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Grève du 5 décembre : comment le gouvernement s'y prépare

DÉCRYPTAGE - Éléments de langage, réunion de préparation et déclarations dans le médias... L'exécutif se prépare à la grève du 5 décembre et à son prolongement dans les jours qui suivent.

Édouard Philippe et Emmanuel Macron à l'Élysée, le 30 octobre 2017
Édouard Philippe et Emmanuel Macron à l'Élysée, le 30 octobre 2017 Crédit : AFP / Ludovic Marin
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un bras de fer. À trois jours de la grève RATP et SNCF contre le projet de réforme des retraites, le gouvernement se prépare à un face à face tendu avec les syndicats. Un moment charnière pour l'exécutif qui intervient un an après le début de la crise des "gilets jaunes". 

Emmanuel Macron et Édouard Philippe s'attendent ainsi à un mouvement de grève massif et potentiellement reconductible. Une grève qui refait planer le souvenir du blocage du pays de 1995, lorsque le premier ministre Alain Juppé avait reculé sur la réforme des retraites engagée, sous la pression de la rue.

Autre point sur lequel le gouvernement reste attentif : l'étendue de la mobilisation. La crise peut-elle s'étendre à d'autres corps de métier comme les infirmiers, les policiers, les pompiers, les enseignants... Le mouvement de grève s'annonce également fort à EDF, dans les universités, la Justice. Autant d'inconnues auxquelles l'exécutif se prépare avec une stratégie fondée sur trois axes : le fond de la réforme, la communication gouvernementale et l'opinion publique. 

S'accorder sur les éléments de langage

Accorder les violons. C'était l'objectif de la réunion du dimanche 1er décembre à Matignon. Édouard Philippe a convoqué la totalité des membres du gouvernement. "L'objectif de cette réunion, c'est de pouvoir discuter avec l'ensemble des membres du gouvernement, rappeler les fondements de la réforme, voir comment on peut encore l'améliorer. C'est aussi d'essayer d'accompagner les Français dans cette période de discussion", a souligné le premier ministre.

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Pour ce séminaire dominical, les ministres sont arrivés en ordre dispersé et en tenue décontractée, à l'image de Christophe Castaner ou Sibeth Ndiaye, en jeans et baskets. La réunion est destinée à peaufiner les éléments de langage et passer en revue les différentes mesures pour tenter de faire face à un jeudi noir.

Difficile de savoir précisément ce qui s'est dit lors de cette réunion. Invité à l'antenne de RTL lundi 2 décembre, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer est resté évasif sur le contenu de cette réunion. C'était "très utile", a-t-il indiqué en précisant les lignes fixés par le couple exécutif sur la réforme des retraites : une "retraite plus équitable et plus simple", sans diminution du montant des pensions et sans hausse des cotisations.

Maintenir la réforme

Ne pas reculer. En parallèle des réunions avec les syndicats, le gouvernement assure dans les médias qu'il compte bien maintenir la réforme des retraites. "Nous n'échouerons pas, la réforme se fera", a déclaré le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin dans un entretien au Journal du Dimanche.

Stanislas Guerini, délégué général de La République En Marche, dénonce la volonté de l'opposition d'attiser "toutes les colères", à l'approche de la journée de mobilisation le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites. 

Un projet dont l'opposition pointe pour sa part l'opacité en l'absence d'un vrai dialogue. 
"C'est quand même historique ce qui se passe : le RN sera au côté du PS pour manifester, là où la CFDT n'appelle pas à la manifestation", s'est offusqué le patron de LaREM dans l'émission Dimanche en politique sur France 3, évoquant ensuite sur Twitter "un mur (qui) va tomber". 

Du côté de l'opinion publique

Le gouvernement craint surtout que la mobilisation s'étende au-delà de quelques catégories et vire à la crise sociale d'ampleur. Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, 76% des Français se disent très largement favorables à une réforme du système de retraites, mais ils sont seulement 36% à faire confiance au gouvernement pour la mener. Le mouvement du 5 décembre obtient le soutien ou la sympathie de 46% des sondés, tandis que 33% y sont opposés ou hostiles et 21% indifférents.

Le gouvernement d'Édouard Philippe veut donc ainsi se placer du côté de l'utilisation et du citoyens français. Organisation des transports, accueil du public dans les écoles et les hôpitaux, télétravail... Une réunion, cette fois-ci organisée vendredi 29 novembre, a permis aux gouvernement de "passer en revue l'ensemble des plans de continuité des services publics et de faire un examen des enjeux d'ordre public", a indiqué Matignon dans un communiqué.

Le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari a mis en place un plan pour faciliter la circulation : "Nous préparons bien sûr le plan de transports pour le 5, le 6, le 7, le 8, bref les jours possibles de grève, de manière à faciliter le transport des Français, et nous serons très vigilants sur les aspects d'ordre public". Selon les premières informations, les lignes automatiques 1 et 14 du métro à Paris devraient circuler. Le gouvernement est aussi en pleine négociation avec des sociétés de VTC "pour qu'elles n'appliquent pas de majoration, ou pas trop fortes pendant la grève", précise BFMTV.

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