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Manuel Valls : une absence de nouveaux soutiens qui complique tout

DÉCRYPTAGE - Le désormais outsider de la primaire de la gauche n'arrive pas à mobiliser de nouveaux soutiens et ne peut presque compter que sur le gouvernement.

Manuel Valls, à son QG de campagne, au soir du premier tour de la primaire de la gauche, à Paris le 22 janvier 2017
Manuel Valls, à son QG de campagne, au soir du premier tour de la primaire de la gauche, à Paris le 22 janvier 2017 Crédit : SIPA
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Avec le ralliement d'Arnaud Montebourg, troisième avec 17,52% des voix, Benoît Hamon (36,35%) se trouve en ballottage largement favorable pour le second tour de la primaire de la gauche. En termes de rapport de force, ce soutien lui confère sur le papier un score potentiel de 53,87%, suffisant pour être désigné candidat socialiste de la présidentielle. Il ne s'agit que de son seul et unique soutien, pour l'heure, parmi ses ex-adversaires. Mais c'est un soutien de poids, celui du troisième homme. Et à celui-ci s'ajoute celui de Martine Aubry, éminente figure de l'aile gauche du PS. Une dynamique complètement opposée à celle de Manuel Valls.

Depuis la proclamation des résultats, dimanche 22 janvier, Manuel Valls n'a pu compter que sur l'appui nouveau de Sylvia Pinel (en attendant la décision de Jean-Luc Bennahmias, représentant seulement 1,01% des voix et qui a été le seul durant la campagne à soutenir le revenu universel de Benoît Hamon). Il s'agit certes d'une ancienne adversaire mais elle ne pèse que 1,98% des suffrages exprimés, ce qui ne permet absolument pas de faire le décalage pour espérer doubler Benoît Hamon.

Une forme de ni-ni chez les éliminés

François de Rugy et Vincent Peillon, respectivement quatrième et cinquième du premier tour, n'ont, eux, pas souhaité donner de consigne de vote. S'ils n'ont pas souhaité soutenir Benoît Hamon, ils n'ont pas plus encouragé leurs militants à se tourner vers l'ancien chef de gouvernement. Mardi 24 janvier, François de Rugy a expliqué sur Franceinfo ne pas pouvoir "à ce stade" se ranger derrière lui. La faute à des propositions qu'il juge "vagues" en matière d'écologie.

Vincent Peillon a simplement appelé les électeurs de gauche à "amplifier encore leur vote". Son directeur de campagne avait renchéri, expliquant que "chaque électeur pourra voter en conscience en fonction des propositions qu'il a faites". Pourtant, son programme, dans la droite ligne du quinquennat de François Hollande, est l'un des plus "Valls-compatibles". Une particularité soulevée par Alain Duhamel, éditorialiste de RTL. "Ce qui m'a surtout frappé en regardant les programmes de Vincent Peillon et Manuel Valls, c'est que ce sont des faux jumeaux. Ils sont tous les deux sociaux démocrates, européens, généreux sur le plan social, rigoureux sur la sécurité. On se demande pourquoi ils sont là, l'un en face de l'autre". Au point de se demander si l'ancien ministre de l'Éducation nationale n'était pas seulement là "embarrasser" Manuel Valls en sapant sa base électorale. D'autant que le principal soutien de Vincent Peillon, la maire de Paris Anne Hidalgo, a elle aussi bien pris soin de faire savoir qu'elle ne soutenait pas Manuel Valls, qu'elle n'a cessé de combattre durant son passage à Matignon ou encore récemment avec une lettre dans laquelle elle pourfend "l'immense gâchis" du quinquennat.

Au souvenir d'Alain Juppé

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Pour aborder cette "autre campagne" d'ici le second tour, Manuel Valls ne peut donc pas compter sur un élan nouveau pour se relancer. À la primaire de la droite, Alain Juppé s'était retrouvé dans une position quelque peu similaire, c'est-à-dire face à un François Fillon ayant pu bénéficier du ralliement de la troisième force du plateau, Nicolas Sarkozy - ainsi que ceux de Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson. Et le résultat avait été cinglant une semaine plus tard. À l'instar du maire de Bordeaux, Manuel Valls doit par conséquent compter sur lui-même et ses soutiens de longue date, tels que le loquace député Malek Boutih ou alors les membres du gouvernement, tenus cependant à une certaine réserve réclamée par Bernard Cazeneuve. 

Pour tenter de rattraper son retard comptable et renverser la vapeur, Manuel Valls semble devoir surtout miser sur son discours et un changement de ton, devenu particulièrement offensif à l'égard du favori. Des sorties qui rappellent un certain duel qui s'est tenu il y a seulement deux mois...

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