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Municipales : le second tour aura-t-il lieu en juin ?

Le second tour des municipales pourrait finalement bien avoir lieu au mois de juin... ou au plus tard en janvier 2021.

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Municipales : le second tour aura-t-il lieu en juin ? Crédit Image : JEFF PACHOUD / AFP | Crédit Média : Marie-Bénédicte Allaire | Durée : | Date :
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Camille Sarazin et Marie-Bénédicte Allaire

La possibilité d'organiser fin juin le second tour des élections municipales repart à la hausse avec le début du déconfinement, mais l'hypothèse d'un report reste sur la table. Face au chef de partis, le Premier ministre a affirmé que les deux options étaient encore possibles. 

Mais Édouard Philippe a assuré ce jeudi 21 mai que les élections auraient lieu au plus tard en janvier 2021, éliminant de facto les possibilités d'un scrutin à l'automne ou en mars prochain, avec les élections régionales et départementales. Un rapport doit être rendu au Parlement sur la question, vendredi ou samedi. Mais c'est l'hypothèse de juin qui tient la corde. 

Les maires candidats à leur réélection poussent pour que le scrutin se tienne "au plus vite". Une vingtaine d'entre eux ont échangé avec Emmanuel Macron, mardi 19 mai, et la date du 28 juin a même été avancée, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Cette quasi-unanimité des élus pour accélérer le mouvement tranche avec la bronca suscitée par la décision du gouvernement de maintenir le premier tour le 15 mars, en pleine crise sanitaire.

Argument numéro un des maires, en particulier des grandes villes : les nouvelles équipes municipales doivent se mettre en place pour préparer la relance économique. Les collectivités représentent 70% de l'investissement public, notamment dans le BTP, et les élus doivent pouvoir lancer de nouveaux chantiers, notamment dans les grandes villes et intercommunalités.

Quels seraient les risques ?

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L'envie d'accélérer le mouvement n'empêche pas les élus, les candidats et les électeurs de s'inquiéter des conditions sanitaires. Pour nombre d'élus, comme le maire de Lyon Gérard Collomb, la sécurité doit primer pour ne pas risquer une deuxième vague de contamination.

Quant au conseil scientifique, il ne s'est pas opposé à la tenue du second tour en juin. Il a toutefois préconisé des mesures sanitaires extrêmement strictes durant l'ensemble du processus électoral. Un avis prudent donc. 

Un fort risque d'abstention

Autre interrogation : les Français seront-ils prêts à aller voter en juin ou bien la participation risque-t-elle encore de s'effondrer, après une abstention record au premier tour ? Si les règles en matière de procurations ont été assouplies pour éviter que les personnes les plus exposées, notamment les plus âgées, ne soient contraintes de se déplacer, la procédure reste encore compliquée.

Beaucoup d'élus se mobilisent donc pour faciliter le vote. Première solution : augmenter le nombre de procurations qu'un électeur peut détenir, actuellement c'est deux, on pourrait passer à trois. Mais pour établir une procuration, il faut encore se déplacer. Certains proposent donc de dématérialiser cette démarche ou de rendre plus facile la venue d'un officier de police judiciaire à domicile. 

Certains élus proposent même de permettre, dès juin, le vote à distance, par correspondance ou internet. Il faudrait en passer par la loi, mais c'est possible. "Je pense qu'il faudrait le faire en urgence. On a su légiférer en urgence pour justement suspendre le second tour des municipales, explique Laurent Hénard, président du mouvement radical. C'est une nécessité démocratique."

Un report toujours possible

D'autres s'interrogent sur la légitimité du scrutin à l'issue d'une campagne qui aurait lieu essentiellement sur les réseaux sociaux, sans meetings et réunions publiques. Réponse des partisans d'un scrutin en juin : la campagne entre les deux tours ne dure habituellement que cinq jours et chacun a pu amplement s'exprimer avant le premier tour.

Un avantage cependant : si le vote a lieu en juin, seul le second tour devra être organisé. S'il est renvoyé à après l'automne, soit plus de six mois après la tenue du premier tour, le processus devra repartir à zéro et les deux tours devront alors être organisés dans les quelque 5.000 communes concernées. "La tenue d'un seul tour de scrutin", en juin, "plutôt que deux" tours à une date ultérieure "est de nature à réduire les risques sanitaires au sens statistique", note d'ailleurs le conseil scientifique dans son avis.

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