4 min de lecture Présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : Arnaud Montebourg et Anne Hidalgo sur la ligne de départ ?

DÉCRYPTAGE - L'ancien ministre de François Hollande et la maire socialiste de Paris placent leurs pions au fur et à mesure que les mois les séparant de la présidentielle de 2022 s'écoulent.

Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg
Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La crise sanitaire qui traverse la France aiguise les ambitions politiques chez certains, au moment où le gouvernement s'enlise dans les couacs de communication. Le coronavirus, la crise économique, la sécurité... Autant de sujets sur lesquels, Emmanuel Macron et l'exécutif se mobilisent.

La cote de popularité d'Emmanuel Macron a bondi de huit points en novembre (46%), mais celle du premier ministre n'a progressé que d'un point en un mois (47%), selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio

Sur la crise de façon plus globale, sept Français sur dix jugent que la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus va provoquer une crise économique "durable". Cela se traduit par une confiance en l'avenir qui s'est effondrée pour égaler son pire niveau historique, daté de décembre 2014, selon un sondage Odoxa.  

Montebourg en opposition frontale à Macron

C'est dans ce contexte si particulier à 2020 qu'Arnaud Montebourg opère un retour sur la scène politique. En retrait depuis la présidentielle de 2017, l'ancien ministre socialiste n'hésite plus à évoquer un possible retour en vue de la présidentielle de 2022. Dans son livre L'Engagement, paru aux éditions Grasset, celui qui s'est reconverti dans la production de miel détaille ses deux années passées à Bercy, où il fut ministre du Redressement productif entre 2012 et 2014, sous la présidence de François Hollande

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Dans un entretien au Journal du Dimanche datant du 1er novembre dernier, Arnaud Montebourg explique "réfléchir à un nouvel engagement". "Mais il ne pourra avoir lieu que sur une base plus ambitieuse politiquement et plus exigeante intellectuellement. Les idées que j'ai portées depuis longtemps sont devenues centrales et majoritaires dans notre pays. Il va bien falloir les mettre au pouvoir !", ajoutait-il. 

Aujourd'hui on est en train d'assassiner des commerçants, on va avoir des suicides sur les bras

Arnaud Montebourg sur France inter
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Invité ce jeudi 5 novembre sur France inter, l'ancien socialiste confirme vouloir "s'engager" alors que "ce pays est en train de s'écrouler". Il se garde pour l'instant de préciser les contours de cet engagement.

En attendant, Arnaud Montebourg s'oppose avec fermeté à Emmanuel Macron et au gouvernement. Il dénonce ainsi la gestion "catastrophique" de la première vague de l'épidémie et le manque de préparation pour anticiper la deuxième vague. Les mots de l'ancien candidat à la primaire socialiste en 2017 sont durs : "Aujourd'hui on est en train d'assassiner des commerçants, on va avoir des suicides sur les bras. J'aurais préféré fermer les supermarchés et laisser ouverts les commerçants".

Autre signe allant dans le sens d'un retour politique, pour ne pas dire présidentiel : Arnaud Montebourg se pose face à Emmanuel Macron. Dans Le Journal du Dimanche, il va même jusqu'à comparer le président de la République à l'artiste français Julien DoréUne comparaison étonnante qu'il justifie ainsi : "Emmanuel Macron est le Julien Doré de la politique, estime-il. Comme le chanteur, il a eu une carrière fulgurante ; et il a percé en recyclant de vieux tubes - les refrains éculés du libéralisme d'antan". 

Hidalgo "surveillée de près" par le gouvernement

Arnaud Montebourg n'est pas le seul à éveiller des interrogations à gauche. Anne Hidalgo qui désormais ne dit plus non, lorsqu'on l'interroge sur une éventuelle candidature en 2022, place ses pions. Même si les élections municipales à Paris font partie du passé, la maire socialiste réélue pour un second mandat ne semble pas avoir arrêté de faire campagne pour autant. La crise du coronavirus est devenue le champ de bataille d'Anne Hidalgo qui s'oppose avec plus en plus de force contre le gouvernement. 

Alors que le gouvernement évoquait, et non pas actait à l'inverse de ce qu'a déclaré Gabriel Attal, l'option d'un éventuel couvre-feu, Anne Hidalgo a tranché. Sur BFMTV, la maire de Paris a annoncé la fermeture de "certains débits de boissons" dans la capitale.

Forte de sa position de maire de la capitale, Anne Hidalgo a écrit une lettre à Emmanuel Macron, dévoilée par nos confrères du Parisien. Aux côtés de l'académicien Erik Orsenna et de l'animateur de télévision François Busnel, elle a demandé au chef de l'État de revenir sur sa décision de fermer les librairies et les commerces de proximité.

On ne peut pas demander à la maire de Paris d’être solidaire de décisions quand elle n’y a pas été associée un minimum

Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo, dans "L'Opinion"
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Sur RTL, Olivier Véran a répondu sans détour à la maire socialiste. "Quand on met en place le couvre-feu à Paris, Anne Hidalgo dit : 'Je veux sauver ma Nuit Blanche'. Quand on met en place un confinement, elle dit : 'Il faut sauver les commerçants, les salles de sport'. Nous, nous voulons sauver les Parisiens", déclarait-il passablement agacé. Mais précisons que la Nuit Blanche a eu lieu à Paris le 3 octobre, avant la mise en place du couvre-feu le 17 octobre.

Les réponses du gouvernement, à travers les médias, ne désarçonnent pas Anne Hidalgo. "Cela laisse transparaître une certaine fébrilité au sein du gouvernement", juge son premier adjoint, Emmanuel Grégoire dans Le Parisien. Cette opposition face à l'exécutif lui vaut d'être "surveillée de près, comme tous les gouvernements ont toujours surveillé tous les maires de Paris", explique un député LaREM dans les colonnes de L'Opinion.

Jean Castex reste prudent et ne cherche pas à avoir Anne Hidalgo dans la liste de ses adversaires politiques. "Il veut préserver sa relation avec Hidalgo, dont la voix compte dans le débat", indique une conseillère ministérielle à L'Opinion. Mais cela ne justifie pas tout pour l'entourage d'Anne Hidalgo. "On ne peut pas demander à la maire de Paris d’être solidaire de décisions quand elle n’y a pas été associée un minimum", prévient son premier adjoint. 

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