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ÉDITO - Retraites : Sophie Binet est dans la "surenchère syndicale" pour Alba Ventura

Pour Alba Ventura, le positionnement de Sophie Binet sur la poursuite du combat contre la réforme des retraites "est assez symptomatique d’une partie de la gauche qui ne veut pas voir la réalité et qui fait croire qu’une autre réalité est possible".

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

Crédit : JEFF PACHOUD / AFP

ÉDITO - Retraites : Sophie Binet est dans la "surenchère syndicale" pour Alba Ventura

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Alba Ventura - édité par Caroline Frühauf

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Avant la 14e journée de mobilisation contre la réforme des retraites, mardi 6 juin, Sophie Binet, leader de la CGT, a assuré que "rien n'est écrit". Mais au contraire, tout est écrit. Cette loi est adoptée, promulguée, validée par le conseil constitutionnel et les décrets ont été publiés, dimanche 4 juin.

Sophie Binet est lancée, elle ne sait plus comment s’arrêter. Mais si on va par là, quelle est la suite ? On va avoir un rendez-vous de manif par semaine ? La CGT va faire la tournée des plages cet été contre la réforme des retraites ? On va utiliser la moindre occasion pour organiser une journée de grève. Ça n’a pas de sens.

C'est vrai qu’il y a toujours une forte hostilité à la réforme des retraites. Certains sondés disent leur volonté de voir le mouvement se poursuivre. Et ça, c'est une des victoires des syndicats. Cette réforme va s’appliquer. Elle a suivi un parcours, chaotique certes, mais avec les outils de la Constitution, c’est-à-dire de manière légale. 

Dans notre démocratie, il y a des élections libres qui sont là pour sanctionner ou pas, qui permettent en tout cas à l’opinion de s’exprimer. Quelle est la suite ? Il y a deux positions : entre Sophie Binet et Laurent Berger. 

"Elle se trompe"

Laurent Berger il y a 15 jours a été très clair, il pense lui aussi que les élections sont là pour arbitrer. Il disait ceci : "On ne va pas faire des manifs à répétition. Notre sujet aujourd’hui est de se demander si on envoie dans le mur cette force populaire en lui faisant poursuivre un but difficile à atteindre, le retrait de la réforme. Ou est-ce qu’on la transforme en énergie pour mettre nos interlocuteurs sous pression et obtenir des avancées concrètes ?". Je préfère, disait-il, la 2ᵉ option. 

Laurent Berger a toujours dit qu’il respecterait la démocratie même s’il est furieux contre cette réforme et contre Emmanuel Macron. On voit qu’il y en a un qui est dans le combat syndical, Laurent Berger, puis l’autre, Sophie Binet, qui est dans la surenchère syndicale.

Ce positionnement de Sophie Binet est assez symptomatique d’une partie de la gauche qui ne veut pas voir la réalité et qui fait croire qu’une autre réalité est possible. Là, quand Sophie Binet dit que "rien n’est écrit", laissant croire qu’elle peut encore obtenir le retrait de la réforme au bout de la 14e journée de grève, à propos d’un mouvement qui a commencé le 19 janvier, elle se trompe. Et je pense qu’elle le sait.

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