3 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : l’impossible est possible, estime Olivier Mazerolle

LETTRE DE CAMPAGNE - Mi-mars, "L'Opinion" avait baptisé notre présidentielle la "Crazydentielle". Depuis, elle ne s'est pas calmée.

Le palais de l'Élysée
Le palais de l'Élysée Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Olivier Mazerolle Journaliste RTL

J'avais beaucoup aimé, il y a deux semaines, le titre de L'Opinion qui avait baptisé notre présidentielle la "Crazydentielle". Depuis, elle ne s'est pas calmée. L’impossible reste possible, quand bien même il est possible qu'il ne soit pas certain. Jusqu'où ira Jean-Luc Mélenchon, qui déboule tel un marathonien qui dépasse un à un ceux qui ont présumé de leurs forces ? Qui peut certifier qu'il ne s'emparera pas de la deuxième place ? Sa progression n'a rencontré que l'indifférence des favoris. 

Marine Le Pen le croit lesté par son internationalisme. Emmanuel Macron et François Fillon sont occupés à s'invectiver. Et le voilà qui surgit débarrassé du bruit et de la fureur, cultivé et orateur comme toujours, déclinant Victor Hugo devant des foules émerveillées, taquinant la science-fiction avec son hologramme

Le Bureau National du PS de ce 3 avril sera un cauchemar

Bolchévique, trotskyste, humaniste, défenseur des pauvres, qualifiez-le comme vous le voulez, il incarne la gauche, ses rêves, ses utopies, ses déraisons, ses colères et sa main tendue. S'il parvenait à transvider un peu plus l'escarcelle de Benoît Hamon dans sa besace, et à convaincre les ouvriers qui s'abstiennent encore en grand nombre, ses concurrents pourraient se réveiller avec un gros mal de tête.

Pendant que Mélenchon jubile, les vieux partis s'abîment. Les socialistes sont écartelés. Un pied chez Macron, un autre chez Hamon, qui n'a plus de candidat socialiste que la dénomination surannée. Il est un frondeur certifié, en situation de divorce avec la direction de son parti toute entière dévolue à la recherche de la meilleure solution pour peser dans la majorité d'une présidence Macron. 

Pour ramener ses gradés à une activité plus énergique, François Fillon devra s’imposer dans le débat de mardi soir à onze.

Olivier Mazerolle
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Le Bureau National du Parti socialiste de ce lundi 3 avril promet d'être un cauchemar. Les éradicateurs de gauche vont demander les têtes des macronistes à une direction qui refuse d'organiser une Saint-Barthélémy parce que déjà tournée vers l'avenir. À droite, l'immense majorité des caciques croit encore, sans exagération, à la possible victoire de François Fillon ou, plus exactement, n'y croit plus tout en espérant encore un peu.  

Ils font publiquement le job, souvent sans entrain excessif, et réfléchissent eux aussi au coup d'après, à ces législatives qui leur permettraient de former le groupe de députés le plus important, susceptible de d’imposer sa ligne de conduite au président Macron. Encore faudrait-il pour cela que l’unité du groupe résiste au terrible séisme que représenterait la défaite subie à l'issue d'une campagne réputée imperdable

Pour ramener ses gradés à une activité plus énergique, François Fillon devra s’imposer dans le débat de mardi soir à 11 (pourvu que le folklore ne s’y impose pas !), et réussir son dernier grand meeting de campagne dimanche prochain à Paris, Porte de Versailles.

Personne n'imagine Marine Le Pen manquer la marche du second tour.

Olivier Mazerolle
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Inquiet des embrassades étouffantes des élus de gauche, Emmanuel Macron se voit contraint de mettre les mains dans le moteur de la politique politicienne, ce qu’il a fait avec conscience en rencontrant Christian Estrosi à Marseille. Il y perd une partie de son originalité, lui qui se réclamait de la nouveauté. Le moment s’approche où il ne pourra éviter d’avoir à faire de la politique avec les politiques. 

Pour sa part, Marine Le Pen fait l’unanimité : personne n’imagine qu’elle puisse manquer la marche du 2e tour. À voir ce que sont devenus les pronostics depuis le début de la campagne, elle devrait se méfier. Mais il est vrai aussi que toute règle connaît une exception.

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