3 min de lecture Coronavirus

Déconfinement : comment la crise du coronavirus a-t-elle bouleversé la consommation ?

"Consommer moins mais mieux" semble devenir la tendance du monde d'après la crise du coronavirus. Livraisons, "made in france"... Quelles sont les nouvelles habitudes de consommation ?

Le salon de coiffure de Sarah Daniel-Hamizi, le 11 mai 2020 à Paris
Le salon de coiffure de Sarah Daniel-Hamizi, le 11 mai 2020 à Paris Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien Journaliste

Selon une enquête de l'Observatoire Cetelem, 57% des Français considèrent que beaucoup de choses vont changer dans leur mode de vie après le confinement. "Consommer moins mais mieux" semble devenir la tendance du monde d'après la crise du coronavirus. De fait, les 55 jours de confinement ont bousculé, voire modifié définitivement, les habitudes de consommation des Français. 

Rompre le confinement s'est tout d'abord accompagné d'une sur-consommation de certains services. D'après l’Union nationale des entreprises de coiffure, "les carnets de rendez-vous des 60 000 salons de coiffure, dont ceux de nos adhérents, se sont remplis dès les annonces du premier ministre", explique-t-on dans les colonnes du Monde.

Par ailleurs, de nouvelles habitudes de consommations se dégagent, notamment la volonté de privilégier les produits français. L’industrie nationale ayant souffert du confinement, une large partie des consommateurs sondés (83%) estime que "consommer moins, mieux et local est plus que jamais au coeur de leurs préoccupations". 

D'après une étude de l'institut Kantar, "les Français sont désormais 58% à préférer faire leurs courses au plus près de chez eux, et 42% à éviter les hypermarchés, où les Français craignent de croiser trop de monde", rapporte BFM TV. Les hypermarchés qui connaissaient déjà avant la crise “une baisse régulière et structurelle de leur fréquentation, ont encore perdu 2,3 points de parts de marché en quelques semaines, c’est énorme”, note Gaelle Le Floch, directrice stratégique chez Kantar.

Les Français vont-ils revenir dans les magasins ?

Fin avril 2020, une étude de l'Insee constatait une chute de 79% de la consommation dans le secteur du commerce et 89% dans l'hébergement et la restauration. Beaucoup se posent donc la question : les consommateurs vont-ils revenir dans les magasins, malgré l'angoisse d'une seconde vague épidémiologique ?

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Les spécialistes notent que la distanciation physique et les gestes barrières comme la peur d'être contaminé vont sans doute freiner le retour des Français dans les magasins. L’institut d’études Xerfi explique que les dépenses des ménages connaitront une baisse de 7,5 % en 2020. Un constat sans précédent en temps de paix. 

"Qu’il s’agisse d’une collection de vêtements printemps-été non vendue ou de sorties au restaurant ou au cinéma non effectuées, une bonne partie de ce qui n’a pas été consommé est définitivement perdue, et je ne crois pas du tout à des phénomènes de dépenses de revanche ou de rattrapage, comme en Chine", estime l’économiste Jean-Paul Betbeze. 

Refaire le monde ?

"La période que nous venons de vivre, propice à l’introspection, a renforcé l’envie de changer de pratiques chez ceux qui étaient déjà engagés sur cette voie. Mais ceux qui ont à gérer une baisse de revenus seront moins enclins à refaire le monde", explique Philippe Moati, cofondateur de l'Observatoire société et consommation (Obsoco). Car malgré les aides déployées par les autorités, 31% des Français déclarent que leurs revenus personnels ont été durement impactés par la crise sanitaire, selon une enquête de l’institut Kantar réalisée mi-avril.

Toujours est-il que le confinement représente une "rupture" qui accélère "des modes de consommation, en phase avec les évolutions sociétales", note Pascale Hébel, auteur d'une analyse du Crédoc, publiée fin 2015, sur les représentations de la consommation en période de sortie de crise économique. Selon l’anthropologue Fanny Parise, toutes ces nouvelles pratiques ont permis aux Français de "réaliser que ce n’est pas aussi compliqué qu’on le pensait". Et en les répétant à plusieurs reprises, il ont ainsi permis leur diffusion progressive et massive dans la société. 

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