4 min de lecture Sénat

Alexandre Benalla : 5 points à retenir de son audition au Sénat

ÉCLAIRAGE - Les sénateurs auditionnent ce mercredi 19 septembre l'ancien chargé de mission de l'Élysée, mis en examen en juillet pour des violences commises lors du défilé du 1er Mai à Paris.

Alexandre Benalla lors de son arrivée dans la salle d'audition de la commission du Sénat mercredi 19 septembre 2018
Alexandre Benalla lors de son arrivée dans la salle d'audition de la commission du Sénat mercredi 19 septembre 2018 Crédit : Bertrand GUAY / AFP
104761573555224952563
Clémence Bauduin
Journaliste

Deux mois après le début des révélations, la commission d'enquête sénatoriale recevait Alexandre Benalla. Mis en examen en juillet pour des violences commises en marge des défilés du 1er Mai dernier à Paris, l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron se dit, ce mercredi 19 septembre, victime d'"un acharnement médiatique".

L'audition du principal protagoniste de l'affaire qui a empoisonné l'été d'Emmanuel Macron a commencé aux alentours de 8h50 avec vingt minutes de retard. Elle a duré 2h30. L'ex-collaborateur du chef de l'État, qui avait dans un premier temps menacé de ne pas répondre à la convocation des sénateurs, était finalement bien présent face au sénateur.

Le mis en cause a d'abord présenté ses excuses à la commission sénatoriale ainsi qu'à Philippe Bas qui la préside, et qu'il avait une semaine plus tôt qualifié de "petit marquis". Se présentant comme victime d'un "acharnement médiatique", Alexandre Benalla a ensuite été invité à préciser le détail de son rôle auprès de l'Élysée.

À lire aussi
Le sénateur François Patriat à Versailles en 2018 débat
"ISF, limitation à 80km/h... Il faut rester sur la ligne", dit François Patriat

1. Victime d’un "acharnement médiatique"

"J'ai ressenti à un moment un acharnement médiatique, un acharnement politique, et j'ai eu l'impression qu'un certain nombre de personnes ont pu se servir des institutions de notre pays à des fins politiques et médiatiques", a affirmé Alexandre Benalla en introduction de l'audition.

2. Des excuses dès le début de l’audition

Dans son propos introductif, l'ancien collaborateur de l'Élysée s'est lancé dans une prolepse, un procédé rhétorique qui consiste à anticiper des excuses avant même que ne lui soit reproché le moindre fait. Celles-ci étaient adressées aux sénateurs au sens large ainsi qu'au président de la commission d'enquête sénatoriale Philippe Bas, pour les qualificatifs précités.

"J'ai un profond regret sur les propos que j'ai pu tenir à votre encontre, monsieur le président. Pour le reste, je voulais vous assurer de mon respect total des institutions. Je voulais vous présenter mes excuses en ce qui vous concerne, monsieur le président Bas, car on n'attaque pas les hommes", a-t-il affirmé. L'intéressé a pris "acte" de cette déclaration. "Nous n'avons pas à tenir compte des propos qui ont été tenus hors de notre enceinte", avait-il affirmé à l'ouverture de l'audience.

>
Les excuses de Benalla à Philippe Bas Durée : |

3. L’énumération de ses missions

Alexandre Benalla ne sait plus s'il avait un CDD ou un CDI. Il a indiqué qu'il touchait 3.500 euros nets par mois et qu'il a été embauché du 5 décembre 2016 au 15 ou 16 mai 2017. Lors de la campagne présidentielle, il a officié comme "chargé de mission", "c'est-à-dire le niveau le plus bas de ce qu'on peut trouver au cabinet du président de la République", a-t-il fait valoir. Sa mission consistait selon lui en une "tâche d'organisation générale, de sécurité générale", d'"interface" et de "facilitateur", entre "le candidat et un certain nombre de personnes", ce qui requiert une "proximité physique", sur des meetings notamment.

>
Alexandre Benalla affirme ne pas avoir été garde du corps de Macron Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : Senat / AFP | Date :

"Je n'ai jamais été ni policier, ni garde du corps du président de la République", a assuré le mis en cause. Alexandre Benalla a évoqué "l’organisation des déplacements nationaux, événements organisés au palais, aussi les déplacements privés du président de la République". "J'étais dans une tâche que l'on a appelée la coordination des services de sécurité. Ce poste ne consistait pas à être le chef de la sécurité", a-t-il martelé. 

"J'avais en charge le renouvellement du parc automobile de l'Élysée (...) Ce n'était pas une fonction opérationnelle mais administrative", a également déclaré Alexandre Benalla, évoquant au total "quatre mission" puis une cinquième, liée aux "présents diplomatiques", pour laquelle il avait un rôle à jouer dans le choix des cadeaux offerts à Emmanuel Macron par ses convives. "Quelle est votre activité professionnelle actuelle ?", lui a ensuite demandé une sénatrice. "Pôle Emploi", a-t-il sommairement répondu.

4. La question du port d’arme

>
Benalla : " Le port d'arme n'était pas pour la sécurité du Président mais pour ma sécurité personnelle" Durée : |

Alexandre Benalla portait-il son arme lors de déplacements publics du président de la République ? "Si je partais de chez moi et me rendais sur un déplacement public, il a pu arriver que j'aie une arme sur moi", a-t-il expliqué devant les membres de la commission.

"Je venais le matin de chez moi avec mon arme à la ceinture et je repartais chez moi avec mon arme à la ceinture", a-t-il poursuivi, indiquant avoir demandé une autorisation de port d'armes "pour des motifs de défense et de sécurité personnelle".

"En quoi était-il plus exposé que d'autres collaborateurs ?", lui demande un membre de la commission. "Je ne parlerai pas des menaces", répond-il. "Convenez tout de même qu’il ne suffit pas d’être collaborateur d’un président de la République pour justifier d’une insécurité telle qu’elle nécessite la demande de port d’arme", répond Philippe Bas.

5. Sa rétrogradation, une "humiliation"

Alexandre Benalla a affirmé lors de cette audition s'être senti "humilié" par sa rétrogradation. "J'ai été suspendu pendant 15 jours. (...) La rétrogradation est intervenue à mon retour. Quand je suis revenu au bout de 15 jours, j'ai été convoqué dans le bureau de Patrick Strzoda et dans celui de François-Xavier Lauch qui m'ont expliqué qu'en fait, je n'allais plus participer aux déplacements officiels du président de la République, que je n'allais plus avoir les mêmes activités. Je l'ai très mal pris, j'ai vécu cela comme une humiliation, a-t-il confié. J'avais déjà eu une première sanction et on m'a expliqué (cela)". 

>
Retrogradation: "J'ai vécu ça comme une humiliation" se confie Benalla Durée : |
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Sénat Alexandre Benalla Vidéo
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7794844387
Alexandre Benalla : 5 points à retenir de son audition au Sénat
Alexandre Benalla : 5 points à retenir de son audition au Sénat
ÉCLAIRAGE - Les sénateurs auditionnent ce mercredi 19 septembre l'ancien chargé de mission de l'Élysée, mis en examen en juillet pour des violences commises lors du défilé du 1er Mai à Paris.
https://www.rtl.fr/actu/politique/alexandre-benalla-5-points-a-retenir-de-son-audition-au-senat-7794844387
2018-09-19 12:00:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/LfMXoPMTaOY6I-X7u4pkGQ/330v220-2/online/image/2018/0919/7794846084_alexandre-benalla-lors-de-son-arrivee-dans-la-salle-d-audition-de-la-commission-du-senat-mercredi-19-septembre-2018.jpg