin et Bruno Le Maire le 24 avril 2020
Gérald Darmanin et Bruno Le Maire le 24 avril 2020 Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Au début, ce n'était qu'une idée virevoltante dans l'air, mais depuis plusieurs semaines, elle se fait de plus en plus pressante. Emmanuel Macron envisage-t-il un remaniement ministériel afin d'entamer une sortie de crise avec le coronavirus ? Une décision "inéluctable", selon les confidences d'un ministre à l'AFP. Des dates sont même évoquées : entre le 28 juin, après les élections municipales et le 14 juillet. 

Selon le député européen Stéphane Séjourné qui a aussi été conseiller d'Emmanuel Macron à l'Élysée, l'idée d'un remaniement, tout comme celle d'une dissolution ne doivent pas être "écartées". 

L'après-crise du coronavirus se fait déjà sentir dans les sondages pour Emmanuel Macron. Sa cote de popularité s'effondre (-7) après une embellie au début de la crise sanitaire, alors que celle d'Édouard Philippe se maintient, selon un sondage mensuel Odoxa publié le 26 mai. Cette tendance s’observe dans plusieurs sondages diffusés en mai qui ont donné le chef de l'État en nette baisse, alors que le Premier ministre, en première ligne pour gérer la crise sanitaire, résiste mieux.

Comment expliquer la chute de popularité de Macron

Le président de la République "n'est de nouveau plus soutenu que par son seul socle électoral LaREM", ce qui montre que "la relative union nationale de ces deux derniers mois est bien terminée", relève Gaël Sliman, président de l'institut Odoxa, pour l'AFP. Quant à Bruno Cautrès, du Cevipof, aussi joint par l'AFP, Emmanuel Macron "retrouve le problème d'image qu'il avait avant et que la crise n'a pas changé fondamentalement".

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À cela s'ajoutent "les messages contradictoires", comme le qualifie un député LaREM, en références à la médiatisation des discussions du président avec des personnalités anti-système comme l'humoriste Jean-Marie Bigard, le souverainiste Philippe de Villiers ou le médecin controversé Didier Raoult.

Un changement de premier ministre ?

À l'origine des rumeurs de remaniement, il y a eu des rumeurs d'une dissension au sein du couple exécutif. Notamment en cause l'appel qu'aurait passé le chef de l'État à quelques journalistes pour leur faire part de son désaccord avec la décision d'Édouard Philippe de maintenir au même jour, la présentation de son plan de déconfinement à l'Assemblée et le vote des députés

L'entourage du chef de l'État a catégoriquement réfuté tout épanchement de celui-ci auprès de la presse, faisant valoir "l'unité d'action" et la "convergence de vue totale" de Macron et Philippe.

Après trois ans d'exercice, la crise du coronavirus pourrait aussi devenir une fenêtre d'opportunités pour un changement de cap politique pour Emmanuel Macron et donc de premier ministre.

L'offensive Darmanin

Gérald Darmanin a officiellement lancé l'offensive en vue d'un remaniement. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre de l'Action et des Comptes publics assure vouloir "peser davantage" sur les choix politiques et "continuer à travailler" avec Emmanuel Macron. Le ministre a néanmoins pris soin de ne pas froisser le Premier ministre. 

Dans Le Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, le maire de Tourcoing a déclaré : "Nous avons un excellent Premier ministre. En plus d'être mon ami (...) il a tenu la barre" pendant la crise du coronavirus (...) Je suis un soutien loyal fidèle du Premier ministre". D'aucuns y ont vu une offre de service pour Matignon, dans la perspective d'un remaniement. 

Gérald Darmanin a aussi bénéficié d'une autorisation spéciale : cumuler son poste de ministre du Budget et celui de maire de Tourcoing. "Selon une source gouvernementale, il ne pourra toutefois pas cumuler indéfiniment : 'Il a eu le feu vert jusqu'au remaniement', qui pourrait intervenir en juillet ou en septembre'. 'Il n'est pas sain de cumuler les deux dans la durée', admet d'ailleurs l'intéressé", note l'AFP.

Bruno Le Maire à la rue de Varennes ?

Bruno Le Maire aussi rêve de Matignon. Selon l'éditorialiste politique de RTL Olivier Bost, "Bruno Le Maire est un ministre, politique, qui fait de la politique, avec la dose d’ambition que cela sous-entend, et aujourd’hui, dans le gouvernement actuel, ça peut encore nous surprendre". 

"Les grenouillages divers et variés et la volonté de prendre la place du copain sont plus exacerbés dans la période", estime un membre du gouvernement auprès de l'AFP, en visant en filigrane l'offensive médiatique récente de l'ancien candidat à la primaire de la droite et du centre en 2017.

Selon Le Point, "Emmanuel Macron a testé des noms auprès de Nicolas Sarkozy. Celui de Bruno Le Maire, comme il l’avait fait pour Jean-Michel Blanquer il y a deux ans". Réponse de l'ancien président de la République ? "Quand tu nommes ton premier ministre, il te déteste au bout de six mois. Si tu le vires, il te déteste encore plus. Et le nouveau te déteste au bout de six mois aussi". Nicolas Sarkozy qui n'apprécie pas particulièrement Édouard Philippe ou même Bruno Le Maire.

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