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ÉDITO - Retraites : Macron 2022 a tué la réforme de Macron 2017

Emmanuel Macron a annoncé ce mardi 9 novembre que la réforme des retraites, qu'il avait enclenchée, était "suspendue", selon les termes de la Macronie. La réforme a en réalité été enterrée.

Le président français Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée, le 9 novembre 2021.
Le président français Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée, le 9 novembre 2021.
Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Emmanuel Macron n'a pas suspendu la réforme des retraites, il l'a enterrée
03:26
Emmanuel Macron n'a pas suspendu la réforme des retraites, il l'a enterrée
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Martial You - édité par Sarah Belien

C'est la grosse annonce économique et sociale d'hier. Emmanuel Macron a annoncé "suspendre" la réforme des retraites lors de son allocution ce mardi 9 novembre. Mais c'est l'histoire que nous raconte l'Élysée hier soir. En réalité, hier soir, à 20h, Macron 2022 a tué la réforme de Macron 2017 : la réforme ambitieuse, systémique, d'une retraite par point a été définitivement enterrée.

Emmanuel Macron se projette sur le prochain quinquennat pour reprendre les bases de sa réforme des retraites. Le sujet va revenir sur la table et sera un très beau thème de campagne présidentielle sur lequel les candidats peuvent proposer une vision. Emmanuel Macron l'a dit hier, on reparlera d'une réforme des retraites au début du prochain quinquennat et s'il est réélu, il considérera qu'il a la légitimité des électeurs pour mener à bien cette réforme. C'est aussi la vision très républicaine que Bruno Le Maire avait adoptée depuis la rentrée.

On connaît déjà officiellement les contours de la nouvelle réforme souhaitée par Emmanuel Macron : repousser l'âge légal de départ à la retraite, en finir avec les régimes spéciaux et accorder un minimum vieillesse de 1.000 euros.

Une réforme différente de la première ambition

Entre 2017 et fin 2019, les macronistes, accrochés à la réforme par points, parlaient de "la mère de toutes les batailles", de "révolution", de "Big Bang". Finalement, on aboutit à du "Hollande Plus", du "Réforme Touraine XXL"... On est plus dans le packaging de baril de lessive que dans la réforme sociale du XXIème siècle.

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Le paradoxe, c'est qu'on se retrouve avec des syndicats qui dansent autour du scalp de la "réforme par point", face au totem de la réforme Touraine contre laquelle il manifestaient en 2014, comme ils défilaient contre la réforme Fillon en 2003. C'est la même recette à chaque fois, on retarde l'âge du départ à la retraite.

Une volonté de s'attaquer aux régimes spéciaux.

On agite les régimes spéciaux comme un mouchoir rouge sous le nez d'un taureau camarguais, on rappelle qu'il y a 42 régimes de retraite en France et on tremble tous à l'idée que les bénéficiaires des régimes spéciaux ne bloquent le pays. C'est assez malin. Mais il y a déjà un mouvement de convergence entre l'âge de départ à la retraite des fonctionnaires et des salariés du privé.

Et il y a dans les transports la fameuse "clause du grand-père" : on n'embauche plus de jeunes au statut de cheminots par exemple. Ce sont des contrats de droits privés qui n'ouvrent pas aux fameux régimes spéciaux. Donc, l'extinction est déjà en marche. Enfin, vous avez le minimum vieillesse à 1.000 euros au lieu de 900... Bien entendu, personne ne peut être contre.

Devra-t-on travailler plus ?

En matière de retraite, travailler plus longtemps demeure le système le plus simple, et le plus facile à expliquer en s'appuyant sur la démographie. On part aujourd'hui, au même âge qu'en 1980 avant Mitterrand. 63 ans à l'époque, 62 ans et demi en 2017. Mais en 1980, on avait une espérance de vie comprise entre 60 et 65 ans. Donc on restait peu de temps retraités. Aujourd'hui, on a une espérance de vie au tour de 80 ans.

Mais on peut encourager des solutions qui existent déjà : augmenter le nombre de trimestres nécessaires pour partir en retraite à taux plein. Cela revient à travailler plus longtemps puisqu'on fait des études plus longues avant l'entrée sur le marché. Il y a la surcote : vous travaillez plus longtemps, vous cumulez des bonus qui vous assure une pension plus élevée.

Enfin, il y a le cumul emploi-retraite : vous touchez votre pension de retraite mais on vous autorise à avoir un petit boulot en plus qui vous permet d'améliorer la retraite. Le débat de la présidentielle sur ce thème peut débuter.

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