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Déconfinement : le vote maintenu demain à l'Assemblée, quels sont les enjeux ?

ÉCLAIRAGE - L'enjeu pour Édouard Philippe est de taille puisqu'il s'agit de déterminer les conditions dans lesquelles l'activité et la vie quotidienne des Français vont pouvoir redémarrer à partir du 11 mai, date choisie par Emmanuel Macron pour le déconfinement progressif du pays.

Edouard Philippe à l'Assemblée, le 31 mars 2020.
Edouard Philippe à l'Assemblée, le 31 mars 2020. Crédit : Yoan VALAT / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Une méthode qui crée des remous jusque dans sa propre majorité. L'annonce du discours d'Édouard Philippe, suivi d'un débat et d'un vote à l'Assemblée, sur le plan de déconfinement provoque l'incompréhension chez les députés de la majorité et de l'opposition.

Le gouvernement français planche sur les ultimes arbitrages pour peaufiner son périlleux plan de déconfinement face à une épidémie qui a fait près de 23.000 morts dans le pays, à la veille de sa présentation officielle devant les députés.

L'enjeu est de taille puisqu'il s'agit de déterminer les conditions dans lesquelles l'activité et la vie quotidienne des Français vont pouvoir redémarrer à partir du 11 mai, date choisie par l'exécutif pour le déconfinement progressif du pays. Malgré les protestations de tous bords, le vote sur le plan de déconfinement aura bien lieu dans la foulée de sa présentation ce mardi 28 avril à 15h à l'Assemblée nationale, a-t-on appris de sources parlementaires.

Pourquoi des députés ont réclamé 2 votes

Les oppositions se sont insurgées contre le manque de temps entre la présentation le même jour à l'Assemblée et le vote, mais la conférence des présidents de l'Assemblée s'est prononcée contre un report du vote à mercredi. Cette visioconférence des présidents, assez agitée, a réuni les présidents des groupes politiques et des commissions ainsi que le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau autour du titulaire du perchoir Richard Ferrand. Les LaREM-MoDem y sont majoritaires.

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Le patron des députés Les Républicains Damien Abad a encore estimé ce lundi matin sur France 2 que "cette accélération du calendrier est un déni de démocratie", demandant "24 heures de plus pour un travail de fond en commission et la consultation de nos collègues qui ne pourront siéger". Même au sein de La République En Marche, des députés comme Martine Wonner ont contesté le délai trop court pour se prononcer.

Pour étayer ce refus d'un report, Richard Ferrand a souligné que la décision du gouvernement de présenter son plan devant l'Assemblée était une marque de considération du Parlement, a rapporté un participant. Un projet de loi, conséquence de cette présentation, devrait conduire l'Assemblée à être saisie avant le 11 mai sur les éléments de nature législative, a-t-il ajouté.

Un débat de 2h30

Marc Fesneau a lui aussi souligné que le Premier ministre a fait le choix d'associer le Parlement tout de long. En outre, plusieurs responsables d'opposition ainsi que certains "marcheurs" réclamaient deux votes, l'un sur le déconfinement, l'autre sur le traçage numérique, qui doit permettre de retrouver les contacts des porteurs du coronavirus.

Car deux votes étaient prévus initialement par le gouvernement. Le sujet du traçage avait provoqué des remous au sein même de la majorité et sa dilution dans la question du déconfinement est perçue comme une manœuvre politique.

Le Premier ministre présentera donc mardi devant l'Assemblée nationale "la stratégie nationale du plan de déconfinement" qui doit débuter le 11 mai. Un débat de deux heures trente suivra, conclu par le vote, à main levée. Alors que 75 des 577 députés peuvent désormais se rendre dans l'hémicycle, les représentants des groupes politiques seront porteurs des voix des membres de leur groupe. Mais tout député pourra faire savoir qu'il adopte une position différente de son groupe.

Le discours de l'après crise ?

Cela fait presque six semaines que le pays est confiné pour freiner la propagation du nouveau coronavirus qui, selon le dernier bilan dimanche soir, a fait depuis le 1er mars 22.856 morts dans le pays, dont 242 nouveaux décès en 24 heures. Parmi les morts, l'ancien sénateur Henri Weber, cofondateur de la Ligue communiste révolutionnaire, figure de la gauche et de mai 68, décédé à 75 ans.

La situation dans les hôpitaux s'améliore encore un peu avec 152 décès en 24 heures - bilan quotidien le plus faible en cinq semaines - et une baisse continue depuis dix-huit jours des patients en réanimation pour Covid-19 (4.682 personnes). Mais les services de réanimation/soins intensifs - qui comptaient 5.000 lits avant la crise - restent sous pression avec encore 7.553 hospitalisés, toutes causes confondues.

A deux semaines du début du déconfinement, les questions sont nombreuses : où rendre les masques obligatoires ? Quels tests et pour qui ? Réouverture des commerces partout ou par régions ? Quid des entreprises ? Et les vacances d'été ? Le Conseil scientifique chargé d'éclairer le gouvernement a livré samedi soir ses recommandations pour une "levée progressive et contrôlée du confinement".

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