1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Primaire écologiste : les verts, pas vraiment mûrs pour le pouvoir
2 min de lecture

Primaire écologiste : les verts, pas vraiment mûrs pour le pouvoir

ÉDITO - Au premier tour de la primaire écologiste, les électeurs se sont en majorité tournés vers les candidatures les plus radicales.

Yannick Jadot (à gauche) et Sandrine Rousseau (à droite), les deux candidats qualifiés pour le second tour de la primaire écologiste.
Yannick Jadot (à gauche) et Sandrine Rousseau (à droite), les deux candidats qualifiés pour le second tour de la primaire écologiste.
Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Les écolos n'ont pas envie de gagner
03:00
Les écolos n'ont pas envie de gagner
03:00
Olivier Bost

Ceux qui ont votés à la primaire écologiste, visiblement, ne se disent pas qu’ils ont une chance de porter à l’Élysée un Président écolo en 2022. La preuve : ils peuvent se permettre de s’éparpiller, à part quasi-égale, entre quatre candidats.

L’écoféminisme, la fin du capitalisme, la décroissance se répartissent quasiment les trois-quarts des voix. La radicalité est ultra-majoritaire. Il reste 27% à Yannick Jadot, en tête certes, mais bien seul à parler d’une écologie au pouvoir.

Les autres mènent d'autres combats. Qu’est-ce qui peut expliquer cette percée de Sandrine Rousseau, quasi-inconnue il y a encore quelques semaines ? Un discours très radical.
C’est la seule façon, aujourd’hui, d’accéder à l’espace médiatique, friand de nouveautés, de caricatures et de polémiques. Quand le message est simple et qu’il choque, il passe.

La radicalité est aussi un très bon moyen d’être relayé sur les réseaux sociaux et de toucher des communautés d’intérêt. Sandrine Rousseau l’assume dans sa campagne de la primaire : elle est une candidate des minorités face aux oppressions. Elle a un postulat, une grille de lecture, comme d’autres avec l’identité et l’islamisation. Elle lit et relit tous les maux de la société avec les lunettes de cette seule grille : la domination sur les minorités, sur les femmes, sur la nature. Tout s’explique par ce constat.

Sandrine Rousseau a les clés

À lire aussi

Ces combats deviennent structurants dans notre univers politique. Ils sont devenus les derniers ressorts de l’engagement, pour payer deux euros et voter sur internet. Les thèmes portés par Sandrine Rousseau sont plus identifiants, plus concernants, et finalement, peut-être, source de victoire dans une primaire à plus de 100.000 votants.

La candidate a les clés du second tour : soit elle se cantonne dans son écoféminisme, et c’est Yannick Jadot qui l’emportera, soit elle arrive à parler aux autres sensibilités de l’écologie, et elle l‘emportera. Dans cette seconde hypothèse, il faut qu’elle arrive à toujours capter l’attention, en abandonnant un peu ce qui fait sa singularité. Un défi pour une famille de pensée qui n’a pas l’habitude de faire dans le compromis ou dans la demi-mesure. 

Il y a un vrai suspense pour le second tour. Les sympathisants écolos ont toujours choisi, jusque-là, celui qui avait le moins de potentiel électoral. Souvenez-vous d’Eva Joly, préférée à Nicolas Hulot en 2012. Leur vote est un pur vote de conviction. Ils intériorisent la défaite et font, finalement, comme si cette élection présidentielle n’était décidément pas faite pour eux.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/