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Présidentielle 2022 : comment Zemmour renvoie Le Pen et le RN à leurs vieux démons

RÉCIT - Les tensions au sein du clan Le Pen ont été ravivées depuis que Marion Maréchal a confié réfléchir au fait de rejoindre Éric Zemmour. Ces propos ont déclenché des secousses au sein du RN, livré dans une guerre ouverte contre Nicolas Bay.

Marine Le Pen et Marion Maréchal
Marine Le Pen et Marion Maréchal
Crédit : Thomas SAMSON, Alberto PIZZOLI / AFP
Marie-Pierre Haddad

Des règlements de compte devant les caméras. Ce procédé n'est pas étranger au clan Le Pen qui a pour habitude de ne pas garder pour soi les conflits en famille. 2022 vient relancer des tensions qui, jusque-là, avaient disparu des écrans radars. 

En effet, Marion Maréchal a évoqué ses convictions proches de celles d'Éric Zemmour, sans pour autant franchir le Rubicon et appeler à voter pour le candidat Reconquête. "Je réfléchis, aucune décision n’est prise", a-t-elle expliqué au Parisien en ajoutant ne pas avoir "envie de recréer des fractures familiales". Dans Le Figaro, elle enfonce le clou en louant "la cohérence, la vision et la stratégie" d'Éric Zemmour.

Pourtant, l'envie de revenir en politique est bien là. Et la stratégie d'union des droites, soutenue par Marion Maréchal et entamé par Éric Zemmour réveille les ambitions politiques de l'ancienne députée FN du Vaucluse. Tout cela sur fond de psychodrame familial.

La tentation Zemmour

Le coup porté par Marion Maréchal a déséquilibré Marine Le Pen. Sur Cnews, la candidate du Rassemblement national a concédé : "C'est brutal, c'est violent, c'est difficile pour moi". Si la nouvelle est aussi dure à encaisser pour Marine Le Pen, c'est parce que des enjeux familiaux et politiques se télescopent. Une situation déjà vécue par la candidate avec son père. "J'ai avec Marion une histoire particulière parce que je l'ai élevée avec ma sœur pendant les premières années de sa vie". 

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À cela s'ajoute, "une incompréhension politique" pour Marine Le Pen "parce qu'elle avait indiqué qu'elle soutiendrait celui qui est le mieux placé, et incontestablement je suis beaucoup mieux placée" dans les sondages. La candidate est au coude-à-coude avec 
Valérie Pécresse, à 17%, devant Éric Zemmour à 13%. 

Cela intervient après les défections des eurodéputés Gilbert Collard et Jérôme Rivière, sans oublier celle de Damien Rieu. Dans l'hypothèse où Marion Maréchal décide de rejoindre Éric Zemmour pour la présidentielle, la campagne de Marine Le Pen serait affaiblie. Notion qui n'échappe pas au candidat Reconquête : "C'est une belle semaine, des gens nous rejoignent de tous côtés", a savouré Éric Zemmour lors d'un déplacement en Sologne.

L'intervention du patriarche

Signe de l'importance de cet épisode politique et de la puissance de ses conséquences, le Menhir en personne a du intervenir pour sauver la situation. Jean-Marie Le Pen a indiqué sur Twitter que "dans les prochains jours", il s'entretiendra avec Marine Le Pen et Marion Maréchal. "J'exprimerai ma pensée ultérieurement quand je le jugerai utile à la clarté des débats présidentiels et législatifs à venir", a-t-il ajouté.

Au micro de RTL, le cofondateur du Front national a déclaré : "Intervenir dans la campagne électorale, à deux mois des élections comme ça, ça m'a l'air un peu équivoque. Ce n'est pas conforme à la morale de la famille". Il a ainsi apporté son soutien à sa fille. "Ça me parait aller de soi, je ne me pose généralement pas la question puisqu'elle va d'elle-même", a-t-il expliqué.

"Jean-Marie Le Pen a aussi adressé un message à Eric Zemmour. "Ça n'empêche pas que j'aie de la sympathie personnelle pour lui. Mais je ne suis pas sa démarche politique", a-t-il précisé.

Le retour de Bruno Mégret

La sortie de Marion Maréchal a ravivé les cicatrices des précédentes guerres, notamment celle de la scission de 1999 : Marie-Caroline Le Pen avait rejoint Bruno Mégret et son mouvement MNR. Longtemps numéro 2 du Front national, le "félon" comme le surnommait Jean-Marie Le Pen avait fait scission avec toute une partie de la direction et provoqué le départ des cadres vers son mouvement. 

Vingt-trois ans plus tard, le précurseur de la théorie de l'union des droites a apporté son soutien à Éric Zemmour. Auprès de L'Express, il a décoché une flèche en direction de Marine Le Pen en lui reprochant sa stratégie de dédiabolisation. Elle a abouti, selon lui, à la "normalisation" du parti. 

"Ses scores ne sont possibles que parce qu'elle incarne un parti qui avait une image extrêmement forte sur les questions de sécurité, d'immigration et d'identité, que sa normalisation n'a pas réussi à éroder", a-t-il expliqué. 

La zizanie déclenchée par Nicolas Bay

Le Rassemblement national lave son ligne sale en public et cela ne concerne pas seulement Marion Maréchal. L'eurodéputé RN et porte-parole de la campagne de Marine Le Pen a lancé les hostilités sur BFMTV en refusant de dire qu'il votera pour sa candidate au premier tour de l'élection présidentielle. 

Coup de tonnerre dans l'équipe de Marine Le Pen. Que "ceux qui veulent partir partent. Mais qu'ils partent maintenant !", a-t-elle lancé. La candidate a précisé que ces propos ne visaient pas Nicolas Bay en particulier mais s'appliquaient "de manière générale" à ceux qui voudraient la quitter. "Parce que ce qui est insupportable, c'est la taqiya qu'ils reprochent eux-mêmes aux islamistes", a-t-elle ajouté, en référence au concept dans la religion musulmane recommandant à dissimuler sa croyance en cas de danger. 

Sa colère s'est poursuivie : "Avoir des gens qui, aujourd'hui, font semblant d'être ici, alors qu'en réalité, leur cœur ou leur esprit est ailleurs, c'est insupportable. C'est un manque total de dignité, de respect à l'égard de l'ensemble de nos militants qui se battent, eux, avec conviction, avec cœur, avec courage, mais aussi l'ensemble de nos électeurs", a-t-elle encore dit. 

Quand on veut rassembler, on ne commence pas par indiquer la porte de sortie à ses propres soutiens

Nicolas Bay, porte-parole de Marine Le Pen

La réponse de Nicolas Bay lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI est loin d'être un gage d'apaisement. L'eurodéputé a déclaré : "Je ne crois pas avoir de leçon de loyauté à recevoir de qui que ce soit. Je suis un militant politique depuis mon adolescence, je me suis engagé très jeune dans les rangs du Rassemblement national (...) Je n'ai pas à me justifier de ce que je ferais dans un mois, dans six mois ou dans un an".

Et de poursuivre : "Quand on veut rassembler, on ne commence pas par indiquer la porte de sortie à ses propres soutiens". "Pour l'instant", il soutient Marine Le Pen. Deux mots qui laissent planer le doute sur un éventuel ralliement à Éric Zemmour. Selon le président par intérim du RN Jordan Bardella, "une guerre psychologique" s'est déclarée et devrait au minimum durer un mois. Lapse de temps que s'est donné Marion Maréchal pour faire part de sa décision.

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