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Afghanistan : ce qu'il faut retenir de l'allocution de Macron

Intervention militaire française, protection des Afghans qui ont aidé la France, lutte contre le terrorisme, flux migratoire... Retrouvez l'essentiel des déclarations d'Emmanuel Macron sur la situation en Afghanistan.

Emmanuel Macron lors de son allocution du 16 août 2021.
Emmanuel Macron lors de son allocution du 16 août 2021.
Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

En Afghanistan, la situation sécuritaire se dégrade de jour en jour. Après l'effondrement des forces gouvernementales, le pays se trouve désormais entre les mains des talibans qui sont entrés dans la capitale, Kaboul, dimanche. Face au fulgurant triomphe des insurgés, Emmanuel Macron s'est adressé aux Français lundi 16 août lors d'une allocution télévisée depuis le fort de Brégançon, là où il est en vacances.

Le Président a alors prévenu les talibans qu'ils feraient "le choix d'une misère sans fin" s'ils optaient pour "l'obscurantisme", notamment envers les Afghanes. Il s'est également exprimé sur l'intervention militaire passée de l'armée française dans ce pays d'Asie du Sud, la protection des civils locaux ayant collaboré avec la France, les risques d'un important flux migratoire ou encore les risques liés au terrorisme.

"En Afghanistan, notre combat était juste"

Au cours de son allocution, le chef des Armées a défendu l'intervention française en Afghanistan, qu'il a qualifiée de "juste". "En Afghanistan, notre combat était juste et c'est l'honneur de la France à s'y être engagé", a-t-il appuyé, en soulignant que "la France n'y a jamais eu qu'un ennemi : le terrorisme".

"Nos interventions militaires n'ont pas vocation à se substituer à la souveraineté des peuples ni à imposer la démocratie de l'extérieur mais à défendre la stabilité internationale et notre sécurité", a ajouté Emmanuel Macron, en faisant valoir que "partout, la mise en place de processus politiques crédibles est la priorité".

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"C'est ce principe fondamental de notre politique étrangère que nous avons appliqué en Afghanistan et que nous continuerons à mettre en oeuvre", a-t-il encore martelé, tenant à s'adresser "d'abord à ceux qui ont combattu, aux familles de ceux qui sont morts ou ont été grièvement blessés". "Nous n'oublierons pas nos soldats", a-t-il insisté.

Intervenant aux côtés des Américains, la France a été présente militairement en Afghanistan de 2001 à 2014 et a compté jusqu'à près de 4.000 soldats dans ce pays au plus fort de l'engagement de l'Otan, au prix de 89 morts et 700 blessés.

"Protéger" ceux qui ont aidé la France

Pour le président de la République, le "devoir et la dignité" de la France est de "protéger" les Afghans qui l'ont aidée et qui sont menacés par l'arrivée des talibans au pouvoir. "C'est notre devoir et notre dignité de protéger ceux qui nous aident : interprètes, chauffeurs, cuisiniers et tant d'autres", a déclaré Emmanuel Macron tandis que "près de 800 personnes sont d'ores et déjà sur le sol Français". "Plusieurs dizaines de personnes sont encore sur place (...) pour lesquelles nous restons pleinement mobilisés", a poursuivi le chef de l'État au cours de son allocution télévisée.

Ce dernier a confirmé que "deux avions militaires et nos forces spéciales" arriveront "dans les prochaines heures" à l'aéroport de Kaboul pour prendre en charge ces personnes et les ressortissants français encore présents dans la capitale afghane et qui "doivent tous quitter le pays". Ils devront ensuite transiter par la base aérienne française d'Al Dhafra, à Abou Dhabi, dans les Émirats arabes unis.

"La France est l'un des très rares pays à avoir décidé de maintenir sur place jusqu'au bout les moyens de protéger ceux qui ont travaillé pour elle", a également assuré Emmanuel Macron, "tous les employés afghans des structures françaises qui pouvaient être menacés ainsi que leur famille, ce qui représente plus de 600 personnes, ont ainsi pu être accueillis".

L'Afghanistan ne doit pas "redevenir le sanctuaire du terrorisme"

"L'Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu'il a été", a également exhorté lundi Emmanuel Macron, en affirmant que l'action de la France viserait "d'abord à continuer de lutter activement contre le terrorisme islamiste sous toutes ces formes".

"Des groupes terroristes sont présents en Afghanistan et chercheront à tirer profit de la déstabilisation", a mis en garde le président français, en appelant à "une réponse responsable et unie", et "une action politique et diplomatique". "C'est un enjeu pour la paix et la stabilité internationale, contre un ennemi commun, le terrorisme et ceux qui le soutiennent ; à cet égard, nous ferons tout pour que la Russie, les États-Unis et l'Europe puissent efficacement coopérer, car nos intérêts sont les mêmes", a-t-il ajouté.

"Nous protéger contre des flux migratoires"

Emmanuel Macron a également appelé à "anticiper" et "protéger contre des flux migratoires irréguliers importants" qui "nourrissent les trafics de toute nature", alors que de nombreux Afghans tentent l'aventure de l'émigration clandestine et que la prise du pouvoir par les talibans risque d'accentuer le mouvement.

"Nous porterons donc, en lien avec l'Allemagne et d'autres européens, une initiative pour construire sans attendre une réponse robuste, coordonnée et unie", a-t-il poursuivi, en appelant à "la solidarité dans l'effort, l'harmonisation des critères de protection et la mise en place de coopérations avec les pays de transit" alors que l'Union européenne est déjà soumise à une intense pression migratoire.

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