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Primaire de la droite : 7 points à retenir du premier débat

ÉCLAIRAGE - Les sept candidats à la primaire de la droite et du centre se sont affrontés lors du premier débat jeudi 13 octobre sur RTL, TF1 et "Le Figaro".

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Primaire Les Républicains : Nicolas Sarkozy reprend Jean-François Copé sur la loi sur la burqa Crédit Image : TF1 | Crédit Média : TF1 | Date :
RaphaelBossePlatière
Raphaël Bosse-Platière
Journaliste RTL

Après des mois d'affrontements par médias interposés, ils étaient face à face. Désormais, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson, ont débattu pour la première fois lors d'un débat organisé par RTL, TF1 et Le Figaro, ce jeudi 13 octobre.

Pendant la première partie de l'émission, les candidats ont abordé des thématiques économiques : emploi, temps de travail ou encore impôts. Puis dans un second temps, les trois journalistes présents sur le plateau ont posé des questions sur la laïcité, la sécurité et le terrorisme.

Si certains craignaient un affrontement qui aurait pu tourner au pugilat, ceux qui briguent l'investiture de la droite et du centre pont été plutôt courtois dans l'ensemble, même si certaines piques ont été lancées. Voici les points essentiels à retenir de la soirée.

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1. Jean-François Copé attaque Nicolas Sarkozy d'entrée

Dès le début du débat de la primaire de la droite, Jean-François Copé a pris la parole afin d'expliquer les raisons de son engagement en vue de la présidentielle 2017. À la question "Pourquoi voulez-vous devenir président de la République ?", il a une réponse simple : pour faire ce que Nicolas Sarkozy n'a pas su faire.

L'ex-chef de l'État s'est ensuite accroché avec son ancien premier ministre, François Fillon. Le sujet de leur discorde : l'augmentation nécessaire de la durée du temps de travail dans la fonction publique.

2. Nicolas Sarkozy refuse d'être "le Martine Aubry de droite"

"On a eu l'obsédée des 35h, on ne vas pas devenir obsédés des 39h." La pique s'adresse à Martine Aubry, ancienne ministre de l'Emploi. S'il est élu, Nicolas Sarkozy annonce que "chaque entreprise pourra choisir la durée hebdomadaire librement. (...) Je rends la liberté aux entreprises de choisir la durée hebdomadaire du travail." L'ancien chef d'État y met cependant une condition : "Si c'est 37 heures [hebdomadaires], c'est 37 heures payées 37"Je ne serai pas le Martine Aubry de droite", a-t-il martelé.

François Fillon, lui, exprime de nombreuses réserves et s'oppose ainsi à ses adversaires. "Marié la défiscalisation des heures supplémentaires et la libre négociation dans les entreprises, ça ne peut pas fonctionner". L'ancien premier ministre veut alors "supprimer la durée légale du temps de travail".

Jean-Frédéric Poisson estime pour sa part qu'il n'y a pas d'urgence à modifier le temps de travail. "Il y a sûrement bien d'autres choses à faire", a-t-il déclaré.

3. Bruno Le Maire montre les muscles

Pour son entrée en matière, Bruno Le maire a décidé de déclarer sa flamme aux Français rencontrés pendant sa campagne. "Le miracle, c'est que la France tienne encore debout, grâce à vous : agriculteurs, ouvriers, médecins, enseignants. Vous m'avez impressionné."

L'ancien ministre de l'Agriculture a une nouvelle fois plaidé pour "le renouveau", son slogan de campagne. Mais un peu lus tard dans le débat, le député de l'Eure s'est montré plus ferme, et s'est même emporté après une question d'Alexis Brézet (Le Figaro), qui  lui avait demandé si l'une de ses propositions était faite pour embarrasser Alain Juppé.

Bruno Le Maire a ensuite reproché à Jean-François Copé de ne pas avoir lu son programme (de 1.000 pages, ndlr). "Je ne comprends pas comment Bruno préconise la dépénalisation du cannabis", avait lancé le député-maire de Meaux. "Tu as dû mal lire mon programme, je suis totalement opposé la dépénalisation du cannabis, totalement opposé aux salles de shoot", lui a rétorqué son adversaire.

4. Passe d'armes sur les affaires judiciaires

Bruno Le Maire a mis les pieds dans le plat en demandant un extrait de casier judiciaire pour les candidats à la présidentielle. Les candidats qui se sont sentis visés ont alors senti le besoin de se justifier. Sur la défensive à propose de sa mise en examen dans l'affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a insisté sur son "casier judiciaire vierge après 37 ans de vie politique". "Je n'ai jamais été condamné et depuis 5 ans, je suis sans doute le Français qui a été le plus écouté, le plus perquisitionné, le plus interrogé. Est-ce que vous croyez vraiment que si j'avais quoi que ce soit à me reprocher, je me présenterai", a-t-il poursuivi.

Toujours à propos de l'affaire Bygmalion, Jean-François Copé, qui se considère désormais "totalement hors de cause", a martelé qu'il n'aurait "pas été candidat" à cette primaire s'il avait été mis en examen... comme l'est Nicolas Sarkozy. De son côté, Alain Juppécondamné en 2004 pour prise illégale d'intérêts dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris a parlé de "cicatrices" et rappelé : Je me suis représenté au suffrage des Français depuis, j'ai perdu deux fois et j'ai gagné trois fois. S’ils estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m’éliront pas".

5. Tous d'accord à propos de François Hollande

Si les candidats se sont, à plusieurs reprises, opposés sur des sujets tels que les fichés S ou le temps de travail, il semble qu'ils aient trouvé un terrain d'entente : François Hollande. Les confidences du chef de l'État dans le livre Un président ne devrait pas dire ça publié le 13 octobre ont donné lieu à une critique virulente. Nicolas Sarkozy s'est demandé "jusqu'où" le président actuel va "salir et détruire la fonction présidentielle", étrillant ses propos sur "les pauvres 'sans-dents', les sportifs 'décérébrés' et les magistrats 'lâches'".

De son côté, François Fillon a qualifié l'actuel président de la République de "manipulateur", à propos de l'"affaire Jouyet". Le livre Un président ne devrait pas dire ça met en effet l'ex-Premier ministre en cause. Il aurait bien demandé à François Hollande que Jean-Pierre Jouyet accélère les procédures contre Nicolas Sarkozy. "Jean-Pierre Jouyet est un menteur. Et je découvre que le président de la République, en plus d'être incompétent, est un manipulateur. J'ai honte pour mon pays quand je vois que le président se livre à des accusations médiocres", a lancé François Fillon.

6. Jean-Frédéric Poisson, la révélation

Il était presque un inconnu pour le grand public, mais ce premier débat des candidats à la primaire de la droite et du centre a révélé Jean-Frédéric Poisson. Sur Twitter, les internautes ont rapidement placé le président du Parti chrétien-démocrate dans les top tweet et son nom s'est retrouvé dans les "trending topics". Ils étaient nombreux à parler du candidat comme d'une révélation, salué pour son calme et sa mesure. Il a également fait rire, ne souhaitant pas répondre à certaines questions, indiquant qu'il allait répondre à la prochaine.

Le patronyme du candidat a en outre permis aux internautes de faire parler leur créativité tout au long des plus de deux heures de débat. Si sur certains sujets, comme les 35h, Jean-Frédéric Poisson s'est montré plus à gauche que ses concurrents, il a montré une vision plus droitière sur d'autres, en expliquant que "l’islam pose problème" et que "la France n’a pas vocation à devenir une société multiculturelle".

7. Tutoiement de rigueur

"Nathalie", "Nicolas", "Bruno", "cher François".... En apparence, le ton de cette joute "en famille" pouvait sembler bon enfant, avec un tutoiement de rigueur. Mais l'attitude décontractée n'était qu'une façon déguisée de mieux se lancer des piques. À 23h, l'ambiance s'est même sévèrement crispée entre Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé sur le thème de la burqa. "La loi sur la burqa, pardon Jean-François, ce n'est pas toi qui nous l'a imposée, et tu étais bien incapable d'imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit, pas plus hier qu'aujourd'hui". Malgré tout, lorsqu'on leur demande s'ils soutiendront le vainqueur, c'est sept fois oui

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