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Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale le 6 juillet 2026.
Crédit : AFP
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Comme un air de déjà-vu. Le gouvernement doit présenter ce jeudi 1er octobre ses projets de budget de l'État et de la Sécurité sociale en Conseil des ministres, avant leur examen par le Parlement. Cette date marque le début d'un marathon pour Sébastien Lecornu dont la journée la plus décisive sera le 13 octobre, lors du débat à l'Assemblée.
Avec le retour des discussions sur le budget revient aussi celui de la menace d'une censure de la part des oppositions.
Une hypothèse bien présente dans l'esprit de Sébastien Lecornu qui a pris les devants en alertant les oppositions sur la tentation de la censure. "Le réel nous rattrape", a-t-il mis en garde sur X, en citant la remontée du coût de la dette, un événement passé à ses yeux "presque inaperçu" et le risque de crise financière qui se profile si la France ne trouve pas les moyens de réaliser les économies qui s'imposent à elle, dont il avait exposé à la mi-septembre les grandes lignes en affichant un "effort" de 54 milliards d'euros.
Devant composer avec les mêmes équilibres politiques que lors du précédent budget, le chef du gouvernement va s'atteler à former des alliances en dehors de son champ politique afin de faire voter le budget de l'année 2027. Son regard s'est déjà tourné vers le Parti socialiste. Sébastien Lecornu a tendu la main aux députés du groupe, les invitant à bâtir un compromis, sur l'exemple de celui réalisé l'année dernière.
Qui dit compromis, dit concessions. Pour l'instant, les négociations n'ont pas commencé et les marges de manœuvre de Sébastien Lecornu restent inconnues. Mais le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud et le patron du parti Olivier Faure se sont déjà montrés très critiques vis-à-vis d'un budget qu'ils ont qualifié de "récessif". Sans changement, ils ont déjà indiqué qu'ils censureraient le gouvernement.
La conjoncture n'est pas à l'avantage de Sébastien Lecornu : le Parti socialiste est actuellement en campagne pour sa primaire qui oppose Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel. La position des socialistes qui sont "très divisés" n'est "pas acquise", pointe un proche de Sébastien Lecornu. Conséquence : cela "paralyse un peu" les négociations, selon une source gouvernementale citée par l'AFP.
Sébastien Lecornu devra aussi regarder sur sa droite. Ira-t-il jusqu'à nouer un accord avec le Rassemblement national, en cas d'échec des négociations avec le Parti socialiste ? Le premier ministre assure ne mener aucune "négociation politique" avec Marine Le Pen. Le précédent avec Michel Barnier et la chute de son gouvernement est encore présent dans l'esprit du chef du gouvernement.
Les députés RN laissent pour l'instant planer le mystère sur leurs intentions, préférant attendre de "voir la copie". La cheffe du groupe RN à l'Assemblée, Marine Le Pen, a néanmoins indiqué qu'elle voterait probablement "contre" ce budget. Des propos depuis nuancés par la candidate RN à l'élection présidentielle qui préfère avoir un budget "imparfait" plutôt qu'une loi spéciale qui ne pourrait pas être modifiée après l'élection.
Une censure assombrirait l'avenir tant pour Sébastien Lecornu que pour Marine Le Pen qui cumulerait une campagne présidentielle et une crise politique.
Comme ses prédécesseurs, Sébastien Lecornu pourra aussi s'appuyer sur la Constitution avec l'article 49 alinéa 3 qui permet de faire passer les budgets sans approbation du Parlement. Mais en réponse, les oppositions pourraient lui répondre avec une motion de censure.
Autre possibilité : les ordonnances budgétaires qui seraient une solution inédite. Le gouvernement pourrait ainsi faire passer le budget sans aucun vote mais dans sa version initiale. Le texte présenté jeudi pourrait donc "être la copie finale, donc ils ont beaucoup bossé dessus", estime un cadre macroniste.
L'option ordonnance n'est possible qu'après un délai constitutionnel de 70 jours pour le budget de l'Etat, soit le 17 décembre à minuit. Si les oppositions répliquent en censurant le gouvernement après les ordonnances, par une motion spontanée (article 49.2), le budget reste en vigueur. "Je ne vois pas comment on tient 70 jours sans aucune censure", soupire un cadre macroniste.
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