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"L'impasse n'est pas une fatalité" : comme en 2025, le gouvernement relance les consultations et espère un "budget en janvier"

Le gouvernement souhaite doter la France d'un budget avant la fin du mois de janvier. Le contre-la-montre est déjà lancé avec une série de consultations entre le Premier ministre et les groupes politiques.

Roland Lescure, Sébastien Lecornu et Amélie de Montchalin le 5 janvier 2026

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Entre les négociations sur le budget et la crise agricole, le gouvernement fait sa rentrée dans un contexte sous tension

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Marie-Pierre Haddad

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À peine commencée, l'année 2026 n'échappe pas à l'échéance budgétaire qui avait rythmé la fin de l'année 2025. Le Parlement n'ayant pas voté de budget pour l'année en cours, le gouvernement a annoncé reprendre les discussions et les négociations avec les groupes politiques. Ainsi, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, ainsi que le ministre de l'Économie Roland Lescure s'entretiendront avec Sébastien Lecornu et les représentants de la classe politique.

"L'objectif est clair : que les parlementaires puissent trouver, au plus tôt, les conditions d'un compromis. L'impasse n'est pas une fatalité. Donner un budget à la France en janvier est une responsabilité majeure", a indiqué Amélie de Montchalin. 

L'exécutif a aussi affiché un autre objectif : celui de doter le pays d'"un budget en janvier". Sur BFMTV ce lundi 5 janvier, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a pressé les députés et les sénateurs de "s'accorder sur la question de fond". "Il faut un budget en janvier, il y aura un budget en janvier" car "il est temps de passer à autre chose", a-t-elle estimé. Des déclarations qui s'inscrivent dans la continuité de celle dictée par Emmanuel Macron fin décembre. "L'Élysée commence à s'impatienter", glissait un cadre du camp gouvernemental

Le retour de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises

L'examen du budget doit reprendre dès jeudi 8 janvier en commission, avec des points de blocage persistants : l'"effort demandé aux collectivités territoriales" ou encore la surtaxe d'impôt sur les sociétés pour les 300 plus grandes entreprises. Comme l'a indiqué Sébastien Lecornu, une condition s'impose : celle d'obtenir un budget visant un objectif de déficit public "à moins de 5% du PIB en 2026". 

Comme en 2025, le Parti socialiste sera l'acteur principal de ces négociations pour l'exécutif. "Cette semaine sera déterminante". La balle est plus que jamais dans le camp de l'exécutif, car notre position n'a pas changé. On ne demande pas de 49.3, c'est à lui de prendre sa décision", a indiqué le sénateur socialiste Patrick Kanner dans Le Parisien.

Afin d'aboutir à un accord, Roland Lescure a tendu la main à destination des socialistes, avec la réintroduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Initialement, le gouvernement misait, avec l'instauration de cette taxe, sur quatre milliards d'euros de recettes - contre huit l'année dernière. Lors des discussions, les députés avait poussé jusqu'à six milliards mais cette disposition a ensuite été supprimée par le Sénat. "Je regrette qu'on soit rendu là, mais ça fait partie des leviers. Donc le Sénat l'a supprimée, moi, je souhaite qu'on la rétablisse. Ça fera partie des discussions qu'on aura dans les jours qui viennent", a déclaré le ministre de l'Économie sur Franceinfo.

Si l'exécutif assure que les négociations à venir seront cruciales, certains s'interrogent sur leurs résultats. C'est pourquoi l'idée d'un recours à l'article 49.3 de la Constitution refait surface, tant chez les socialistes qui en avaient pourtant fait une ligne rouge, qu'à Matignon avec Sébastien Lecornu qui avait renoncé à cet article constitutionnel.

Aborder les sujets régaliens

Si le gouvernement affiche sa volonté de clore l'épisode "budget", c'est afin de se tourner vers des thématiques davantage régaliennes, comme l'a indiqué le porte-parolat. Il s'agira de la "priorité des premiers mois de l'année", a précisé Maud Bregeon. Dans le détail, ces priorités se concentreront sur l'augmentation du budget des armées, le projet de loi justice, le "renforcement des moyens" de la police municipale mais aussi "le déploiement de lois qu'on a déjà votées", comme la loi contre le narcotrafic. 

Des attentes sur le régalien confirmées par un sondage Toluna-Harris Interactive pour RTL dévoilé ce 5 janvier. Le sujet de l’insécurité occupe désormais la première place de la préoccupation des Français pour 75% des citoyens interrogés dans cette étude. Une première depuis 2021. En deuxième position, arrive le thème du pouvoir d'achat pour 74% d'entre eux. Le système social, la lutte contre le terrorisme et l’éducation font aussi partie des priorités pour l'année à venir, selon notre sondage.

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