1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Résultats régionales : les 5 enseignements à retenir du premier tour
5 min de lecture

Résultats régionales : les 5 enseignements à retenir du premier tour

DÉCRYPTAGE - Le premier tour des élections régionales a donné l'avantage aux présidents de région en course pour briguer un nouveau mandat. Surprises de ce scrutin : la faible mobilisation des électeurs RN et l'effondrement de LaREM.

Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Xavier Bertrand
Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Xavier Bertrand
Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad

"Une démocratie sans électeur n'est pas une démocratie", une situation "préoccupante", "une incroyable incompréhension"... Le premier tour des élections régionales a entériné le détachement des Français vis-à-vis du scrutin avec un taux d'abstention entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage. 

Une claque électorale qui prend la forme d'un record tous scrutins confondus en France, hors référendum. Les scrutins les plus faibles en terme de mobilisation électorale étaient jusqu'à présent les élections européennes de 2009 (59,37%) et le second tour des élections municipales de juin 2020 (58,6%). 


Au niveau national, les estimations montrent un scenario différent de celui envisagé par les instituts de sondage. Les Républicains arrivent en tête avec 27,2% des voix. Le Rassemblement national obtient 19,3%. Il est suivi par le PS avec 17,6% et EELV qui obtient 12,5%. LaREM a du mal à s'imposer avec 11,2%.  

1. Une "fracture démocratique"

Le "désaveu" électoral est lourd, comme l'explique Nicolas Domenach au micro de RTL. Il s'agit d'une "fracture démocratique qui s'est ouverte sous nos pieds, depuis des mois et des mois, selon l'éditorialiste. On ne veut pas voir la profondeur de la fracture démocratique, pourtant avec les 'gilets jaunes' on a eu une démonstration de la colère". 

À lire aussi

Le spécialiste de la communication politique Philippe Moreau-Chevrolet explique à l'AFP que "la participation d'aujourd'hui est une gifle à l'ensemble de la classe politique française". "Cela fait un an que les Français se sentent abandonnés ou maltraités par leur classe politique. La participation d'aujourd'hui est leur réponse", dénonce-t-il. 

Reste à savoir quels enseignements vont être tirés par les partis politiques. Selon Nicolas Domenach, "l'extrême gauche va dire que ce scrutin n'a aucune valeur et vont reprendre leurs critiques sur le système démocratique". "L'extrême droite va reprendre la critique trumpiste des élections volées et le président de la République va être obligé de parler", ajoute-t-il.

2. Une prime aux sortants

Le premier tour des élections régionales et le taux de participation qui en découle a bénéficié aux présidents de région qui ont décidé de briguer un nouveau mandat. Une prime aux sortants qui a déclenché un effet de souffle : selon les estimations 9 présidents de région sur 13 profitent d'une large avance lors de ce premier tour. Cela a profité à la gauche mais c'est surtout à droite que le ton est donné. 

Ainsi, Xavier Bertrand est arrivé largement en tête au premier tour dans les Hauts-de-France, loin devant le Rassemblement national. Même dynamique en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez qui fait la course largement en tête. En région Île-de-France, Valérie Pécresse recueille 34,2% des voix, devant le RN Jordan Bardella (entre 13,0 et 13,9) et l'écologiste Julien Bayou (entre 12,5 et 13,7), qui vire en tête des listes de gauche.

3. Une contre-performance pour le RN

Les sondages prédisaient une vague Rassemblement national pour ce premier tour des élections régionales. Au niveau national, le parti de Marine Le Pen a obtenu 19%, selon les estimations. Il s'agit d'une chute de presque 9 points par rapport aux élections régionales de 2015. Pour l'instant, le RN n'est en position de l'emporter dans aucune région.

En région PACA où la liste RN était donnée en tête, Thierry Mariani est au coude-à-coude avec le président LR sortant Renaud Muselier. Selon différents sondages, les deux sont donnés au coude-à-coude, entre 30 et 35%. 

Quelques minutes après les premiers résultats, Marine Le Pen a reconnu que ses électeurs "ne se sont pas déplacés". La candidate RN à l'élection présidentielle a appelé "au sursaut" pour le second tour. Elle a exhorté ses électeurs à aller voter : "Prendre cinq minutes de votre temps pour faire entendre la voix du peuple, ce peuple qui souffre, qui aspire au renouveau". "Après avoir subi des mois de restriction de vos libertés, je vous appelle à déconfiner vos idées et à redresser le résultat de ce premier tour", a-t-elle insisté.

4. Quid du front républicain ?

Grande interrogation de ce scrutin, le front républicain se met peu à peu en plus au fur et à mesure que les estimations se confirment. "Partout où il y a un risque avéré qu'une région puisse être dirigée demain par l'extrême droite, on prendra nos responsabilités", a déclaré sur RTL le délégué général LaREM Stanislas Guerini.

Le Parti socialiste a assuré qu'en région PACA, "si Thierry Mariani peut l'emporter, nous ferons notre devoir". Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a ajouté que "s'il est possible pour l'extrême-droite de l'emporter en PACA, alors il n'y aura pas de socialiste au second tour de cette élection régionale". Une stratégie dans la lignée de 2015, où le socialiste Christophe Castaner avait retiré sa liste au profit de celle de Christian Estrosi.

L'eurodéputé Yannick Jadot a assuré sur RTL qu'EELV "prendra ses responsabilités" afin de "garantir qu'il n'y ait pas de victoire du Rassemblement national". Le potentiel candidat à l'élection présidentiel a toutefois jugé que "les sondeurs se sont quand même assez largement plantés", notamment en région PACA où la liste RN de Thierry Mariani n'a finalement qu'une courte avance sur celle de Renaud Muselier, et qu'il fallait "évaluer" la situation avant tout retrait de liste. 

5. Un sévère échec pour LaREM

Le parti présidentiel s'est effondré lors de ce scrutin. Avec cinq ministres mobilisés dans la campagne dans les Hauts-de-France, LaREM n'a pas réussi à s'imposer. La tête de liste du parti présidentiel Laurent Pietraszewski a concédé "un score trop faible" pour "se maintenir au second tour". "Nous devons être fiers d'avoir fait vivre le débat démocratique, d'avoir défendu nos valeurs progressistes, même si le score n'est pas à la hauteur de nos attentes", a ajouté le secrétaire d'État. 

Selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, les résultats décevants de LaREM sont dus à la forte abstention. L'abstention "abyssale" est "en partie liée à la situation sanitaire", a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, ajoutant qu'elle "doit tous nous alerter". L'abstention est "le premier enseignement de ces élections", a-t-il ajouté.

Selon le directeur délégué de Harris Interactive Jean-Daniel Levy, "c'est inévitablement une défaite de La République En Marche". Sur RTL, il explique qu'il s'agit "du premier scrutin pour les régionales où il n'y a pas de candidat de la majorité présidentielle sortante qui est à la tête d'une région. C'est difficile de la part des électeurs de sanctionner ou de pouvoir potentiellement encourager la formation politique majoritaire". 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/