3 min de lecture Alexandre Benalla

"Qu'ils viennent me chercher" : de qui parle Emmanuel Macron ?

Le président de la République s'est exprimé pour la première fois sur l'affaire Benalla mardi 24 juillet, devant les députés de La République en Marche.

Emmanuel Macron le 24 juillet 2018 devant les membres de La République En Marche
Emmanuel Macron le 24 juillet 2018 devant les membres de La République En Marche Crédit : Capture d'écran AFP
Camille Schmitt
Camille Schmitt
Journaliste

Après 6 jours de tempête, Emmanuel Macron s'est enfin exprimé. Mardi 24 juillet dans la soirée, à la maison de l'Amérique Latine, le chef de l'État a déclaré devant les députés LREM être "le seul responsable" dans cette affaire. Mais une phrase a davantage intrigué : "Qu'ils viennent me chercher". Sonnant comme une provocation pour beaucoup, on est en droit de se demander ce qu'Emmanuel Macron a voulu dire.  

D'autant plus que, depuis les révélations du Monde mercredi 18 juillet, les députés de l'opposition demandent à ce que le président s'explique sur l'affaire Benalla, du nom de cet ex-chargé de mission filmé en train de frapper des manifestants le 1er mai. Jean Luc Mélenchon et Benoît Hamon notamment, ont même réclamé qu'Emmanuel Macron passe devant la commission d'enquête parlementaire.

Les juges ne peuvent pas interroger le président

Emmanuel Macron n'a rien à craindre du côté de la justice. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire à l'encontre d'Alexandre Benalla. Mais dans ce cadre, le président ne peut pas être interrogé ou inquiété, même s'il se dit "le seul responsable" dans cette affaire.

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L'article 67 de la Constitution dispose que "le président de la République (...) ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction (...) être requis de témoigner non plus que faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite." En clair, on ne peut poursuivre Emmanuel Macron sur ses actes en tant que président de la République, même après la fin de son mandat.

Irresponsable devant le Parlement

Il est également peu probable qu'Emmanuel Macron ait voulu faire référence aux députés. Car le président de la République est "irresponsable" devant le Parlement, en vertu de la séparation des pouvoirs. Ce que n'a pas manqué de relever Marine Le Pen sur Twitter.

Les conditions pour qu'un chef de l'État s'exprime face au Parlement sont très strictes : il peut s'adresser au Parlement réuni en Congrès dans une déclaration, sans débat. Emmanuel Macron en a même fait un exercice annuel. Il est donc peu probable qu'Emmanuel Macron soit questionné par l'Assemblée nationale ou le Sénat.


Aucun président de la Vème République n'a d'ailleurs jamais été auditionné par une commission d'enquête parlementaire. En revanche, les autres membres de l'exécutif peuvent eux être amenés à témoigner devant la commission d'enquête. C'est dans ce cadre que Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, et Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, ont été entendus respectivement lundi 23 et mardi 24 juillet.

Une allocution devant les Français ?

Les seuls dont Emmanuel Macron pourrait parler, ce sont donc les Français. Rien ne l'oblige juridiquement à s'expliquer devant le peuple, mais il est d'usage de considérer que le président est redevable de ses actes devant ceux qui l'ont élu.


C'est pourquoi, même si les députés de la République en Marche ont salué "un chef de navire" qui a assumé ses responsabilités, l'opposition estime que son intervention de mardi 24 juillet n'est pas suffisante.

"J’aurais préféré qu’il s’adresse à la France et aux Français. Ce n’est pas devant les députés LREM, dans l’entre-soi, que le président de la République doit parler, mais devant les Français dont il tire sa légitimité", a déclaré Gérard Larcher, président LR du Sénat, au Figaro. Éric Ciotti, député LR, a lui aussi regretté que "Macron (...) préfère s’expliquer dans l’entre-soi de sa petite caste plutôt que de donner les explications qu’attendent les Français".

En attendant une potentielle allocution d'Emmanuel Macron, les auditions continuent à l'Assemblée nationale et au Sénat. Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l’IGPN, était entendue ce mercredi 25 juillet dans la matinée.

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