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Grève du 5 décembre : Le Pen, Mélenchon, Martinez... Qui va manifester contre les retraites ?

ÉCLAIRAGE - Entre soutien aux manifestants et participation aux rassemblements, comment s'organisent les partis politiques à deux jours de la grève RATP et SNCF du 5 décembre contre la réforme des retraites ?

Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Martinez et Laurent Berger
Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Martinez et Laurent Berger Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Jeudi noir dans les transports. Tandis que la grève RATP et SNCF débutera le 5 décembre, des manifestations sont aussi prévues dans plusieurs villes de France. L'occasion pour l'opposition d'organiser sa riposte contre le gouvernement et son projet de réforme des retraites. Cependant, cette position n'est pas évidente pour tous les partis. Si certains soutiennent les manifestants comme le Rassemblement national, d'autres n'appellent pas à battre le pavé comme Les Républicains

Dispersion aussi du côté des syndicats. Quant aux institutions, l'Assemblée nationale ne devrait pas siéger le jour de la mobilisation. Le président Richard Ferrand étant favorable à une demande de report du groupe PS, qui devait présenter ses propositions ce jour-là. 

Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, les Français se disent très largement favorables à une réforme du système de retraites (76%), mais sont seulement 36% à faire confiance au gouvernement pour la mener. Le mouvement du 5 décembre obtient le soutien ou la sympathie de 46% des sondés, tandis que 33% y sont opposés ou hostiles et 21% indifférents. 

Les Républicains contre la réforme

Opposés à la réforme, Les Républicains ne soutiennent pas pour autant la manifestation du 5 décembre. Lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, Gérard Larcher a critiqué le manque de clarté de la part du gouvernement sur le projet de réforme des retraites, sans pour autant appeler à la mobilisation dans les rues. 

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Damien Abad, le patron des députés Les Républicains à l'Assemblée, explique dans Les Échos, que "la droite ne soutient pas les manifestants, qui veulent que rien ne change". Mais le parti ne soutient pas non plus "le gouvernement qui ne dit pas la vérité". "Nous sommes attachés au droit de grève mais une action syndicale ne peut avoir pour objectif de paralyser l'économie", estime-t-on chez Les Républicains.

Du côté de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau souhaite créer un "droit aux transports publics garanti" pour "instaurer un service minimum garanti" en cas de grève très suivie. Une proposition qui n'emballe pas le président du Sénat. "Ces sujets doivent être abordés à froid dans un dialogue social préalable et non à chaud dans une crise", a répondu Gérard Larcher. 

Le Rassemblement national en ordre dispersé

Marine Le Pen a appelé, mardi 3 décembre, "les Français à exprimer leur désaccord" avec la réforme des retraites, dont elle réclame le "retrait" et contre laquelle plusieurs syndicats organisent jeudi une journée de grèves et de manifestations. 

"Je soutiens la grève, la mobilisation, la manifestation du 5 décembre", a insisté Marine Le Pen, qui elle-même ne manifestera pas, considérant que "ce n'est pas la place d'un dirigeant de parti politique". Plusieurs cadres du RN en revanche ont prévu de défiler avec leurs corps de métier. Pour autant, les représentants du parti ne vont pas "aller se mêler à la CGT" qui, selon Marine Le Pen, "porte une lourde responsabilité dans l'élection d'Emmanuel Macron", et a montré des "accointances avec les islamistes" en participant à la marche controversée contre l'islamophobie. 

Marine Le Pen préfère une "action par la gratuité" des transports, n'être "pas obligatoirement opposée" à un service minimum, et avoir "une pensée pour les usagers qui vont être gênés" jeudi. "Mais le sujet est trop grave. (...) Il faut qu'à un moment donné le gouvernement entende, voit de ses yeux que les Français sont opposés" à cette réforme. La cheffe du RN réclame le "retrait" de la réforme et propose d'organiser "un référendum". 

Philippe Martinez manifestera à Paris

Du coté des syndicats, la grève et la mobilisation du 5 décembre sont cruciales. Affaiblis et ignorés lors des manifestations des "gilets jaunes". Largement ignorés par l'exécutif, qui n'a jamais caché qu'il fallait remettre à leur juste place les corps intermédiaires, les syndicats sont à la peine depuis plusieurs années et n'influent guère. 

Seule organisation favorable depuis des années à un régime de retraite universel par points, la CFDT se trouve aussi face à un enjeu. La confédération n'appelle pas à la grève mais sa fédération de cheminots a déposé un préavis "pour peser dans le rapport de force", a expliqué Laurent Berger. Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, les leaders syndicaux expliquent en coulisses que seul le sujet des retraites - inscrit au programme de Macron - pourrait mobiliser les Français. "Je préférerais que les choses soient claires d'ici le 5 (décembre), notamment concernant un certain nombre de régimes particuliers qui s'inquiètent. Il faut que le gouvernement apaise, il a une part de responsabilité", a estimé le responsable du premier syndicat français.

En revanche, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a annoncé qu'il manifestera à Paris. "Il y aura plus d'une centaine de manifestations dans le pays", a-t-il lancé au Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI

La gauche unanimement mobilisée

La gauche, elle, se mobilise fortement le 5 décembre. Olivier Faure, le chef du Parti socialiste, sera présent. Le Conseil national du PS a d'ailleurs appelé à l'unanimité ses sympathisants à participer à la manifestation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites.

Mobilisation aussi prévue dans les rangs de la France insoumise. Le mouvement se dit même "au service de la réussite du mouvement social", dans un communiqué de presse. Jean-Luc Mélenchon manifestera à Marseille. Le député des Bouches-du-Rhône s'est prononcé pour "un 5 à 7" contre la réforme des retraites, une mobilisation du jeudi 5 au samedi 7 décembre, pour "battre le fer tant qu'il est chaud"

Les Verts, eux, appellent eux aussi leurs militants à se joindre à la mobilisation. Ils dénoncent la logique du gouvernement qui serait, selon le secrétaire national David Cormand, d'"opposer les plus fragiles entre eux". Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste a confirmé sa présence "dans la rue" aux côtés des syndicats. "Le gouvernement sous-estime la colère profonde qui monte dans le pays", a-t-il déclaré jeudi 21 novembre sur RMC.

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