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ÉDITO - Affaire McKinsey : à quoi servent les influents cabinets de conseil ?

Le Sénat a récemment dévoilé que le gouvernement avait de plus en plus recours à ces cabinets de conseil, avec des commandes qui ont dépassé le milliard d'euros en 2021.

Le logo du cabinet de conseil McKinsey (Illustration)
Le logo du cabinet de conseil McKinsey (Illustration)
Crédit : DYCJ / IMAGINECHINA / IMAGINECHINA VIA AFP
ÉDITO - Cabinets de conseil : à quoi servent ces influentes firmes ?
00:04:04
ÉDITO - Cabinets de conseil : à quoi servent ces influentes firmes ?
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François Lenglet - édité par Florine Boukhelifa

Ils s’appellent McKinsey, Accenture et, pour les Européens, Roland Berger ou Eurogroup et sont composés d’experts, souvent jeunes et surdiplômés, qui enchaînent les missions thématiques, au gré des commandes qui leurs sont passées. Dans un récent rapport, une commission d’enquête du Sénat pointe l’extraordinaire influence des cabinets de conseil dans les décisions du gouvernement.

Ces grandes firmes, pour la plupart américaines, interviennent généralement à la demande des entreprises pour résoudre un problème ou éclairer une décision : comment réaliser une fusion, quelle stratégie adopter pour améliorer la rentabilité, quels départements céder. Ce sont des missions chères : une journée de consultant coûte à peu près 1.500 euros.

Voilà que nos sénateurs ont découvert que l’actuel gouvernement a un recours très important aux services de ces cabinets : en 2021, le volume des commandes a dépassé le milliard d’euros, un montant qui a doublé depuis 2018.

Ces cabinets préparent par exemple la réforme des retraites. Ils remettent en service le système informatique de la CNAV, qui ne parvenait pas à le faire, organisent l’approvisionnement du pays en masques, ou encore conçoivent la campagne nationale de vaccination. Plus prosaïquement, ils préparent une convention : il ne s’agit pas pour ces cabinets de prendre les décisions, mais de les préparer e de proposer une stratégie et une organisation pour les mettre en œuvre. Au sein de l’État, les plus gros utilisateurs sont les ministères des Finances, de l’Intérieur et de la Défense.  

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La question sous-jacente du rapport sénatorial concerne les compétences de la haute fonction publique pour réaliser ces tâches. Les corps d’élite de fonctionnaires, type inspection des Finances ou inspection des affaires sociales ne les ont pas. Ils travaillent a posteriori, pour évaluer les politiques publiques, et non pas a priori.

Les dépenses réduites de 15%

Ces cabinets privés apportent leur œil extérieur, précieux. Ils sont internationaux, ils peuvent donc comparer la France à d’autres pays où se posent des problèmes identiques. Ils ont également la culture de la rapidité, ce qui fait bien souvent défaut à notre administration. Par exemple, lorsque l'on réalise en pleine épidémie que la France a bazardé ses stocks de masques. Encore faut-il, évidemment, bien les utiliser.

Les sénateurs relatent ainsi des faits un peu baroques. Des séminaires de management, durant lesquels les fonctionnaires sont invités à faire des constructions en Lego, ou bien votent avec des gommettes de couleur. Le rapport mentionne aussi les agents de l’Ofpra, formés par un cabinet pour réduire les délais de traitement des demandes d’asile, qui se plaignent de l’utilisation du vocabulaire des start-up, peu adaptés disent-ils à leur mission.

Plus sérieusement, les enquêteurs soulignent que plusieurs missions, dument payées, sont restées sans suite, et s’apparentent à du gaspillage de deniers publics. Notamment la préparation d’un colloque à l’Éducation Nationale pour 500.000 euros. L’État a pour le moins manqué de vigilance dans la passation de ces commandes. Il y a six semaines, Amélie de Montchalin, ministre de la Fonction publique, a d’ailleurs passé en catastrophe une instruction pour limiter les montants de 15%, alors que le sénat effectuait son enquête.

Ultime bug, le rapport révèle que McKinsey, le premier bénéficiaire des commandes publiques, n’a pas payé d’impôt en France depuis au moins dix ans, grâce à un mécanisme d’optimisation fiscale. Bruno Le Maire a prévenu qu’ils seraient rattrapés par la patrouille. Autant dire que si les consultants ont une utilité indiscutable, le rapport des sénateurs a eu la sienne également. 

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