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Nouveau gouvernement : les quatre étapes de vérification d'un profil avant d'être nommé

Damien Abad ramène sur le devant de la scène la question des contrôles des ministres. Casier judiciaire, situation fiscale... Les futurs membres du gouvernement sont passés au crible.

Emmanuel Macron et Elisabeth Borne.
Emmanuel Macron et Elisabeth Borne.
Crédit : Ludovic Marin / POOL / AFP
Lison Bourgeois & AFP

Les potentiels nouveaux ministres doivent être passés au crible avant d'être nommés. Depuis les affaires Cahuzac et Thévenoud, l'entrée au gouvernement est synonyme d'une série de contrôles. Si Emmanuel Macron a déjà pris trois semaines pour nommer sa Première ministre Élisabeth Borne, le Président a encore pris son temps avant de nommer toute son équipe ministérielle. 

Tout d'abord, Emmanuel Macron mise sur la confiance en demandant aux ministres de signer "un engagement sur l’honneur d’intégrité et de moralité" et communiquent au chef du gouvernement "l'ensemble des intérêts qu'ils ont eu à connaître, au-delà de la période de cinq ans prévue par la loi". Les ministres du gouvernement Ayrault en 2012 avaient signé une charte de déontologie, et ceux du gouvernement Fillon en 2007 avaient dû se conformer à une série d'obligations d'exemplarité. Mais il y a aussi de véritables contrôles extérieurs.

1 - Une exemplarité judiciaire et fiscale

Les lois de moralisation de l'été 2017 ont consacré une pratique récente : concernant les pressentis, le président peut demander le bulletin n° 2 du casier judiciaire ainsi qu'une attestation de l'administration fiscale indiquant si la personne est ou non à jour, dans le respect du secret fiscal.

La question de l'exemplarité est au cœur du projet de loi. Les parlementaires verront donc leur situation fiscale examinée et vérifiée en début de mandat. En cas de manquements, la démission et l'inéligibilité sont possibles. Le projet de loi prévoit également que les candidats à une élection devront présenter un casier judiciaire vierge de toute condamnation incompatible avec les fonctions exercées. Mais seuls les ministres devront avoir un casier judiciaire complètement vierge.

2 - Des conflits d’intérêts

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Le chef d’État peut également demander à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) si la personne se trouve en situation de conflit d’intérêts. De nombreux noms peuvent être "testés" et les échanges se font oralement, pas par écrit. La Haute autorité dispose des déclarations d’intérêts ou de patrimoine de près de 15.000 élus et responsables publics. Y figurent notamment les activités professionnelles passées ou présentes, les participations à des organes dirigeants et la profession du conjoint.

Son éclairage peut induire par exemple un changement du portefeuille ministériel envisagé, en cas de lien d’intérêt problématique. Si une personne entrée au gouvernement peut être en conflit d’intérêts sur tel ou tel dossier, certaines de ses attributions peuvent être déléguées à un autre ministre ou au Premier ministre. Une situation fréquente, en raison d’un ancien poste ou de l’emploi du conjoint notamment.

3 - Le contrôle approfondi du fisc

Sitôt après une nomination, comme le prévoient les lois sur la transparence de 2013, une vérification complète de la situation fiscale des nouveaux entrants est effectuée. Ces lois ont été adoptées après le scandale du compte caché à l’étranger de l’ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, qui a été condamné pour fraude fiscale en 2018 à quatre ans de prison dont deux avec sursis, 300.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité.

La vérification opérée depuis, en lien avec le fisc, se fait sous le contrôle de la HATVP, ce qui est une garantie d’indépendance. Auparavant, le contrôle, informel, était sous la responsabilité du ministre du Budget. C’est ce contrôle qui avait entraîné en septembre 2014 la démission de Thomas Thévenoud, qui venait d’être nommé secrétaire d’État, pour n’avoir pas déclaré ses revenus, ou en retard. Sa condamnation pour fraude fiscale à un an de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité est devenue définitive en septembre 2019, après le rejet de son ultime pourvoi devant la Cour de cassation.

4 - Une déclaration de patrimoine

Les nouveaux membres du gouvernement doivent en outre transmettre à la HATVP . Si l’un d’eux détient des portefeuilles d’actions ou autres instruments financiers, il doit en confier la gestion à un mandataire, auquel il ne peut donner d’ordre pendant la durée de ses fonctions pour éviter tout délit d’initié, en vertu des mêmes lois transparence.

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