4 min de lecture Élections européennes

Macron, Le Pen, Mélenchon, Wauquiez... Ce qui les attend pour les municipales

DÉCRYPTAGE - Qu'ils sortent gagnants ou perdants des élections européennes, les partis se focalisent désormais sur la prochaine échéance électorale : les municipales de 2020.

Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez
Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Comme pour la présidentielle de 2017, les élections européennes semblent avoir redessiné le paysage politique. Le Rassemblement national et La République En Marche prolongent le match du précédent scrutin. Les scores enregistrés par Les Républicains et La France insoumise ont fragilisé les leaders politiques de ces partis. Au contraire, la troisième place de Yannick Jadot, en fait une personnalité politique convoitée. 

À peine les résultats des européennes communiqués par le ministère de l'Intérieur, que les partis ont jeté toutes leurs forces dans les prochaines échéance électorales. À savoir les élections municipales qui se dérouleront en mars 2020, les sénatoriales de septembre 2020, les départementales et les régionales en 2021 et enfin la présidentielle et les législatives en 2022.

Il ne fait plus de doute qu'une élection en chasse une autre. Cap sur les municipales de 2020. Quels sont les enjeux ? 

RN : s'offrir un ancrage territorial

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Les élections municipales en 2020, puis départementales et régionales en 2021 sont "autant de marches à franchir sur la voie du redressement national", a insisté Marine Le Pen. La déroute du parti Les Républicains, qui a réalisé son score le plus bas de la Ve République (8,5%), a ouvert l'appétit chez les RN en vue des municipales. 

"Nous tendons la main à ces orphelins de Républicains qui se trouvent bien seuls aujourd'hui (...) et à tous ceux qui souhaitent tourner la page du macronisme", a déclaré dimanche le sénateur Stéphane Ravier, candidat à Marseille. Le RN apparaît aussi en position de force pour négocier localement avec son ancien allié de la présidentielle Debout la France, qui n'a réuni que 3,5% des voix. Pour autant "il n'y aura pas d'alliances avec les partis" eux-mêmes, concède un cadre du RN, en rappelant que LR prévoit d'exclure tout militant qui s'allierait avec le RN. 

L'ancien député UMP de Gironde Jean-Paul Garraud, élu à Strasbourg, s'est offusqué de cette "ligne rouge tracée par d'anciens hiérarques" de LR. "Pourquoi on n'est pas fréquentable ? Pourquoi on ne peut pas faire d'alliances électorales à un moment donné dans l'intérêt de la France?", s'est demandé le nouvel eurodéputé sur SudRadio. Le RN compte présenter un candidat dans toutes les villes de plus de 20.000 habitants, et mise sur la réélection de sa dizaine de maires sortants, dans des communes où le RN est arrivé largement en tête dimanche.  

LaREM : accumuler les voix de tous bords

Jean-Yves Le Drian, poids-lourd ex-PS du gouvernement, souhaite que la "sensibilité de gauche" soit mieux représentée et structurée au sein de la majorité présidentielle, alors que l'aile droite de cette majorité est sortie renforcée des élections européennes. 

Mais La République En Marche drague aussi l'électoral de Yannick Jadot. "Je pense que les électeurs écologistes partagent l'idée de La République En Marche que le clivage gauche/droite n'est plus pertinent, a expliqué après les élections François de Rugy le ministre de la Transition écologique et solidaire. Je pense que cette sensibilité de gauche-là ne s'est pas suffisamment exprimée et qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'attentes à cet égard".

Chez Les Républicains aussi, l'avancée de La République En Marche est redoutée. Valérie Pécresse, chef de file du mouvement Libres ! au sein de LR, a assuré que "la plupart des maires de droite ne vont pas demander l'investiture des Républicains" pour les municipales de 2020, au moment où le parti traverse une crise ouverte. 

LR : une reconstruction avant les municipales

Vainqueurs des municipales de 2014, Les Républicains joueront gros en 2020. Le refus de certains maires de la droite modérée (Christian Estrosi à Nice, Jean-Luc Moudenc à Toulouse, Arnaud Robinet à Reims...) d'endosser la liste de la majorité présidentielle aux européennes avait suscité des déceptions. 

D'autant plus que La République En Marche avait posé en préalable à toute négociation municipale l'appui à la liste, ou tout du moins l'absence de soutien à une autre liste. "Beaucoup ont été mis sous une contrainte très forte de la part de Laurent Wauquiez, de la part de leurs troupes localement", tempère la députée Marie Guévenoux, chargée à LaREM de la préparation des municipales, à l'AFP.  

Deux jours après la déroute de la liste Les Républicains aux élections européennes, Gérard Larcher a annoncé une "démarche au travers des territoires pour reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre", en vue des municipales. 

LFI : une remise en cause du leader Mélenchon ?

Éparpillée en pas moins de quatre listes (LFI, PS/Place publique, PCF, Générations), la gauche (hors écologistes), qui totalise un peu plus de 18% des voix, est la grande perdante du scrutin. 

"Ce qui est en cause" dans la déroute de La France Insoumise aux européennes, "c'est la ligne politique" du parti, a jugé la députée LFI Clémentine Autain, déplorant l'accent mis sur "le ressentiment" et le "clash" depuis deux ans. "L'état d'esprit polémique et clivant a sans doute pris le dessus sur la mise en avant de notre vision du monde et de nos propositions. Or notre famille politique prospère quand elle s'appuie sur le ressort de l'espérance et non sur celui de la haine", a affirmé l'élue insoumise de Seine-Saint-Denis dans un entretien publié sur le site internet de L'Obs

Éric Coquerel, un proche de Jean-Luc Mélenchon, a exprimé son désaccord avec la députée. "Je ne suis pas d'accord avec Clémentine Autain. Certains, dont elle, disent que la ligne a été trop populiste et dégagiste. D'autres disent qu'elle ne l'a pas été assez. Quand vous entendez ça, c'est qu'en général vous étiez calés sur le bon" curseur, a affirmé le député de la Seine-Saint-Denis sur Sud Radio. 

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DÉCRYPTAGE - Qu'ils sortent gagnants ou perdants des élections européennes, les partis se focalisent désormais sur la prochaine échéance électorale : les municipales de 2020.
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2019-05-30 07:58:00
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