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Présidentielle 2022 : pourquoi Mélenchon refuse de donner une consigne de vote

DÉCRYPTAGE - Si le scenario du second tour de 2017 se reproduit, le candidat la France insoumise à l'élection présidentielle reprendra la même stratégie qu'il y a quatre ans. Il n'y aura pas de consigne de vote de la part de Mélenchon, en cas d'un face à face Macron-Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale le 9 février 2021
Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale le 9 février 2021
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Pas de consigne de vote dans le cas d'un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2022. Jean-Luc Mélenchon a déjà annoncé la couleur. "Je ne reprendrai jamais l'initiative de dire faites ceci, faites cela parce que les consignes n'ont aucun poids aujourd'hui, il faut vivre avec son époque !", a justifié le chef de file des députés la France insoumise sur France 3

Celui qui a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle refuse de se retrouver coincé dans l'hypothèse d'un second tour calqué sur 2017. Jean-Luc Mélenchon a précisé qu'Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne sont "clairement pas la même chose". "L'un est d'extrême centre, c'est-à-dire libéral complètement échevelé, très autoritaire", a-t-il estimé.

"Et l'autre on ne sait pas très bien ce qu'elle veut, car maintenant la voilà repeinte en européenne très allante, elle dit que l'islam c'est une religion comme les autres, et ce pauvre Darmanin qui dit aussitôt vous êtes trop molle... C'est devenu un objet flou Marine Le Pen, mais nous savons bien qui elle est, c'est l'extrême droite traditionnelle", a-t-il poursuivi.

Emmanuel Macron fait le marchepied du RN

Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne

Dans les rangs de la France insoumise, cette décision est fermement soutenue. Contactée par RTL.fr, la députée LFI du Val-de-Marne Mathilde Panot estime que "tout le monde a compris qu'Emmanuel Macron est le trampoline de Marine Le Pen. On peut et on doit ouvrir cette élection". 

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Pour la vice-présidente du groupe à l'Assemblée, un second tour entre le président de la République et la présidente du Rassemblement nationale se résume à "un choix entre la peste et le choléra". "On ne combat pas le RN en parlant comme eux et en votant des lois applaudis par le RN. Emmanuel Macron fait le marchepied du RN", ajoute-t-elle.

En 2017, Jean-Luc Mélenchon avait été vivement critiqué pour ne pas avoir donné de consigne de vote au second tour. Le leader de la France insoumise avait alors indiqué que pour sa part, il ne voterait pas pour le Front national. 

Des électeurs mélenchonistes qui refusent de choisir entre Macron et Le Pen

A quatorze mois de l'élection présidentielle de 2022, cette déclaration de Jean-Luc Mélenchon lui vaut, une nouvelle fois, une slave de critiques de la part de la majorité. Le délégué général de La République En Marche, Stanislas Guerini, accuse le député LFI des Bouches-du-Rhône d'avoir "fait exploser au bazooka le front républicain" en 2017

Avant même le lancement officiel de la campagne présidentielle, la question du front républicain sème le doute dans la classe politique. Selon un sondage Harris Interactive pour Commstrat, Emmanuel Macron obtiendrait au second tour 53% des intentions de vote face à Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national obtiendrait quant à elle 47%. Un faible écart qui fait déjà trembler certains macronistes. 

Comme le souligne L'Opinion, "52% des méclenchonistes refusent de choisir entre la présidente du Rassemblement national et le chef de l'État. L’autre moitié se divise en deux parts égales : 24 % voteraient pour la première, autant pour le second". Cela expliquerait ainsi la position du leader de la France insoumise de ne pas donner de consigne de vote.

Avant 2022, la question d'un front républicain pour les régionales

Le front républicain se délite de toutes parts. Une partie de la gauche n'envisage plus de faire systématiquement barrage à Marine Le Pen, comme l'évoquait Libération pour l'élection présidentielle. La majorité, elle, s'en est offusquée et assure qu'elle votera pour Jean-Luc Mélenchon, dans l'hypothèse d'un second tour face à Marine Le Pen. 

Si le front républicain est en vigueur à La République En Marche pour 2022, il n'est pas une évidence pour les élections régionales. Un membre du bureau exécutif de La République En Marche résume dans Le Journal du Dimanche : "La stratégie de l'effacement pour le parti du Président, à quelques mois de la présidentielle, c'est compliqué". Certains citent le cas délicat de la région des Hauts-de-France où Xavier Bertrand pourrait demander un recours au front républicain.

"S'il veut faire le front républicain, qu'il le fasse sur sa liste. S'il demande le retrait, il y aura maintien", rétorque un responsable macroniste au JDD. Cette deuxième option rendrait difficile l'argument qui consiste à dire qu'Emmanuel Macron fait office de barrage au Rassemblement national. 

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