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EDITO - Présidentielle 2022 : comment Macron et Le Pen ont évolué économiquement depuis 2017

Depuis leur dernier face-à-face, les positions d'Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen ont évolué en matière d'économie.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron, candidats à la présidentielle 2022.
Marine Le Pen et Emmanuel Macron, candidats à la présidentielle 2022.
Crédit : Photos : AFP/Montage : RTL.fr
Les programmes éco des deux candidats à la loupe
00:03:59
Les programmes éco des deux candidats à la loupe
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François Lenglet - édité par Thomas Pierre

On connaît donc les deux finalistes, qui sont les mêmes qu’il y a cinq ans. Va-t-on assister, au plan économique, au même duel qu’en 2017 ? Pas tout à fait. L’un et l’autre des deux candidats ont changé leurs positions. Leur opposition s’est un peu affaiblie en matière d’économie.
 
Se sont-ils rapprochés ? Il y a eu en fait un double mouvement. Macron a repris et développé cette année une idée qui n’était guère présente dans son programme en 2017, l’indépendance et la souveraineté nationale, qu’avait exaltées Le Pen à l’époque. A la suite de l’épidémie et de la guerre d’Ukraine, tout le spectre politique français, Macron compris, s’est déporté de ce côté. 

L’expérience des pénuries de masques, de vaccins, de semi-conducteurs, la dépendance au gaz russe, tout cela a fait naître une préoccupation nouvelle même chez les libéraux, organiser l’économie et ses approvisionnements stratégiques sur une base nationale.

Le Pen a changé par rapport à 2017

Et côté Le Pen, il y a eu aussi du changement ? Oui, tout aussi important, et symétrique de celui de Macron. Sur l’euro et l’Europe, plus question de sortie de la France, le fameux "Frexit", sur le modèle du Brexit. Sur la dette, révolution également. En février 2021, dans le quotidien L’Opinion, Le Pen affirmait ainsi que la dette française devait être remboursée, pour des raisons morales. Alors qu’en 2017, la candidate voulait dynamiter le socle macro-financier français, elle souhaite désormais le conserver. 
 
Ce sont des emprunts de l’un à l’autre, et réciproquement ? Non. Macron a été obligé de composer avec la demande politique du moment, qui nous ramène à l’état, aux frontières, à la souveraineté, aux antipodes de sa campagne plutôt libérale de 2017, qui était une ode au marché. 

Des différences notables

A l’inverse, Le Pen a été elle-même obligée, pour rassurer une partie de son électorat, de renoncer à l’aventurisme monétaire. Le virage n’est d’ailleurs pas aussi brutal qu’il y paraît. En réalité, c’est l’euro qui a changé, entre ces deux échéances. Avec l’abandon des règles budgétaires et l’intervention massive de la banque centrale pour prêter aux gouvernements afin qu’ils dépensent sans compter face à l’épidémie.
 
Il reste pourtant des différences entre les deux. D’abord, sur les sujets qu’on vient d’évoquer, la conversion des deux candidats n’est pas si profonde. Macron reste un libéral partisan de l’ouverture des frontières. Et lorsqu’il évoque la souveraineté, c’est bien souvent associée au qualificatif d'"européenne", ce que récuserait le Rassemblement National. 

La travail, point-clé

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Quant à Marine Le Pen, une bonne partie de son programme entre délibérément en contradiction avec les règles de fonctionnement de l’Europe. Elle annonce d’ailleurs la création d’une "alliance des nations européennes", assez confuse, destinée à remplacer l’union européenne. 

Y-a t-il d’autres différences ? Oui, très importantes. La principale rejoue l’opposition entre la droite et la gauche. Pour Macron, le travail reste le point-clé, peut-être même davantage qu’en 2017. D’abord parce qu’il est le moyen de s’intégrer à la société, de se réaliser. Ensuite parce qu’il permet de financer un état providence que le candidat a plutôt développé. D’où la retraite à 65 ans. D’où l’obligation qui serait faite aux bénéficiaires du RSA de travailler pour la collectivité. D’où l’objectif du plein emploi. 

Pour Le Pen en revanche, plus que le travail, ce sont les revenus qui comptent. D’où la retraite à 60 ans, même amendée. D’où le thème omniprésent du pouvoir d’achat, soutenu par de nouvelles allocations et des baisses de taxes. D’où le coût budgétaire et le déficit du programme Le Pen, sensiblement supérieur à celui du président sortant. 

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