2 min de lecture Gérald Darmanin

Macron-Castex : comment Darmanin s'est retrouvé au cœur de leur première "bataille"

DÉCRYPTAGE - En s'imposant à l'Intérieur, Gérald Darmanin a provoqué une première "bataille" politique entre Emmanuel Macron et Jean Castex. Le premier préférant y nommer un de ses proches, Jean-Michel Blanquer.

Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale, le 8 juillet 2020
Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale, le 8 juillet 2020 Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Le président de la République nomme sur proposition du premier ministre". À elle toute seule, cette phrase résume les tensions qui peuvent survenir au sein du duo exécutif pour composer un nouveau gouvernement. Emmanuel Macron et Jean Castex ont déjà pu expérimenter les tractations qui se jouent pour chaque nomination. 

Le poste-clé du ministère de l'Intérieur a fait l'objet de divergences entre le président et nouveau premier ministre. Le premier aurait souhaité y placer le fidèle Jean-Michel Blanquer, tandis que le second poussait pour Gérald Darmanin. C'est finalement le maire de Tourcoing qui a obtenu la tête de la place Beauvau. Pourtant, tout était lancé chez le ministre de l'Éducation "qui avait commencé à constituer son cabinet de chef de la police", raconte Le Canard Enchaîné.

Mais Emmanuel Macron avait face à lui Jean Castex, son directeur de cabinet Nicolas Revel et le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kholer qui plaidaient pour Gérald Darmanin. "Une concession de taille", estime Le Canard Enchaîné qui ajoute que cette "bataille" aurait été à l'origine des retards dans l'annonce du gouvernement Castex I. 

Changements en cascade après le coup de pression de Darmanin

Selon Le Point, Gérald Darmanin aurait mis dans la balance sa démission du gouvernement pour obtenir, le tant convoité, ministère de l'Intérieur. Alors que le remaniement était bouclé à "80%" et que la place Beauvau était assurée pour Jean-Michel Blanquer, le maire de Tourcoing a joué le tout pour le tout. "C'est Beauvau ou je rentre à Tourcoing. Voilà, peu ou prou, les propos qu'il a tenus au président de la République et au premier ministre", raconte un proche de Macron à l'hebdomadaire.

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Le choix de Darmanin pour l'Intérieur va provoquer une réaction en chaîne et une multitude de changements pour le changement de gouvernement. "Le caprice de Darmanin empêche la promotion de Blanquer, envoie Denormandie à l'Agriculture et coince Fesneau aux Relations avec le Parlement", retrace un poids lourd du MoDem. 

Outre Jean-Michel Blanquer, le plus atteint par cette décision semble être François Bayrou. Le maire de Pau qui ne manque jamais de rappeler sa proximité avec le président de la République, est ravi de l'option Blanquer pour l'Intérieur. Une idée "formidable", disait-il à un proche. Et quand il apprend qu'il n'en sera rien... "C'est le signe qu'Emmanuel Macron a écouté Nicolas Sarkozy plutôt que lui", renchérit-on dans Le Point.  

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