1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Front national : trop fidèle à Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch invité par le parti à démissionner
4 min de lecture

Front national : trop fidèle à Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch invité par le parti à démissionner

Dimanche 1er mai, celui qui constitue un caillou dans la chaussure de Marine Le Pen s'est rangé du côté du Menhir. Un choix qui ne plait pas au FN.

Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen le 17 novembre 2013.
Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen le 17 novembre 2013.
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin

Lundi 2 mai au matin, le bureau politique du Front national a adopté une motion demandant au député européen frontiste Bruno Gollnisch de quitter ses fonctions au bureau exécutif et au bureau politique du parti. La plupart des cadres du FN lui reprochent sa présence, dimanche 1er mai, au côté de Jean-Marie Le Pen, tandis que, deux jours plus tôt, Marine Le Pen avait menacé d'exclusion les frontistes désireux d'assister à la cérémonie organisée par son père, place des Pyramides, à Paris.

La présence de Bruno Gollnisch sur l'estrade, dimanche 1er mai, au côté de Jean-Marie Le Pen, n'est pas passée inaperçue. Il en va de même pour la vice-présidente en charges des questions sociales, Marie-Christine Arnautu. "Une motion a été adoptée par le bureau politique pour demander leur démission, avec 3 votes contre et 4 abstentions", a indiqué en conséquence un dirigeant du parti à l'issue du bureau politique. Bruno Gollnisch avait pourtant affirmé, au départ, qu'il ne pourrait se rendre ni à l'une, ni à l'autre des manifestations du 1er mai.

Bruno Gollnisch, Marine Le Pen, des affronts historiques

Interrogé la veille par un journaliste du site RT tandis qu'il se trouvait place des Pyramides, Bruno Gollnisch expliquait, confiant, qu'il assistait au rassemblement de Jean-Marie Le Pen "par amitié personnelle, par affinité politique également". "Apparemment, cela pose quelques problèmes, avait-il toutefois remarqué. Je pense qu'on est entre gens trop intelligents pour vouloir exclure parce que l'on dépose une gerbe à Jeanne d'Arc et que l'on écoute un discours politique intéressant".
Le Front national incarné par Marine Le Pen ne l'entend pas de cette oreille. Plusieurs cadres du parti, à l'instar du vice-président du FN Florian Philippot, ce lundi 2 mai dans le studio de RTL, ou du secrétaire général Nicolas Bay, ont dénoncé un "acte hostile" à la politique du Front national et de sa présidente Marine Le Pen.

À l'approche du bureau politique du Front national tenu ce lundi matin, ces derniers réclamaient la démission de Bruno Gollnisch, mais également celle de Marie-Christine Arnautu, également présente dans les rangs de Jean-Marie Le Pen la veille au matin.

À lire aussi

Marine Le Pen cherche depuis des années à faire le ménage dans le parti et Bruno Gollnisch est de ceux qui, depuis trop longtemps déjà, dérangent. En 2002, il dirige la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, qui se qualifie pour le second tour, et rencontre alors le succès auprès des adhérents frontistes. À l'issue de sa victoire au comité central du parti en 2007, devant Marine Le Pen, Bruno Gollnisch est nommé vice-président exécutif du parti par Jean-Marie Le Pen, aux côtés de... Marine Le Pen, qui occupe le même poste que lui. La concurrence entre les deux est alors prégnante.

En juillet 2008, Bruno Gollnisch annonce sa candidature à la présidence du FN. Il se heurte alors, une nouvelle fois, à Marine Le Pen. Il perd le scrutin interne avec 32,35 % des suffrages contre 67,65 % pour Marine Le Pen, qui avait reçu le soutien de son père. Si Bruno Gollnisch se plie au jeu électoral, il refuse d'occuper la fonction de premier vice-président proposée par la gagnante ainsi que d'intégrer le bureau exécutif du parti.

Le Pen ou Le Pen, il faut choisir

Selon des informations recueillies par RTL le 29 avril, le FN avait prévu d'espionner, dimanche 1er mai, le rassemblement organisé par Le Pen père, à l'emplacement historique de l'événement, place des Pyramides, à Paris. Le message lancé était limpide : les adhérents frontistes, qu'ils soient élus locaux ou simples secrétaires de circonscription, n'ont pas leur place chez Jean-Marie Le Pen.

Tandis qu'elle prône une "France apaisée", la cheffe du FN ne tolère plus de voir ses militants bras dessus, bras dessous avec des groupuscules extrémistes, voire négationnistes, qui seraient venus, selon leurs dires, applaudir Jean-Marie Le Pen. Marie-Christine Arnautu, vice-présidente en charge des questions sociales, était aussi sur place au côté de Jean-Marie Le Pen le dimanche 1er mai. Inquiétée par le FN au même titre que Bruno Gollnisch, cette présence place des Pyramides était, selon elle "un signe d'affection, pas un signal politique". Si cette dernière a refusé l'idée d'exclusion du parti, Bruno Gollnisch a, lui, affirmé qu'il réfléchissait à cette demande et exprimerait, "sans doute la semaine prochaine", sa décision. Une décision qui pourrait le rapprocher à nouveau du cofondateur historique du Front national.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/