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Privatisation d'ADP : "C'est un festival de contractions", selon Olivier Bost

ÉDITO - Voila un étonnant front commun, uni contre la privatisation d'ADP. Gauche et droite, en campagne pour un référendum d'initiative populaire. Un piège pour Emmanuel Macron ?

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Privatisation d'ADP : "C'est un festival de contractions", selon Olivier Bost Crédit Image : ERIC PIERMONT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

Rassemblement national, France insoumise, Les Républicains et les socialistes... Ils sont en campagne contre la privatisation d'Aéroports de Paris. Ils font campagne pour atteindre 4,7 millions de signatures et déclencher un référendum d'initiative populaire. C'est un fait politique très intéressant mais avec beaucoup, beaucoup de contradictions.

C'est même un festival de contractions. Comment le Parti socialiste peut-il se retrouver sur la même campagne que le Rassemblement national ? Le Parti socialiste qui n'a jamais eu aucun problème avec les privatisations ou la libéralisation de service public. Comment des Républicains peuvent-ils se retrouver avec la France Insoumise ?

Les Républicains avaient dans le programme de François Fillon, un gros plan de privatisation et une réduction massive du nombre de fonctionnaires. C'est comme si ces parlementaires Républicains étaient frappés d'amnésie. Bruno Le Maire qui vient de la droite ne s'y trompe pas.

Une situation baroque ?

Le ministre les accuse de ne plus savoir où ils habitent. Quand à la France insoumise, derrière ce nouveau combat contre la privatisation d'ADP, elle veut encore et toujours viser Emmanuel Macron. Vous le voyez, c'est un peu l'alliance de la carpe et du lapin. Des gens qui s'opposent à quelque chose pour des raisons différentes.

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Mais on peut se retrouver allié de circonstance ça existe en politique ? Oui. Ironiquement d'ailleurs, Emmanuel Macron a créé une situation assez baroque. Avec son En Marche, en même temps et de droite et de gauche, il a créé l'opposition, en même temps, et de droite et de gauche et d'extrême gauche et d'extrême droite.

C'est un exploit inédit. En fait, Emmanuel Macron est largement responsable de cette situation. Cela présente un avantage pour lui. La confusion lui profite, la division de la droite fait ses affaires. Le chef de l'État continue de bousculer la vie politique et apparaît plus que jamais au centre.

Un projet qui inquiète la majorité ?

Donc c'est tout bénéf' pour Emmanuel Macron ? Non. Le revers de cette situation c'est qu'elle recèle aussi les faiblesses de la majorité. Cette tentative de référendum contre la privatisation d'Aéroports de Paris agace et inquiète la majorité parce que le projet n'a pas été suffisamment expliqué.

Le départ n'est pas bon. Le sujet a été noyé dans une loi très générale sur l'économie. C'est en totale contradiction avec ce que l'on a entendu pendant des semaines et des semaines de grands débats. La promesse d'écouter les gens, de faire de la politique autrement. Toutes ces promesses sont complètement contredites par la façon dont le dossier ADP est géré.

Les aéroports, c'est comme les autoroutes, le client est captif

Olivier Bost
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ADP, c'est : "Nous avons raison, vous n'avez rien compris". Il y a donc aussi des contradictions dans la majorité, pas seulement dans les oppositions. Et ces contradictions ne s'arrêtent pas là. Le gouvernement n'a pas tout dit sur la vente d'Aéroports de Paris. Bruno Le Maire a dit que ce n'était pas à l'état de gérer des boutiques de duty-free. Soit. Mais ADP, ce n'est pas que ça. Vendre Aéroports de Paris, ça revient à privatiser un monopole qui va rester un monopole.

Car nous ne sommes pas du tout dans l'ouverture d'un marché à la concurrence, comme les télécoms, ou l'électricité. Il n'y aura pas la construction de nouveaux aéroports internationaux à côté de Roissy. Il n'y aura pas de concurrents qui feront baisser les prix ou qui feront des efforts sur les services.

Les aéroports, c'est comme les autoroutes, le client est captif. Et c'est peut-être la plus grosse négligence du gouvernement dans cette affaire et qui lui fait craindre demain un référendum. Les Français n'ont pas oubliés les autoroutes. Les Français et l'État dans ces privatisations s'étaient fait tout simplement arnaquer.

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