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Castex : "Notre première ambition immense sera de ressouder la France"

MINUTE PAR MINUTE - Le premier ministre était attendu au tournant par les oppositions. Après l'interview de Macron, Castex a tracé devant l'Assemblée nationale la feuille de route du gouvernement pour les prochains mois.

Jean Castex, le 15 juillet 2020 à l'Assemblée nationale
Jean Castex, le 15 juillet 2020 à l'Assemblée nationale Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

En renouant avec l'interview télévisée du 14-Juillet, Emmanuel Macron a évoqué plusieurs mesures, en laissant à Jean Castex le soin d'aborder les détails. "C'est un rendez-vous avec soi-même, il faut sentir le pays, à la fois s'inscrire dans les orientations du chef de l'État et puis avoir conscience qu'il faut faire des choses précises et concrètes parce qu'on a 600 jours" d'ici la fin du quinquennat, a indiqué le premier ministre au Figaro

Jean Castex était attendu au tournant, au sein même de la majorité. "Le groupe LaREM est fortement en attente d'une plus grande association avec l'exécutif sur les priorités et les textes qui viendront", confie un député à l'AFP.  

Lors d'une réunion interne qui a eu lieu ce mercredi 15 juillet, plusieurs élus ont exprimé "à mi-mot" leur déception après l'intervention du chef de l'État, "sans grandes annonces", certains n'ayant pas "retrouvé" l'Emmanuel Macron du début du quinquennat, ont rapporté plusieurs participants à l'AFP. 

Ce qu'il faut retenir du discours de Castex

>Le chômage
Jean Castex a déclaré que la lutte contre le chômage et la préservation de l'emploi seraient "la priorité absolue du gouvernement pour les 18 prochains mois". "La première urgence" concerne les jeunes qui sont "les premiers touchés par la crise". Ainsi, un plan jeunesse "sera(it) discuté vendredi avec les partenaires sociaux".  

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Le chef du gouvernement a précisé que le dispositif d'exonérations de cotisations sociales pour favoriser l'emploi des "jeunes de moins de 25 ans" serait "à hauteur de 4.000 euros par an". Cette exonération de cotisations sociales sera valable dans "toutes les entreprises" et "pour une durée d'au moins un an", a-t-il précisé.

Un nouveau dispositif de chômage partiel de longue durée, qui permet d'indemniser les salariés à 84% du salaire net avec un reste à charge de 15% pour les entreprises pour une durée maximale de deux ans, sous condition d'un accord collectif majoritaire ou de branche, est entré en vigueur le 1er juillet. En parallèle est maintenu un dispositif de chômage partiel classique, qui a été redéfini et changera au 1er octobre.  

>La réforme des retraites
Le premier ministre a jugé mercredi "nécessaire" de mettre en oeuvre la réforme des retraites universelle par points voulue par Emmanuel Macron, mais en la distinguant "très clairement de toute mesure financière, appelée parfois paramétrique". 

"En matière de retraites, la crise nous invite plus que jamais à poursuivre nos objectifs vers un système plus juste et plus équitable (...) passant par la création d'un régime universel", a déclaré le chef du gouvernement dans son discours de politique générale. "Cela implique clairement la disparition à terme des régimes spéciaux tout en prenant pleinement en considération la situation des bénéficiaires actuels de ces régimes", a-t-il poursuivi.

>6 milliards d'euros d'investissement dans le système de santé
Le chef du gouvernement a annoncé un plan d'investissement de six milliards d'euros dans le système de santé, venant s'ajouter aux 13 milliards d'euros de reprise de la dette hospitalière d'ores et déjà prévu par le gouvernement. 

Ces "six milliards (d'euros) de soutien supplémentaire en investissement" viendront s'ajouter aux 8,1 milliards d'euros déjà annoncés pour améliorer la rémunération des personnels hospitaliers dans le cadre du "Ségur de la santé", a précisé Jean Castex dans son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. 

"Notre système de santé a été rudement mis à l'épreuve au cours de la crise (due au Covid-19) et justifie aujourd'hui" cet "investissement inédit", a estimé le chef du gouvernement. 
"L'objectif est de donner davantage de souplesse aux établissements, d'intégrer la qualité des soins dans les règles de financement des hôpitaux et des médecins de ville" et "de mettre l'accent sur la prévention", a-t-il poursuivi.  

>20 milliards d'euros pour l'environnement
"Faire de l'économie française la plus décarbonée d'Europe" : la formule s'est voulue slogan. Jean Castex, qui a égrainé les mesures d'un plan de relance "accélérateur puissant de la transition écologique". 

Le chef du gouvernement a proposé de mobiliser "plus de 20 milliards d'euros pour la rénovation thermique des bâtiments, pour réduire les émissions des transports et de nos industries, pour produire une alimentation plus locale et durable, pour soutenir les technologies vertes de demain comme les batteries, pour mieux recycler et moins gaspiller". 

Dans le détail, le premier ministre a affirmé qu'il prévoira "un plan vélo très ambitieux" et "contractualisé" avec les collectivités, ajoutant que d'ici à la fin 2021, tous les territoires devront être dotés de "contrats de développement écologiques". 

>Lutter contre l'islamisme radical
Le premier ministre a insisté sur "le pacte républicain", en soulignant la "préoccupation majeure" du gouvernement de lutter contre l'islamisme radical. Un projet de loi de "lutte contre les séparatismes" doit être présenté à la rentrée. 

"La République, c'est la laïcité comme valeur cardinale, comme fer de lance de la cohésion de la société. Aucune religion, aucun courant de pensée, aucun groupe constitué ne peut s'approprier l'espace public et s'en prendre aux lois de la République", a déclaré le chef du gouvernement. 

Retrouvez le live de sa prise de parole à l'Assemblée

16h - Jean Castex explique souhaiter la création des "juges de proximité" pour réprimer "les incivilités du quotidien".

"Dans beaucoup de territoires, la petite délinquance, les petites incivilités, le tag, l'insulte, le petit trafic (...) se sont développés au point de gâcher la vie quotidienne des gens. Ils se sont développés car, faute de réponse judiciaire, une forme d'impunité s'est installée", a justifié le Premier ministre. 

15h57 - Le premier ministre promet "une réponse ferme" aux "minorités ultra violentes" et à "la délinquance du quotidien".

"Les violences commises dans les quartiers des Grésilles et de Chenôve à Dijon, l'attaque ignoble contre un chauffeur de bus à Bayonne, les guet-apens tendus aux représentants des forces de l'ordre et à nos pompiers dans certains quartiers, les trafics en bas des cages d'escaliers, la banalisation de la délinquance du quotidien sont autant de faits inacceptables qui exaspèrent les Français. Ils appellent une réponse de l'État ferme et sans complaisance", a déclaré Jean Castex devant les députés. 

15h53 - Pour Jean Castex, la lutte contre l'islamisme radical demeure "une préoccupation majeure" du gouvernement. Le premier ministre annonce un projet de loi "contre les séparatismes", prévu à la rentrée. Il s'agira avec ce texte d'"éviter que certains groupes ne se referment autour d'appartenances ethniques ou religieuses", déclare le premier ministre en mettant en avant sa volonté de pratiquer une laïcité "avec intransigeance". 

"Aucune religion, aucun courant de pensée ne peut s'approprier l'espace public et s'en prendre aux lois de la République. Il faut nommer les choses telles qu'elles sont : lutter contre l'islamisme radical sous toutes ses formes demeure l'une de nos préoccupations majeures", déclare-t-il.

15h50 - Sur l'épineux sujet de la réforme des retraites, Jean Castex juge "nécessaire" de mettre en oeuvre la réforme des retraites universelle par points voulue par Emmanuel Macron, mais en la distinguant "très clairement de toute mesure financière, appelée parfois paramétrique". 

"En matière de retraites, la crise nous invite plus que jamais à poursuivre nos objectifs vers un système plus juste et plus équitable (...) Cela implique clairement la disparition à terme des régimes spéciaux", a-t-il ajouté.

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15h48 - Le plan de relance prévoira "un plan vélo très ambitieux" et "contractualisé" avec les collectivités, ajoutant que d'ici la fin 2021, tous les territoires devront être dotés de "contrats de développement écologiques".  

"Le plan de relance prévoira des montants significatifs et inégalés en faveur d'un plan vélo très ambitieux et contractualisé avec les collectivités territoriales", a affirmé le chef du gouvernement dans sa déclaration de politique générale, ajoutant que "d'ici la fin de 2021, nous souhaitons que tous les territoires (...) soient dotés de contrats de développement écologiques". 

Le premier ministre annonce un plan d'investissement de six milliards d'euros dans le système de santé, venant s'ajouter aux 13 milliards d'euros de reprise de la dette hospitalière d'ores et déjà prévu par le gouvernement. 

"L'objectif est de donner davantage de souplesse aux établissements, d'intégrer la qualité des soins dans les règles de financement des hôpitaux et des médecins de ville" et "de mettre l'accent sur la prévention", a précisé le chef du gouvernement

15h44 - Autre annonce faite par le premier ministre : la "revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire". 

15h41 - Lors de l'entretien du 14-Juillet, Emmanuel Macron a appelé à une "modération des dividendes" de la part des entreprises ayant demandé à leurs employés de diminuer leurs salaires. 

Jean Castex précise, ce mercredi, qu'"une stricte modération dans la distribution des dividendes". "Les entreprises qui bénéficieront d'aides au titre de ce plan ou qui s'inscriront dans le cadre de l'activité partielle de longue durée seront invités à une stricte modération dans la distribution des dividendes", déclare le premier ministre. 

15h35 - Jean Castex enclenche le tournant écologique annoncé par Emmanuel Macron. "Ce gouvernement veut gagner la bataille pour le climat, la protection de la nature et la biodiversité", lance-t-il aux députés. 

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Avant de poursuivre : "L'écologie n'est pas l'apanage d'une génération, d'une classe sociale, des quartiers de certaines villes ou d'un parti. L'écologie, c'est notre affaire à tous (...) Elle doit être créatrice de richesse. Je crois en la croissance écologique, pas à la décroissance verte". 

Le premier ministre affirme croire "en la croissance écologique" mais "pas à la décroissance verte". "Nos entreprises doivent évoluer, et les investissements massifs du pacte productif vont les y aider". "A nous de concilier transition écologique et pouvoir d'achat", a-t-il ajouté, rappelant que les travaux allaient commencer pour mettre en oeuvre les propositions de la Convention citoyenne pour le climat. 

Jean Castex précise dans la foulée que ce plan comportera "20 milliards d'euros à la rénovation thermique des bâtiments". "Nous pouvons redevenir une grande nation industrielle par l'écologie. Mais la transition écologique interroge aussi le quotidien de chaque citoyen, sa façon de consommer, de se déplacer, de se loger (...) À nous de concilier transition écologique et pouvoir d'achat", ajoute-t-il.

Quelques instants plus tôt, Jean Castex a aussi annoncé "40 milliards d'euros" accordés au plan de relance de l'industrie.

Afin de lutter l'artificialisation des sols "et promouvoir les circuits courts et les petits commerces", Jean Castex annonce "un moratoire pour l'installation de nouveaux projets de centres commerciaux dans les zones périphériques". "Nous régulerons la publicité pour réduire les incitations à la surconsommation des produits polluants", poursuit le chef du gouvernement. 

15h33 - Le premier ministre évoque à présent "le plan de rénovation urbaine" qui vise "à restaurer la République dans les quartiers" et "permettre l'émancipation de leurs habitants". "D'ici à la fin de l'année prochaine, il faut que les travaux aient effectivement démarré dans 300 des 450 quartiers concernés".

15h26 - Pour Jean Castex évoque la loi de programmation annuelle de la recherche. Elle sera présentée au Conseil des ministres dès la semaine prochaine "et permettra un réinvestissement massif de 25 milliards d'euros dans la recherche publique pour les dix prochaines années". 

Le chef du gouvernement annonce que "dès la rentrée, les repas dans les restaurants universitaires seront à 1 euro pour les étudiants boursiers", contre 3,30 euros actuellement.

15h24 - "Cette confiance dans les territoires suppose que le droit à la différenciation soit consacré dans une loi organique. Elle passe également, comme l'a indiqué le président de la République, par une nouvelle étape de la décentralisation".

"Nous avons progressivement perdu notre capacité à nous projeter dans le long terme, à planifier une politique économique, à identifier les gisements de croissance future, à définir une perspective. C'est la raison pour laquelle le président de la République souhaite la création rapide d'un commissariat général au plan qui aura pour mission d'incarner et d'animer une telle politique".

15h21 - Jean Castex a déclaré que la préparation, face à une reprise possible de l'épidémie du coronavirus, "passe nécessairement par le développement du port du masque et une intensification de notre politique de dépistage". 

"Ce que nous devons par-dessus tout éviter, c'est un retour à des formes strictes et larges de confinement, dont nous connaissons désormais le coût", a ajouté le chef du gouvernement lors de sa déclaration de politique générale. 

Jean Castex veut faire de la lutte contre le chômage "la priorité absolue des 18 prochains mois". Il a précisé que "la première urgence" sera les jeunes, "les premiers touchés par la crise" et qu'un plan jeunesse "sera discuté vendredi avec les partenaires sociaux". L'État aidera "avec un dispositif exceptionnel de réduction du coût du travail, à hauteur de 4.000 euros par an, pour les jeunes de moins de 25 ans, jusqu'à 1,6 SMIC, dans toutes les entreprises et pour une durée d'au moins un an". 

15h13 - "La France, c'est celle des citoyens qui aspirent de plus en plus à participer sous des formes nouvelles. Nous devons en tenir compte, comme le président de la République l'a fait avec la Convention citoyenne pour le climat", déclare Jean Castex.

"La France, c'est aussi celle des forces vives et des partenaires sociaux : le dialogue, l'écoute, la recherche du compromis... Voilà les leviers d'un compromis apaisé (...) Vendredi, je réunirai à Matignon l'ensemble des partenaires sociaux pour définir un calendrier sur l'ensemble des sujets qui sont sur la table à commencer par le plan de relance de l'économie", ajoute-t-il



15h07 - "Il y a beaucoup de France qui se sentent loin et laissées pour compte, lance le premier ministre. Ce sera notre première ambition immense : ressouder ces France si différentes, les réconcilier".

"Je suis comme simple citoyen, comme maire depuis douze ans, engagé au service des autres. Je sais qu'il existe une France qui ne dit rien mais qui n'en pense pas moins (...) Une France de la raison que nous devons écouter et mieux considérer", ajoute le premier ministre.

15h05 - Le premier ministre adresse un message à son prédécesseur. "Je veux rendre hommage au travail d'Édouard Philippe et de son gouvernement. L'histoire se souviendra des réformes ambitieuses qu'il a menées avec le soutien sans faille de la majorité que je salue", déclare-t-il sous les applaudissements des députés LaREM.

Et d'ajouter : "L'histoire retiendra aussi le courage et le sang froid avec lesquels Édouard Philippe a affronté la crise". "La crise a souligné les faiblesses de notre économie: un appareil productif incapable de pourvoir à nos besoins en biens et ressources stratégiques. Nous avons atteint un niveau de dépendance qui n'est pas raisonnable".

"La France, c'est la République. Et celle-ci aussi se trouve aujourd'hui ébranlée dans ses fondements par la coalition de ses ennemis: terroristes, extrémistes, complotistes, séparatistes, communautaristes", poursuit Jean Castex

15h02 - Jean Castex prend la parole et adresse "une pensée pour celles et ceux qui ont été frappés par la maladie et ceux qui ont perdu un proche". Le premier ministre a aussi "salué l'action de ceux qui se sont mobilisés et se sont battus sans relâche". 

"La meilleure façon de nous préparer à une reprise possible de l'épidémie est de renforcer nos actions de prévention avec le développement du port du masque et une intensification de la politique de dépistage", déclare-t-il devant les députés, en précisant vouloir "éviter le recours au confinement général".

L'ancien "monsieur déconfinement" affirme que "face à la crise nous avons tenu bon collectivement". 

14h59 - Le président de l'Assemblée, Richard Ferrand, ouvre la séance.

14h53 - La gauche ne va pas accorder sa confiance au gouvernement Castex. "Il n'y a aucun risque que je soutienne un gouvernement qui continue dans une forme de déni et qui ne comprend pas ce que vivent les Français", a déclaré le numéro un du PS Olivier Faure. 

Selon le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, "Emmanuel Macron croit qu'il peut refaire en 600 jours ce qu'il a d'abord détruit" et "qu'il suffit de s'autoflageller pour le faire oublier". 

À droite aussi, ce sera un vote contre. "On ne peut pas faire confiance a priori à un gouvernement dont les trois quarts sont les mêmes, avec un chemin qui est inchangé", cingle le patron des députés LR Damien Abad. 

14h42 - Édouard Philippe avait recueilli 370 votes favorables en juillet 2017 pour sa première déclaration de politique générale, puis 363 en juin 2019 pour la seconde. Les votes contre avaient fortement progressé : de 67 à 163. 

14h30 - Bonjour et bienvenue dans ce live consacré à la prise de parole de Jean Castex, devant les députés à l'Assemblée nationale.

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