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Régionales : têtes d'affiche pour 2022, comment Macron et Le Pen ont pu voir leurs partis s'effondrer

DÉCRYPTAGE - À moins d'un an de l'élection présidentielle, les deux partis donnés au second tour essuient une défaite aux régionales

Emmanuel Macron et Marine Le Pen
Emmanuel Macron et Marine Le Pen
Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste

Ils sont les deux grands perdants du premier tour des élections régionales. Le Rassemblement national et La République En Marche n'ont pas réussi à s'imposer lors du scrutin, malgré des sondages qui étaient favorables au premier et qui plaçaient le second en position de faiseur de rois

Ces résultats tranchent avec les hypothèses qui sont élaborées pour le second tour de l'élection présidentielleUn sondage Ifop pour Le Figaro et LCI place Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour (27-30%), dans tous les cas de figure. Emmanuel Macron obtiendrait entre 25 et 28% des intentions de vote. Au second tour, le chef de l'État l'emporterait avec 54% des voix. La présidente du Rassemblement national obtiendrait 46%.

Cette tendance ne s'est donc pas concrétisée dans les urnes dimanche 20 juin. Au niveau national, Les Républicains arrivent largement en tête avec 28,4%, selon une estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions. Le Parti socialiste résiste avec 15,8%. C'est l'effondrement pour le Rassemblement national avec 19,3% et pour La République En Marche avec 10,6%. Comment expliquer ce décalage ?

Une abstention massive qui ne profite pas au RN

L'abstention a rebattu les cartes pour les élections régionales. Selon le ministère de l'Intérieur, elle dépasse les 65% dans neuf des treize régions métropolitaines. Un record tous scrutins confondus en France hors référendum. Jusqu'à présent, l'abstention la plus élevée pour un premier tour des régionales datait de 2010 avec 53,67%. 

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"Nos électeurs ne se sont pas déplacés", a concédé Marine Le Pen qui reconnaît que le Rassemblement national subit la même tendance que les autres formations politiques. Face à la crainte d'une redite pour le second tour, la candidate à l'élection présidentielle veut provoquer "un sursaut" chez ses électeurs. "Je vous appelle à déconfiner vos idées", a-t-elle lancé. Ces résultats viennent tordre le coup à la pensée selon laquelle une abstention massive profiterait au parti d'extrême droite. Comme l'analyse l'Ifop sur son site, "le parti de Marine Le Pen réunit 18,9% des suffrages, 4,4 points en-dessous de son score aux élections européennes de 2019 et surtout presque dix points de moins qu’aux élections régionales de 2015".

Selon Olivier Bost, éditorialiste à RTL, "la déconvenue est très embarrassante (pour le RN) car elle casse une belle histoire qu’elle s’employait à écrire méthodiquement. D’élections en élections, le Rassemblement national repoussait ses limites jusqu’à la victoire. Toutes les planètes étaient en train de s’aligner, le temps du RN était venu".

Une sévère défaite pour LaREM

Du côté de La République En Marche, le constat n'est guère meilleur. Pour le directeur délégué de Harris Interactive Jean-Daniel Levy, "c'est inévitablement une défaite de La République En Marche". Il s'agit "du premier scrutin pour les régionales où il n'y a pas de candidat de la majorité présidentielle sortante qui est à la tête d'une région. C'est difficile de la part des électeurs de sanctionner ou de pouvoir potentiellement encourager la formation politique majoritaire", souligne-t-il sur RTL. 

L'éditorialiste Virginie Le Guay a estimé sur RTL que "les électeurs ne cessent de dire depuis des mois et des mois qu'ils ne veulent pas se retrouver au second tour de l'élection présidentielle avec ce débat qu'ils ont détesté en 2017. Ils sont en train d'expliquer à cette classe politique qui ne les entend pas qu'ils peuvent trouver des voix de contournement".

Selon l'Ifop, "40% des Français inscrits sur les listes électorales souhaitent un remaniement du gouvernement impliquant le remplacement de Jean Castex. 29% souhaitent également un remaniement sans changement de Premier ministre". Mais du côté de l'exécutif, on ose à peine prononcer le mot de "remaniement" et on rabâche la consigne d'Emmanuel Macron de ne pas "nationaliser le scrutin". Un ministre reconnaît cependant la contre-performance du parti présidentiel. "Depuis que LaREM est née, je dis qu’il faut s’implanter. Ça n’a pas été fait, donc CQFD..., résume-t-il pour expliquer l’échec du parti présidentiel. Personne n’a de baguette magique".

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