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Avec les difficultés économiques, la contestation sociale pourrait-elle reprendre ?

ÉDITO - Avec le chômage qui va incontestablement repartir à la hausse, faut-il s'attendre à de nouvelles manifestations en France ?

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Avec les difficultés économiques, la contestation sociale pourrait-elle reprendre ? Crédit Image : Thierry ZOCCOLAN / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Olivier Bost
édité par Camille Sarazin

Les difficultés avant l'épidémie n'ont pas disparu, la situation économique va être très dure... La contestation sociale pourrait-elle reprendre ? À cette question, tout le monde n'a pas la même réponse. Au gouvernement, dans la majorité, dans l'opposition, chez les syndicats, le patronat et chez les spécialistes du domaine social... Tout le monde ne fait pas la même analyse de ce qui nous attend.

Il ne s'agit pas de faire des pronostics mais de savoir si après les gilets jaunes, après les manifestations contre la réforme des retraites, il faut s'attendre à une nouvelle période explosive. En revanche, dans tous les scénarios, le chômage va bel et bien repartir à la hausse. Le chômage partiel à très grande échelle a retardé les vagues de licenciements. Mais en ce moment, nous sommes sous perfusion et le retrait de la seringue n'a pas commencé. Le pire est à venir.

La perspective de destruction d'emplois par centaines de milliers est évoquée, y compris dans les couloirs du pouvoir. Édouard Philippe, le Premier ministre, a bien dit anticiper "un appauvrissement général". L'automne s'annonce très difficile. Quand la réalité économique va s'imposer, pas seulement pour les secteurs les plus frappés comme la restauration, l'aéronautique ou la construction automobile. La colère qu'exprime de nombreux Français n'est pas près de retomber.
 
Alors est-ce qu'il y aura de la contestation sociale ? Deux thèses circulent dans l’exécutif. La première, pour se rassurer un peu, c'est que les temps de crises économiques ne sont jamais les grands moments de contestations. Les grèves, les manifestations accompagnent souvent les périodes de croissance quand il y a un début de richesse à redistribuer. Là, ce ne sera pas le cas. Quand on perd son emploi ou qu'on risque de le perdre, on ne manifeste pas, on ne se met pas en grève, on sauve sa peau.

Demain sera-t-il le temps de la contestation ou celui du chacun pour soi ? Ce n'est pas une question seulement théorique, sa réponse teintera aussi sur le plan politique la fin du quinquennat et la future campagne présidentielle.

Le gouvernement se prépare déjà

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Et en attendant le gouvernement, désamorce tous les foyers de tensions… Et il distingue chaque risque. Il y a le chômage pour le secteur privé... Des gens qui tombent dans la précarité ou la grande pauvreté... Et puis il y la question des salaires et des moyens, surtout pour les services publics. Pour chacun de ces foyers de contestation, le gouvernement est déjà très vigilant.

La question des salaires, anticipe un conseiller gouvernemental, se pose pour ce qui a été appelé "la première ligne" : les personnels des hôpitaux, où il y a déjà des mobilisations, l'école peut-être dans les jours qui viennent et tous les métiers exposés qui font tourner la vie de tous les jours et qui sont insuffisamment reconnus.

Pour l'hôpital, après l'idée assez incongrue d'une médaille du mérite, Emmanuel Macron et le ministre de la Santé, Olivier Véran, ont changé de braquet. Ils ont reconnu des erreurs ces derniers jours et annoncés un grand plan... On verra ce que ça donne. Face à la précarité, la pauvreté, plusieurs ministres comme Julien de Normandie encore hier répondent par la lutte contre le inégalités "la priorité parmi les priorités" à ses yeux. 

Enfin, face à la montée du chômage, la réponse est un plan de relance que prépare le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Mais même avec tout ça, au sein de la majorité, il reste une interrogation. Certains se disent qu'ils n'auront aucune marge. "Je ne suis pas sûr que nous ne soyons pas destinés à n'être que des pompiers jusqu'à la fin du quinquennat", explique un responsable de la majorité. "Que nous n'ayons que des extincteurs comme outils, jamais de truelle pour reconstruire."

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