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Mort de Valéry Giscard d'Estaing : disparition d'un Européen convaincu

Ce mercredi 2 décembre marque la disparition d'une grande figure politique française, mais aussi européenne. Durant la majeure partie de sa vie, Valéry Giscard d'Estaing a oeuvré pour la construction de l'Union européenne.

Valéry Giscard d'Estaing au Parlement européen pour les 10 ans de l'euro, le 13 janvier 2009, à Strasbourg (archives).
Valéry Giscard d'Estaing au Parlement européen pour les 10 ans de l'euro, le 13 janvier 2009, à Strasbourg (archives).
Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP
Marie Gingault
Marie Gingault
Journaliste

Ce n'est un secret pour personne, Valéry Giscard d'Estaing, décédé mercredi 2 décembre du coronavirus, était un Européen convaincu. En effet, durant son septennat (de 1974 à 1981), l'ancien président de la République a oeuvré pour la construction européenne. 20 ans plus tard, il est revenu sur le devant de la scène, à la tête de la convention chargée d'élaborer un projet de constitution de l'Union européenne.

En mai 2005, lors du référendum, les Français avaient dit "non" à ce texte. Une déception immense pour Valéry Giscard d'Estaing, qui avait préféré l'imputer à un rejet de la politique intérieure française, plutôt qu'au projet lui-même. En juin 2016, afin de relancer l'UE après le vote au Royaume-Uni en faveur du Brexit, l'ancien président avait plaidé pour une Europe plus concentrée autour des "pays fondateurs" et de leurs "voisins qui partagent les mêmes idées".

Dans ses mémoires, Le Pouvoir et la vie, Valéry Giscard d'Estaing confie que les deux personnages politiques qui lui ont fait la plus grande impression sont Charles de Gaulle et Jean Monnet, l'un des pères fondateurs de l'Europe. Dans Les années Giscard, l'historienne Élisabeth du Réau souligne que VGE a affirmé son engagement européen dès la fin des années 60, avant même son élection à la présidence en 1974.

Une président audacieux

Lors de la campagne présidentielle, Valéry Giscard d'Estaing a prôné une relance de la construction européenne. Il a ainsi proposé l'élection du Parlement de Strasbourg au suffrage universel, ce qui se concrétisera en 1979 sous son impulsion. "Un sujet de satisfaction intense est pour moi de contribuer à la construction de l'Europe politique", avait par ailleurs écrit l'ancien président de la République dans ses mémoires.

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L'année de son élection, VGE instaura des "conseils européens" réguliers, prenant ainsi le relais des sommets de chefs d'État et de gouvernement. L'année 1979 sonne quant à elle la création du Système monétaire européen (SME) qui, 20 ans plus tard, a donné naissance à l'euro. Lors de cette même année ont eu lieu les premières élections européennes au suffrage universel. Celles-ci font partie des grandes réalisations européennes dont Valéry Giscard d'Estaing a pris l'initiative durant son septennat.

Renforcement du "couple franco-allemand"

À noter que les années 1974-1981, durant lesquelles Valéry Giscard d'Estaing était à la tête de la République française, étaient "une période particulièrement fructueuse des relations" entre la France et l'Allemagne, selon l'historien Georges-Henri Soutou.  En effet, durant son septennat, VGE coopéra étroitement avec le chancelier allemand Helmut Schmidt. C'est d'ailleurs de cette époque que date l'apparition de l'expression "couple franco-allemand".

À contrario, Valéry Giscard d'Estaing était contesté au sein de la majorité de droite, notamment par Jacques Chirac qui lança le fameux "appel de Cochin" en 1978. Ce dernier, qui trouvait l'UDF (Union pour la démocratie française) trop pro-européenne, a été jusqu'à la qualifier de "parti de l'étranger".

Mais l'amour de VGE pour l'Europe ne s'est pas arrêté à la fin de sa présidence puisque l'ancien chef d'État, député européen de 1989 à 1993, a été nommé président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, fin 2001 lorsqu'il était âgé de 76 ans. Un retour sur la scène européenne qui a fait grincer des dents certains petits pays, qui n'ont jamais vu d'un très bon oeil la prépondérance du couple franco-allemand. 

Après plus d'un an de travaux, VGE remet aux dirigeants européens un texte de compromis en 2003. Toutefois, le projet a été rejeté par référendum en 2005 en France ainsi qu'aux Pays-Bas, bloquant ainsi le processus de ratification dans l'UE.

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