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ÉDITO - Il y en a marre du wokisme

Le wokisme est l’épouvantail conceptuel de tous ceux qui ressentent une insécurité culturelle, estime Olivier Bost.

DeJuana Thompson, de l'organisation "Woke Vote" à Washington DC en 2020
DeJuana Thompson, de l'organisation "Woke Vote" à Washington DC en 2020
Crédit : JONATHAN ERNST / POOL / AFP
Il y en a marre du wokisme
02:48
Il y en a marre du wokisme
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Olivier Bost

Il y en a marre du wokisme, parce que d’abord qui sait ce que c’est que le wokisme ou un woke ? Avant d’y revenir, pour éviter tout quiproquo pendant les 3 minutes qui viennent, je vous précise que je ne vous parle pas d’un ustensile pour faire de la cuisine asiatique, pas plus que d’un personnage de la saga Star Wars.


Un woke à gros trait (ça nous vient des États-Unis) est le militant d’une minorité raciale ou sexuelle, très en pointe pour défendre sa cause et très souvent dans l’excès. Les wokes sont souvent évoqués dans les pages "débat" des quotidiens et ils occupent les conversations de quelques plateaux télés. Les wokes sont aussi directement invités en personne parce que les excès passent bien à la télé.

Mais voilà, le wokisme, ça parle à 0,5% de la population. C’est Eric Woerth, député et ancien ministre Les Républicains qui l’a dit, interrogé à l’Assemblée il y a une semaine. Et figurez-vous qu’Eric Woerth a raison.

Faut-il arrêter d'en parler ?

Surtout pas, parlons de tout ! Mais à la seule condition, quand même, que tout le monde comprenne bien de quoi on parle. Or évoquer le wokisme pose 2 problèmes. Je ne vais pas vous dire qu’il y a des choses plus graves dans la vie, mais est-ce que cela relève de préoccupations quotidiennes et est-ce que cela concerne vraiment l’avenir du pays tout entier ? Le phénomène n’est-il pas, avant toute chose, une source de débat infini ou un nouveau clivage qui aurait échappé à beaucoup ? Manier des concepts en politique finit par se heurter à une réalité assez triviale : mais, de quoi me parlez-vous ?

Le wokisme n'existe pas ?

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Le wokisme est l’épouvantail conceptuel de tous ceux qui ressentent une insécurité culturelle. La remise en cause du patriarcat jusqu’à l’effacement de l’identité sexuelle, l’anti-racisme revanchard jusqu’à la cancel culture, de la consécration des minorités jusqu’à l’intersectionnalité, ça en fait des concepts. Tout cela peut effrayer et apparaître comme autant de menaces sur nos modèles familiaux ou nos équilibres sociaux. Cette insécurité-là existe. 

L’émergence d’Eric Zemmour dans le débat politique en est la preuve, le wokisme fait partie de sa rhétorique. Mais le problème, c’est que le terme wokisme est tellement fourre-tout, tellement imprécis qu’il ressemble à une menace obscure. Si vous écoutez ceux qui en parlent le plus, les ultra-conservateurs, cela finit par englober tout progressisme quel qu’il soit. Nous risquons tous avec ces raisonnements de finir par être le woke d’un autre.

Au fond, qui sont ces wokes ?

Une part de la jeunesse dans les universités et ailleurs, sur les réseaux sociaux et c’est pour ça qu’il faut ramener tout cela à de justes proportions. C’est porté par une jeunesse en recherche de nouveaux idéaux ou de nouveaux combats. Ce n’est pas très nouveau, souvenez-vous de 1968 quand les anciens ne comprenaient plus les jeunes, qui parlaient déjà de libertés sexuelles qui menaçaient tout. C’est pareil et jeunesse finit par passer. Eux aussi pourront devenir de vieux cons à leur tour.

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