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Coronavirus : comment Castex resserre les rangs avant la sortie progressive du confinement

DÉCRYPTAGE - Objet des critiques de la majorité et de certains au gouvernement, Jean Castex durcit le ton auprès des ministres, avec en ligne de mire la sortie progressive du confinement.

Jean Castex, le 18 novembre 2020
Jean Castex, le 18 novembre 2020 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Peut-être, effectivement, que nous avons déconfiné un peu trop" la France en mai dernier. Jean Castex a évoqué les prémices de ce qui pourrait ressembler à un mea-culpa, devant les députés, sur la gestion de la crise du coronavirus et plus précisément le déconfinement. Cette phrase montre bien tout l'enjeu pour Emmanuel Macron, Jean Castex et le gouvernement de préparer cette nouvelle sortie du confinement pour les Français

À la différence du printemps, il ne s'agira pas d'un déconfinement. En sortie du Conseil des ministres le 18 novembre, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal joue la carte de la prudence : "Nous ne sommes pas du tout au déconfinement, on en est même loin. On parle d'une adaptation éventuelle du confinement à partir du 1er décembre si la situation sanitaire nous le permet".

C'est pourquoi Emmanuel Macron devrait miser, lors de son allocution en milieu de semaine prochaine, sur l'équilibre entre mesures sanitaires et soutien à l’économie et l'équilibre entre obligations et responsabilités. La sortie progressive du confinement est périlleuse pour l'exécutif qui a conscience de l'enjeu. "Il faut rester humble face à la situation sanitaire", résume l'entourage du président dans Le Figaro.

Des ministres qui cherchent à le "torpiller" ?

Cette nouvelle version du déconfinement est d'autant plus importante pour Jean Castex. Cheville ouvrière de la stratégie du printemps dernier, le premier ministre doit à la fois anticiper l'évolution de la crise sanitaire pour les mois à venir et gérer son gouvernement qui ne cesse de s'affranchir de son autorité jour après jour. 

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"Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et même peut-être Jean-Michel Blanquer, qui font partie de l’aventure depuis le début, ne lui reconnaîtront aucune légitimité et prendront un malin plaisir à le torpiller", décrypte un élu, proche du premier ministre dans Le Figaro. C'est notamment le cas de Bercy avec Bruno Le Maire

"Pour la réouverture des petits commerces, le ministre de l'Économie a dit à tous ceux qui peuvent le répéter : 'Je pèse à fond pour le 27 novembre', donc ce fameux vendredi noir. Ce dernier a bon espoir d’obtenir gain de cause, 'si Véran ne repasse pas derrière et arrive à convaincre le président', explique l’un de ses proches", a indiqué Olivier Bost, éditorialiste politique à RTL.

Un recadrage opéré par Jean Castex

Jean Castex souhaite donc reprendre la main. "Il y a une volonté que les choses soient claires et rappelées. C'est un petit recadrage", explique un de ses proches dans les colonnes de L'Opinion. La tâche est délicate pour le chef du gouvernement d'autant plus qu'Emmanuel Macron "a décidé de travailler en direct avec trois, quatre ministres. Il est allé au bout de la logique de la Vème République et du quinquennat", souligne un membre du gouvernement au journal.

Mais le chef du gouvernement assume son rôle : il encaisse les coups. "Jean Castex vous protège. Il prend des coups. Est-ce qu'Édouard Philippe vous protégeait ? Non. Il prenait des postures", aurait déclaré Emmanuel Macron en privé selon L'Opinion. Un commentaire saignant pour le prédécesseur du premier ministre. 

Mais peu à peu, le style Castex s'impose. "Après avoir passé sa rentrée à dire le plus grand mal de Jean Castex, Bruno Le Maire est bien plus conciliant désormais. 'Jean Castex se débrouille de mieux en mieux', a-t-il dit, en assurant que de toute façon, il n'a jamais voulu de la place de Premier ministre. 'Quand on a voulu être candidat à la Présidence, on n’est pas intéressé par Matignon', assure-t-il", analyse Olivier Bost. Le ministre de l'Économie veut désormais "faire bloc autour du Premier ministre", "sinon ce n’est pas bon pour le président de la République"

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