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Débat Macron/Le Pen - Russie, "ripoliner", Gérard Majax... Ce qu'il faut retenir

ÉCLAIRAGE - Les deux finalistes à la présidentielle ont démarré leur débat sur les chapeaux de roue en s'affrontant dès le départ, notamment sur le pouvoir d'achat et les prix de l'énergie, à quatre jours du second tour.

Le débat Macron / Le Pen le 20 avril 2022
Le débat Macron / Le Pen le 20 avril 2022
Crédit : Ludovic MARIN / AFP / POOL
Marie-Pierre Haddad

Le match de l'entre-deux-tours. Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont débattu pendant plus de deux heures, ce mercredi 20 avril. Les deux candidats ont passé un long moment à critiquer les propositions de l'autre sur le pouvoir d'achat et l'Union européenne. 

Après moult tractations et tirages au sort de ce rendez-vous incontournable de toute présidentielle, c'est la candidate RN qui s'est exprimé en premier et qui conclura le débat. Egalement tiré au sort, le pouvoir d'achat a été le premier thème abordé. Il reste la principale préoccupation des Français, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria auprès de plus de 12.000 personnes. 

Ce débat pourrait servir à remobiliser certains électorats et "déplacer davantage de voix que ce qu'on a observé depuis le début de la Ve République", a indiqué Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France, auprès de l'AFP.                   

Marine Le Pen "présidente du régalien"

Marine Le Pen a pris la parole en première pour répondre à la question suivante : quel président serez-vous ? Selon la candidate RN, "le plus grand atout de la France, c'est son peuple. Cela fait des années que je vais à sa rencontre (...) Un autre choix est possible", lance-t-elle. 

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Elle ajoute : "Je serai la présidente du régalien (...) Je serai aussi la présidente du quotidien, du pouvoir d'achat, de l'école (...) surtout je serai la présidente de la concorde restaurée (...) de la paix civile". 

Emmanuel Macron veut "améliorer la vie du quotidien"

C'est ensuite au tour d'Emmanuel Macron de prendre la parole. Le candidat a commencé par rappeler les crises traversées ces derniers mois et "le retour de la guerre sur le sol européen". "D'évidence, nous parlons d'une époque où les peurs et les inquiétudes sont là (...) Nous devons et nous pouvons rendre notre pays plus indépendant et plus fort", a-t-il indiqué. 

D'après lui, "nous pouvons et nous devons améliorer la vie du quotidien (...) Notre France sera plus forte si elle sait se saisir de la question écologique".

Macron attaque Le Pen sur le bouclier énergétique

Sur le sujet du pouvoir d'achat, Emmanuel Macron a répété à plusieurs reprises que Marine Le Pen avait voté contre le bouclier énergétique. "Je suis content d’apprendre que vous voulez bloquer les prix, mais vous avez voté contre" le bouclier énergétique, à l'Assemblée nationale. 

Le candidat souligne aussi "qu’il n’y a pas le mot chômage dans (votre) programme". "C'est une reconnaissance du travail bien fait pour les cinq années qui se sont écoulées, je vous en remercie", a-t-il ajouté avant de poursuivre : "Or la meilleure façon de lutter contre le pouvoir d’achat, c’est de lutter contre le chômage". 

Échange tendu sur l'Ukraine

L'invasion russe de l'Ukraine a été le deuxième sujet abordé lors de ce débat. Selon Emmanuel Macron, "la Russie choisit une voie qui est funeste". Le candidat a estimé que "le rôle de la France et de l’Europe, comme nous l’avons fait, est de soutenir l’Ukraine”, notamment en accueillant cinq millions de (réfugiés) Ukrainiens”. Emmanuel Macron a ensuite expliqué vouloir faire en sorte que cette guerre “ne s’étende pas”

En réaction, Marine Le Pen a déclaré : "J'étais d'accord sur l'intégralité des sanctions prises contre les oligarques, les banques". Et d'ajouter : "La seule sanction avec laquelle je suis en désaccord, c'est le blocage de l'importation du gaz et du pétrole russes. Je pense que ce n'est pas la bonne méthode. Ça ne fera pas de mal à la Russie, mais ça fera du mal au peuple français". 

"Vous parlez à votre banquier, quand vous parlez à la Russie”

Emmanuel Macron a élargi le sujet de la Russie à l'emprunt bancaire contracté par Marine Le Pen, auprès d'une banque russe. “Vous dépendez du pouvoir russe et vous dépendez de monsieur Poutine (...) Vous parlez à votre banquier quand vous parlez à la Russie”. 

Marine Le Pen a longuement répondu au candidat La République En Marche. "Si j'ai été obligée de faire un prêt à l'étranger - c'est de notoriété publique - c'est parce qu'aucune banque française n'a voulu m'accorder de prêts", a-t-elle lancé. "Vous avez trouvé ça tellement scandaleux que vous avez fait voter une loi sur la banque de la démocratie que vous n'avez jamais mis en œuvre", a-t-elle lancé.

S'en est suivi un échange très tendu. Emmanuel Macron a indiqué : "Ce prêt, vous l'avez contracté en 2015 et vous ne l'avez toujours pas remboursé. Aujourd'hui, d'autres candidats proches de vous comme M. Zemmour ne sont pas allés chercher des prêts en Hongrie ou en Russie". Là encore, Marine Le Pen s'est justifiée. "Oui, c'est long à rembourser, a répondu Marine Le Pen", a-t-elle répondu. Et d'ajouter : "Il y a des millions de Français qui ont fait des prêts, ils ne vous doivent rien (...) Nous remboursons tous les mois rubis sur l'ongle. C'est assez long, nous sommes un parti pauvre mais ce n'est pas déshonorant".

Opposition frontale sur la réforme des retraites

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont opposés sur l'âge de départ à la retraite. La candidate RN a assuré qu'avec elle les salariés "partiront à la retraite entre 60 et 62 ans" et que "pour avoir une retraite pleine, il leur faudra entre 40 et 42 annuités". Elle a aussi défendu un système "progressif" où "ceux qui auront eu un premier emploi significatif avant 20 ans pourront partir à la retraite à 60 ans, après 40 annuités". "Progressivement, au fur et à mesure de l'âge auquel on rentre dans le système, on atteindra maximum 42 annuités 62 ans", a-t-elle assuré. 

Réponse de l'adversaire : "Je veux garder ce trésor qu'est notre système par répartition" a répliqué Emmanuel Macron, selon qui "il n'y a qu'une manière de financer, c'est de travailler progressivement plus" avec d'une part "le plein emploi" mais aussi en "décalant l'âge légal" de départ à la retraite "de 4 mois par an". Cela signifie porter cet âge "en 2028 à 64 ans, et en 2031 à 65 ans", a-t-il ajouté, en défendant un dispositif de "carrières longues" et un autre de "pénibilité". 

Gérard Majax, invité surprise du débat

"On a malgré les chiffres que vous pouvez donner, fait baisser le chômage. Il est passé de 9,6 à 7,4%. C'est pas Gérard Majax ce soir, on parle de vies derrière", a lancé Emmanuel Macron à Marine Le Pen. 


Quelques secondes plus tard, Gérard Majax a fait son entrée dans les sujets les plus discutés sur les réseaux sociaux. Il s'agit d'un prestidigitateur français né en 1943. Il a présenté durant de longues années des émissions de télévision spécialisées dans la magie comme AbracadabraY'a un truc ou encore Magie-surprise

Le Pen attaque Macron sur l'économie

Critiquée il y a cinq ans pour la faiblesse de son programme économique, Marine Le Pen a cette fois-ci renvoyé Emmanuel Macron à son bilan sur ce sujet. "Il y avait 5,5 millions de chômeurs A+B+C quand vous êtes arrivé. Ils sont 5,4 millions", a-t-elle lancé. La candidate RN a estimé que son adversaire n'a "pas spectaculairement fait baisser le chômage" durant son mandat à l'Élysée. 

"En matière de succès sur le chômage, permettez-moi d'être dubitative", a-t-elle déclaré avant de le qualifier avec ironie de "Mozart de la finance qui a un bilan économique très mauvais".

Passe d'armes sur l'écologie

Moment très attendu par la jeunesse, l'écologie a été un sujet supplémentaire sur lequel Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés. Le candidat LaREM a été "frappé par le rapport du GIEC". "Je veux aller deux fois plus vite dans le quinquennat qui vient", explique-t-il. Comme annoncé lors du meeting de Marseille, Emmanuel Macron a réexpliqué sa volonté de nommer un premier ministre en charge de la planification écologique.

Le candidat a accusé Marine Le Pen d'être "climatosceptique". Réponse directe de la candidate RN : "Je ne suis absolument pas climatosceptique, en aucun cas. Mais vous vous êtes un peu climato-hypocrite", a-t-elle lancé. "Vous êtes le pire de l'écologie punitive, vous accompagnez des mesures de grandes violences pour les classes moyennes et modestes, toutes les décisions qui consistent à expliquer aux gens qu'ils sont coupables parce qu'ils ne peuvent pas acheter de voitures électriques", a-t-elle ajouté. 

"Ripoliner" et tweet géant

Les deux candidats ont aussi brillé par leur originalité et cela n'a pas manqué de faire réagir les internautes. Après avoir utilisé le mot "perlimpinpin" lors du débat de l'entre-deux-tours en 2017, Emmanuel Macron a déclaré : "Quand on remet brique à brique les choses en place, c'est un projet (...) qui consiste à sortir de l'EuropeOn peut décider de ripoliner tout seul la façade, mais c'est une copropriété", a-t-il déclaré. Il évoquait le projet de son adversaire sur la place de la France dans l'Union européenne.

Un mot qui a fait bondir le nombre de recherches de cette expression sur Google, au moment où elle a été prononcée par le président-candidat. Selon le site du Larousse, le verbe "ripoliner" signifie "donner à quelque chose l'apparence, souvent trompeuse, du neuf".

Autre instant relevé par les internautes : le tweet "géant" brandit par Marine Le Pen.

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