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ÉDITO - Hong Kong se meurt, victime de la pandémie de Covid-19 et de la mainmise de la Chine

Depuis début février, plus de 100.000 personnes ont fui Hong Kong en raison d'une brutale résurgence épidémique, mais aussi de la brutalité du gouvernement local.

Un bus à Hong Kong (illustration)
Un bus à Hong Kong (illustration)
Crédit : ISAAC LAWRENCE / AFP
Hong Kong se meurt, victime de la pandémie de coronavirus et de la mainmise de la Chine
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Hong Kong se meurt, victime de la pandémie de coronavirus et de la mainmise de la Chine
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François Lenglet - édité par Florine Boukhelifa

Hong Kong, l’un des centres financiers les plus importants au monde, est en train de s’effondrer. Ce petit territoire naguère extrêmement prospère, à la pointe méridionale de la Chine, avec quelque 7 millions d’habitants, se vide de ses cadres. Par exemple, Pernod Ricard, le français champion des alcools, vient de délocaliser ses managers. Mandarin Oriental, une compagnie hôtelière, organise aussi son exil. Bank of America réfléchit elle à transférer ses bureaux à Singapour.

Ces mouvements sont provoqués par une brutale résurgence de l’épidémie, ainsi que la brutalité du gouvernement local, contrôlé en réalité par Pékin. Les cadavres des victimes s’entassent à l’air libre, car les morgues sont saturées. Les autorités n’hésitent pas à séparer de force les enfants contaminés de leurs parents, pour les enfermer trois semaines en quarantaine, sans aucun contact avec les leurs. Elles projettent de tester toute la population, et d’embastiller tous les positifs.

Résultat, en février, 65.000 départs d'étrangers et de riches Hongkongais avec double passeport. Sur la seule première moitié de mars, on en compte près de 50.000. Les yachts, les Ferrari et les Rolls-Royce sont vendus à la casse en Europe, à Londres principalement, par les propriétaires qui décampent.

Les prix du mètre carré dans les quartiers chics, naguère les plus élevés du monde, perdent plusieurs pourcents par mois. 10% des expatriés européens là-bas auraient déjà quitté le territoire. L’aéroport, qui était l’un des plus actifs au monde, n’accueille plus que quelques centaines de passagers par jour. Les inquiétudes sanitaires n’ont fait que renforcer la crainte des étrangers devant le nouveau Hong Kongtenu d’une main de fer par la Chine.

La réputation de Hong Kong mise à mal

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En 2019, des millions de personnes avaient manifesté dans les rues contre une loi dite de "sécurité", qui visait en réalité à enfermer les opposants au régime. Depuis, celle-ci est passée. Un ex-avocat américain de Bank of America a par exemple été emprisonné pour avoir pris fait et cause pour les manifestants. Un activiste britannique est poursuivi jusqu’au Royaume-Uni. L’ancien président du barreau de Honk Kong a été brutalement expulsé pour avoir critiqué la loi de sécurité.

La surveillance politique se renforce, mettant à mal la réputation de Hong Kong, jusqu’ici le centre financier d’une des régions les plus dynamiques de la planète, le Delta de la Rivières des Perles, où se situe la ville de Shenzhen et où se crée 12% du PIB de la Chine.

On peut ainsi se demander si la Chine cherche à tuer la poule aux œufs d’or. La logique politique et le durcissement autoritaire du président chinois, Xi Jingping, ont pris le pas sur la logique économique. Cela fait 25 ans que Pékin a repris le contrôle du territoire, qui devait en principe bénéficier d’un régime politique privilégié.

Auparavant, Hong Kong était une colonie britannique qui avait la fièvre du business et qui servait à la Chine communiste de sas de communication avec les diables étrangers. C’était la frontière du monde libre, une sorte de mur, non pas de Berlin mais de Pékin. On y croisait des milliardaires, des espions de tout poil, des diplomates neurasthéniques, des expatriés alcooliques, des foules de chinois travaillant 14 heures par jour dans l’espoir de s’enrichir, qui sillonnaient la ville et ses buildings de verre surplombant le port le plus actif de tous les temps.

À l’époque, la fortune de Hong Kong avait été faite par les grandes familles shanghaiennes, qui s’étaient installées là pour fuir la révolution communiste de Mao, dans les années 1950. Un nouvel exil a commencé, toujours devant le communisme, mais cette fois-ci au détriment de ce territoire.

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