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Déconfinement : dans les prisons, les parloirs ont repris sous haute sécurité sanitaire

REPORTAGE - À la prison de Sequedin, près de Lille, les détenus étaient privés de visite depuis près de deux mois. Mercredi 13 mai, les parloirs ont repris avec des mesures sanitaires drastiques.

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Déconfinement : dans les prisons, les parloirs ont repris sous haute-sécurité sanitaire Crédit Image : Frank Antson/RTL | Crédit Média : Franck Antson | Durée : | Date : La page de l'émission
Franck Antson - correspondant RTL dans le Nord
Franck Antson édité par Charles Deluermoz

À la sortie de la maison d'arrêt, un petit groupe de femmes, masques sur le visage, repart vers leur voiture. Depuis la mi-mars, elles n'avaient pas revu leurs proches. Les visites ont été réaménagées. Un seul visiteur par détenu, un box sur deux. Derrière une vitre plexiglass, Aurélie a pu voir son mari. Et, dans ses yeux, toujours la crainte du virus. 

"C'était horrible parce qu'on se demandait comment ils allaient et on s'attend au pire. C'est rassurant mais c'était compliqué aujourd'hui. C'est pas du tout agréable, on ne peut pas lui dire bonjour, on ne peut pas le prendre dans ses bras, on est éloignés... Donc c'est plutôt un acte de présence. C'est très strict. C'est mieux que rien mais ça fait quand même mal. Je pense que c'est aussi beaucoup de cinéma. Dans le bâtiment, cela ne se passe pas comme ça. Je pense que c'est plutôt une protection pour les surveillants que pour les détenus", raconte-t-elle.

Des mesures exigées par les surveillants, soucieux d'éviter une propagation de la Covid dans l'établissement lillois. Un seul cas a d'ailleurs été signalé positif depuis le début de la crise et a rapidement été isolé. Nadia, mère d'un détenu, comprend mal ces nouvelles consignes : "Là c'est encore plus dur. Avec le masque, on ne voit pas leur visage, c'est stressant. Toutes les deux minutes on nous regarde, on ne peut même pas leur amener du linge. C'est mon fils et je ne peux même pas l'embrasser. Je ne suis pas contente. Ce n'est pas que au parloir qu'il faut amener un masque. En promenade ils ne sont pas protégés. Si j'avais su je ne serai pas venue."

Le soulagement du personnel pénitentiaire

Et les visites, plus espacées pour permettre une décontamination, sont limitées à 45 minutes. La tension du début de la crise est toutefois retombée et la situation semble désormais sous contrôle. Des incidents et des débuts de mutinerie avaient éclaté ici notamment dans la région à Maubeuge ou Longuenesse près de Saint-Omer.

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À Sequedin, où l'on comptait plus de 800 détenus au début du confinement, le dispositif en place a permis de soulager le personnel, reconnaît Benoit Normand, délégué du syndicat Ufap. "Dans l'ensemble, on est sur un établissement où cela s'est relativement bien passé. Après on ne va pas se mentir non plus, le fait d'avoir libéré quasiment 300 détenus, ça a quand même bien aidé à garder la prison dans le calme, explique-t-il. Là, il n'y a plus de matelas au sol, on n'est plus sur des étages surchargésOn est dans de meilleures conditions. Forcément, on a des inquiétudes pour la suite. Il ne faudrait pas qu'on remonte à une surpopulation qui sera encore une fois ingérable." 

Concilier un impératif de protection dans ces milieux clos et un rétablissement du lien avec les proches, pour l'administration pénitentiaire, ce déconfinement s'annonce compliqué. Dans ces prisons françaises, plus de 10.000 détenus ont bénéficié de libération anticipée ces dernières semaines.

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