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Réforme des retraites : la situation se tend pour la majorité

ÉDITO - La conférence de financement s'enlise et le débat sur la réforme des retraites à l’Assemblée tourne au vaudeville.

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Réforme des retraites : la situation se tend pour la majorité Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Pauline de Saint-Remy
Pauline De Saint-Rémy
édité par Maxime Magnier

Emmanuel Macron voulait imposer la réforme des retraites à tout prix, mais elle va finir par coûter politiquement cher à tout le monde. Alors attention : je ne suis pas en train de vous dire qu’elle risque de ne pas être adoptée, ce risque-là n'existe pas. Le problème c’est que la gestion politique de ce dossier a été telle que tous ses acteurs – le gouvernement, les parlementaires et les partenaires sociaux –, risquent d’y perdre en crédibilité.

Parlons d’abord des députés, puisque les projecteurs étaient braqués sur eux, hier. Les représentants de la France insoumise ne sont pas les premiers à jouer la carte de l’obstruction - nul ne peut leur contester ce droit, encore moins lorsque le gouvernement a recours à une procédure accélérée. Libre à eux, donc, d’inonder un texte avec des dizaines de milliers d’amendements copiés-collés. Pour autant, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, est aussi dans son droit lorsqu’il cherche par les moyens réglementaires dont il dispose à permettre au débat d’avancer malgré tout. 

Le comportement de l'opposition ne fait honneur à personne

Ce texte n’est pas n’importe quel texte, parce qu’il est d’une complexité inouïe. Et parce qu’il va toucher, qu’ils le veuillent ou non, tous les Français d’une façon ou d’une autre. Et donc de ce point de vue, le cirque auquel se sont livrés les représentants de l’opposition, hier, dans l’hémicycle, multipliant les rappels au règlement, les provocations et les interruptions de séance, ne fait honneur à personne.

D'autant que la stratégie des oppositions est cousue de fil blanc : pousser le gouvernement à recourir à l’article 49.3 pour abréger les débats, et surtout pour s’assurer d’une adoption en première lecture avant les élections municipales. Ce procédé, vous le connaissez, il permet au gouvernement, en engageant sa responsabilité devant le Parlement, de faire adopter un texte sans vote. Or l'exécutif ne l'exclut pas, mais tous en ont conscience, un passage en force ferait très mauvais genre… 

La CGT pourrait quitter la conférence de financement

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D’une certaine façon la conférence de financement, elle aussi, est en train de virer au jeu de rôles. Son objectif, on le rappelle, fixé par le Premier ministre, c’est que syndicats et patronat tombent d’accord d'ici à fin avril sur le moyen de faire 12 milliards d’euros d’économies pour 2027, sans relever le coût du travail et sans baisser le niveau des pensions.

Sans accord, le gouvernement reviendra à sa proposition d’âge pivot à 64 ans, ce dont aucun syndicat ne voulait. Le problème c’est qu’en préalable à toute négociation, la CFDT veut obtenir gain de cause sur certaines mesures sociales, notamment la pénibilité. Or ça coince avec le MeDef. MeDef qui, lui, était favorable à une mesure d’âge, et donc tente de gagner du temps tout en faisant mine d’en réclamer plus. Vous me suivez ? Ah oui et pendant ce temps là, la CGT, qui voit le mur arriver, se tâte à claquer la porte dès à présent.

Voilà ce qui arrive quand on fait d'un projet aussi complexe le symbole de son ambition réformatrice. À force de vouloir réformer pour réformer, et vite, le chef de l'État ne se sera pas seulement considérablement éloigné du caractère social et rassembleur de son projet initial de campagne. Il aura aussi piétiné une promesse plus récente, celle faite à la sortie du grand débat national : tout changer dans la méthode et faire de "l'acte II" de son quinquennat celui du dialogue et de la concertation.

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