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Présidentielle 2022 : le retour de Wauquiez sur le devant de la scène

PORTRAIT - Après la défaite des Républicains aux européennes de 2019, Laurent Wauquiez avait quitté la présidence du parti pour se concentrer sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Désormais réélu, il compte bien mettre le cap sur 2022.

Laurent Wauquiez, le 27 juin 2021
Laurent Wauquiez, le 27 juin 2021
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Marie-Pierre Haddad

L'idée ne lui a jamais vraiment échappé. Laurent Wauquiez a la présidentielle en tête et ce n'est un secret pour personne. Président éphémère des Républicains, il effectue un retour en force avec sa réélection à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes (55,17%). 

Cet épisode marque la fin d'une traversée du désert politique et médiatique. Laurent Wauquiez avait décidé de démissionner après l'échec de son parti aux élections européennes. Le très ambitieux membre des Républicains a donc dû effectuer quelques détours avant de revenir sur la route d'une candidature pour 2022

Un détour qui s'est surtout matérialisé par un retour à la base, sa région Auvergne-Rhône-Alpes. Au soir du second tour des régionales, le discours de Laurent Wauquiez avait des airs de sortie de traversée du désert : "La victoire de ce soir, c’est la victoire d’un cap clair. (…) En politique ce qui compte si on veut agir, si on veut se reconstruire, c’est de retrouver le sens de l’action (...) Seul un cap clair permettra de trouver une nouvelle espérance".

Une personnalité qui divise

"Agir", "reconstruire", "action", "nouvelle espérance"... Tous les codes de la politique sont là. Laurent Wauquiez les adopte un à un, quitte à déclencher des réactions très mitigées quant à sa sincérité. "Toujours prêt à se pousser du col pour exister… puis à tuer", lâchait dès 2017 des ministres qui l'ont côtoyé dans Le FigaroUn ancien camarade de promotion est tout aussi direct lorsqu'il nous évoque Laurent Wauquiez. "Il s'invente un personnage. Il faut reconnaître qu'il a une mécanique intellectuelle mais il est capable de passer de la séduction au rapport de force en un claquement de doigts".
Son arrivée à la tête des Républicains avait provoqué des remous au sein du parti. Craignant une dérive à droite toute, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse avaient décidé de quitter leur famille politique. "Je n'aime pas sa politique de l'agressivité et des boucs émissaires", a taclé le président des Hauts-de-France. Quant à l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, elle jugeait que "le parti est cadenassé de l'intérieur, dans son organisation et dans ses idées (...) La refondation ne pourra pas se faire à l'intérieur mais à l'extérieur". 

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Sous la présidence Wauquiez, Les Républicains sont déjà confrontés à la droitisation du mouvement. Accusés par ses détracteurs en interne de militer sur le terrain du Rassemblement national, Laurent Wauquiez a indiqué à plusieurs reprises que tant qu'il sera en fonction, "il n'y aura jamais d'alliance avec le Front national". "Mon projet, c'est la droite de retour, pas la dilution de la droite et de l'extrême droite", expliquait-il.

Le laboratoire Auvergne-Rhône-Alpes

Laurent Wauquiez a aussi essuyé quelques polémiques, notamment concernant l'école de commerce, l'EM Lyon en 2018. Il a été enregistré à son insu, alors qu'il dispensait un cours. Il ne s'est pas privé pour taper sur les ténors de la droite comme Gérald Darmanin qualifié de "Cahuzac, puissance dix", François Fillon ou encore Nicolas Sarkozy. Sur l'ancien président de la République, il raconte qu'il "en était arrivé au point où il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en Conseil des ministres. Il les mettait sur écoute pour pomper tous les mails, tous les textos".

Ici, les gens me jugent sur ce que je fais et pas les petites phrases maladroites ou les polémiques sur une matinale

Laurent Wauquiez

En quittant la présidence des Républicains, Laurent Wauquiez a fait table rase du passé et s'est concentré sur l'Auvergne-Rhône-Alpes. "Ici, les gens me jugent sur ce que je fais et pas les petites phrases maladroites ou les polémiques sur une matinale", expliquait-il à l'AFP. En 2018, ses propos dans lesquels il passait une grande partie de la classe politique au lance-flammes devant les étudiants d'une école de commerce lyonnaise avaient fuité et entraîné un procès en insincérité. 

Cité par l'AFP, le chercheur en sciences politiques Romain Meltz estime que le président de région réélu "cherche la légitimité partisane à fond" et "va très vite se réinstaller à Paris". Laurent Wauquiez commence déjà à semer des indices. "Je suis très préoccupé par l'état de ma famille politique et de façon plus importante par celui de la France à la sortie de cette crise".

2022 est encore plus proche qu'avant dans son esprit. Un de ses proches confie à L'Express : "Je ne sais pas s'il y pense en se rasant, parce qu'il ne se rase plus (...) L'Auvergne-Rhône-Alpes est acquise à sa cause, reste à voir si cela va infuser dans les autres régions".

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