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ÉDITO - Scandale McKinsey : un poison lent dans la campagne d'Emmanuel Macron ?

Accusé de ne pas avoir payé d'impôts en France, le cabinet de conseil est dans la tourmente. Si le sujet infuse doucement dans la présidentielle, il est encore loin de faire la une de la campagne.

Le logo du cabinet de conseil McKinsey (Illustration)
Le logo du cabinet de conseil McKinsey (Illustration)
Crédit : DYCJ / IMAGINECHINA / IMAGINECHINA VIA AFP
Le poison McKinsey
00:03:48
Le poison McKinsey
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L'Edito Politique Olivier Bost
Olivier Bost

Un bruit de fond, un dossier pas évident, mais qui infuse chez les électeurs les plus attentifs ou les plus militants : l'affaire McKinsey. Dimanche 27 mars, journée de meetings, le sujet a été évoqué par une bonne partie des candidats à la présidentielle : face aux militants ou dans les interviews. Le sujet est là, dans cette campagne, accroché au bilan d’Emmanuel Macron. Le président-candidat a même vivement réagi, agacé par ces mises en cause.

En quelques mots, McKinsey, c’est un cabinet de conseil américain. Comme beaucoup d’autres entreprises de ce type, leurs salariés interviennent dans des entreprises privées et dans les structures de l’État. Leur offre : apporter leur expertise dans des domaines précis et suggérer des réformes, des modernisations ou des externalisations. 

Ces recours ne sont pas nouveaux, mais ils ont explosé dans le quinquennat jusqu’à atteindre - à la faveur de la crise sanitaire - 1 milliard d’euros en 2021.

Quel est le problème ?

Une commission d’enquête du Sénat a mis en lumière ce qu’elle a appelé "un phénomène tentaculaire". McKinsey est par exemple intervenu pour la mise en place de la vaccination à grande échelle. Souci, ces contrats ne donnent pas toujours lieu à un travail effectif ou sérieux.

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Dernier exemple révélé par Le Monde, durant le quinquennat, le gouvernement a dépensé auprès de plusieurs cabinets de conseil, 24 millions d’euros pour organiser des consultations citoyennes. Comme celle du Grand débat.

Plus troublant encore, des membres de McKinsey avaient participé à l’élaboration du programme d’Emmanuel Macron en 2017. Par ailleurs, pour aggraver son cas, McKinsey - qui s’en défend - n’aurait pas payé d’impôts ces 10 dernières années en France.

Emmanuel Macron assume le recours aux cabinets de conseil. Des compétences, des renforts ou un regard extérieur sont indispensables à l’État. Dans un lapsus, ce dimanche sur France 3, le Président-candidat a dit qu’il "n’était pas persuadé que, sous ce quinquennat, il y a eu moins de contrats que sous certains quinquennats". Mais pour balayer les critiques, le président-candidat a prévenu. "On a l’impression qu’il y a des combines. C’est faux, s’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal". Le tout dit un peu sur le ton de "qu’ils viennent me chercher !"

Ses adversaires politiques sont-ils virulents ?

La réponse est définitivement oui. Yannick Jadot à son meeting dimanche, a promis la fin des cabinets de consultants qui ont pensé - selon lui - la suppression des lits d’hôpitaux ou la réduction des APL. Jordan Bardella, pour le Rassemblement national, a estimé au Grand Jury RTL "que le parquet national financier devait se saisir de ce scandale d’État". 

Enfin, quand Éric Zemmour à son meeting du Trocadéro a dit qu’il ne voulait pas que l’État dilapide "votre argent dans des dépenses folles de cabinets de conseils", le public a crié : "McKinsey, McKinsey !".

Est-ce vraiment un sujet politique ?

Il y a des questions, légitimes, et Emmanuel Macron n’y répond que partiellement. Mais il y aussi tous les ingrédients pour que les amateurs de complots faciles soient servis.
Ceux qui se concentraient en 2017 sur Macron, le banquier de chez Rothschild se renouvellent en quelque sorte "avec Macron, le copain de McKinsey". Incapable de gouverner sans aide et vrai libéral : voilà la critique en fond.

Le cabinet américain est devenu un symbole qui ranime les critiques les plus anciennes contre le président sortant. C’est l’anti-macronisme qui se réinvente ou qui essaye de retrouver un élan.

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