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Coronavirus : comment Dupond-Moretti prépare la deuxième vague dans les prisons

ÉCLAIRAGE - Dans une note dévoilée par "Le Figaro", le ministre de la Justice met en garde sur la densité carcérale incompatible avec les mesures sanitaires.

Éric Dupond-Moretti à l'Assemblée nationale le 8 juillet 2020
Éric Dupond-Moretti à l'Assemblée nationale le 8 juillet 2020 Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Comment lutter contre la deuxième vague de coronavirus dans les prisons françaises ? Éric Dupond-Moretti souhaite prévenir la propagation de l'épidémie dans les établissements pénitenciers, où la densité carcérale est repassée au-dessus de 100%.

Le ministre de la Justice appelle les magistrats à éviter les incarcérations pour les courtes peines. Dans une note adressée aux parquets et aux services pénitentiaires, dévoilée le 26 octobre par Le Figaro et consultée par l'AFP, Éric Dupond-Moretti rappelle la nécessité de "maintenir autant que possible, dans chaque établissement, une densité carcérale 
compatible avec les mesures sanitaires".  

Si la population carcérale a connu une baisse significative et inédite pendant le confinement, passant de 72.575 détenus le 16 mars à 59.463 le 11 mai, elle "connaît aujourd'hui une hausse importante et rapide, dépassant en octobre le seuil des 62.000 détenus", souligne la note. 

Quel est le taux d'occupation dans les prisons ?

En moyenne, dans les 188 établissements pénitentiaires français, la densité carcérale s'établit désormais à "près de 103%" et à "près de 116%" dans les maisons d'arrêt, qui accueillent des détenus en attente de jugement ou condamnés à de courtes peines. 
La densité moyenne était de 97% mi-mai. 

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Le nombre de matelas au sol, un des indicateurs de la surpopulation, "s'accroît également depuis septembre avec près de 100 matelas supplémentaires en un mois, soit à ce jour 609", poursuit le ministre. Le nombre de mineurs détenus est lui passé de 654 à 766 en cinq mois.  

Une "remontée inquiétante"

Face à cette "remontée inquiétante" et pour continuer à contenir l'épidémie dans le huis clos de la détention, le garde des Sceaux demande une stricte application de la nouvelle réforme des peines, entrée en vigueur le 24 mars, en plein confinement. Elle prévoit des alternatives à l'incarcération, notamment à domicile sous bracelet électronique, pour les peines inférieures ou égales à six mois, ainsi que des aménagements dès l'audience pour les peines de moins d'un an. 
 
Éric Dupond-Moretti et le ministère public invitent à "requérir le prononcé d'assignations à résidence sous surveillance électronique dès que la situation le justifie". Pour les mineurs, il souhaite que soient privilégiés "les placements alternatifs à l'incarcération". Le ministre de la Justice incite aussi les services pénitentiaires et les juridictions à engager "un dialogue hebdomadaire" sur la situation sanitaire.  

Selon sa note, au 20 octobre "1.043 détenus étaient confinés, 117 d'entre eux étant diagnostiqués positifs au Covid-19". Depuis le début de l'épidémie, un seul détenu, un homme de 74 ans qui était incarcéré à Fresnes (Val-de-Marne), est décédé mi-mars de la Covid-19. 

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