3 min de lecture Yannick Jadot

Entre LaREM et le PS, Yannick Jadot, courtisé de toutes parts

DÉCRYPTAGE - Convergences, idéologie... Tous les arguments sont bons pour convaincre Yannick Jadot de former une alliance. La République En Marche, composée d'anciens membres du parti de la tête de liste EELV, et le Parti socialiste multiplient les mains tendues.

Yannick Jadot, le 26 mai 2019
Yannick Jadot, le 26 mai 2019 Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Fort de sa troisième place et de la vague verte européenne, Yannick Jadot est le grand gagnant de ces élections européennes que les sondeurs n'avaient pas anticipé. La tête de liste EELV pour le scrutin n'a pas manqué de célébrer sa victoire

Avec environ 13% des voix, sa liste est arrivée, comme en 2009, en troisième position du scrutin devant la liste de la droite Les Républicains et en damant le pion à l'ensemble des listes de gauche dont celle des mélenchonistes. Sans atteindre les 16,28% des voix obtenues par la liste Cohn-Bendit en 2009, elle dépasse largement son score des européennes de 2014 (8,95%). 

"Une réussite personnelle pour la tête de liste Yannick Jadot, qui avait pris le risque de partir seul à la bataille en refusant la main tendue à gauche et en se posant en défenseur d'une écologie authentique face aux 'opportunistes', adeptes selon lui du greenwashing (écoblanchiment)", note l'AFP

Construire un bloc de gauche

Ce résultat n'a évidemment pas échappé aux autres partis. Au Parti socialiste, on veut séduire Yannick Jadot. Le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, a estimé que "la social-démocratie doit maintenant se marier avec l'écologie politique". 

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"Ce n'est pas encore le triomphe mais c'est un chemin qui s'ouvre pour le rassemblement et ce que je crois profondément, c'est que la social-démocratie doit maintenant se marier avec l'écologie politique", a-t-il expliqué au micro de Sud Radio.

Selon lui, "la gauche aurait pu, aurait dû être hier soir la première force politique en France, elle ne l'est pas parce qu'elle est atomisée". "La leçon du scrutin, c'est qu'il y a un bloc d'extrême droite, il y a un bloc de droite qui est en fait maintenant constitué par la République En Marche et puis il y a un bloc de gauche qui n'est pas encore un bloc justement, il doit se constituer pour pouvoir être une alternative à ces deux forces-là", a-t-il indiqué.     

LaREM et EELV, même combat ?

À peine sortie de la campagne des européennes, La République En Marche a entamé une opération séduction afin de faire la main mise sur les voix écologistes. François de Rugy, ancien EELV passé sous la bannière de la majorité, a plaidé mardi 28 mai pour discuter avec les écologistes au Parlement européen, où "les écologistes responsables ont toute leur place". 

"Nous devons tendre la main aux écologistes (...) Il y a une majorité à constituer au Parlement européen, moi je suis convaincu que les écologistes responsables ont toute leur place", a-t-il indiqué sur Radio Classique. Interrogé plus spécifiquement sur Yannick Jadot, François de Rugy a estimé que "c'est à lui de répondre". "Je pense que les électeurs écologistes partagent l'idée de La République En Marche que le clivage gauche/droite n'est plus pertinent", a-t-il ajouté.

Une réserve de voix importante

Sibeth Ndiaye a aussi tendu la main, dès le lendemain des élections européennes, à Yannick Jadot pour le Parlement européen et les municipales de mars 2020. Pourquoi La République En Marche est-elle intéressée par cette réserve de voix ? Près de 30% des électeurs d'Emmanuel Macron d'avril 2017 ont voté à gauche, en faveur surtout de la liste écologiste de Yannick Jadot, selon l'Ipsos. 

Dans sa stratégie de campagne, le camp Macron espérait contenir cette fuite d'une partie de son électorat vers EELV, avec un programme aux européennes dopé à l'écologie. "Mais la percée de Yannick Jadot s'est révélée le principal point faible dans la stratégie "attrape-tout" du chef de l'État, malgré l'arrivée sur la liste d'ex-EELV comme Pascal Canfin ou Pascal Durand", note l'AFP

Accords = vieille politique ?

Et Yannick Jadot dans tout cela, qu'en pense-t-il ? La tête de liste EELV pense déjà à l'élection présidentielle de 2022. À ceux qui s'interrogent sur les possibilités d'accords entre EELV et les partis de gauche, éparpillés, il a expliqué sur France Inter qu'il ne ferait "pas demain ce qu('il) n'a pas fait pendant les dix mois" de campagne. 

"On ne va pas se mettre autour d'une table entre anciens partis du XXe siècle pour faire des accords, des machins, des trucs. Ça c'est la vieille politique. Il va falloir penser valeurs, projets, et rassembler, rassembler, rassembler", a-t-il martelé : "On doit gagner les prochaines élections", "construire une alternative crédible pour conquérir le pouvoir et l'exercer". 

Cela dit, il va "évidemment falloir dépasser Europe Écologie-Les Verts, construire un grand mouvement de l'écologie politique beaucoup plus large, ouvert, crédible, enthousiasmant", a-t-il reconnu, imaginant son parti "s'imposer comme le 3e pilier qui organise la politique" face aux piliers "populistes" et "du vieux monde assez libéral et technocratique". 

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