4 min de lecture Affaire Bygmalion

Affaire Bygmalion : "Le financement de la vie politique est encore imparfait", selon Olivier Bost

ÉDITO - La justice dira, ce jeudi 25 octobre, si Nicolas Sarkozy est renvoyé, dans l'affaire Bygmalion, devant un tribunal. "La question du financement de la vie politique et donc de la démocratie n'a pas été entièrement réglée", estime Olivier Bost.

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Affaire Bygmalion : "Le financement de la vie politique est encore imparfait", selon Olivier Bost Crédit Image : FREDERICK FLORIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
Olivier Bost
et Marie-Pierre Haddad

Un éventuel procès de l'affaire Bygmalion se rapproche-t-il pour Nicolas Sarkozy ? La cour d'appel de Paris doit se prononcer, ce jeudi 25 octobre, sur les recours qu'il a formés contre son renvoi en correctionnelle dans l'affaire des dérapages financiers de sa campagne présidentielle de 2012. 

Cette décision, qui devait être rendue le 20 septembre et avait été reportée, pourra toutefois encore être contestée devant la Cour de cassation, ce qui repousserait le calendrier sur la tenue de l'éventuel procès. 

Désormais retraité de la politique, Nicolas Sarkozy, 63 ans, avait fait appel de l'ordonnance de février 2017 qui l'a renvoyé en correctionnelle pour "financement illégal de campagne électorale". La multiplication des affaires politico-judiciaire rappelle une autre époque. L'effet de cumul est terrible. Regardez l'échiquier politique dans sa globalité et faites la liste des personnalités ou des partis qui sont sous le coup d'enquêtes, de mises en examen ou aux portes du tribunal.

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Sarkozy, Le Pen, Bayrou, Mélenchon

Il y a donc Nicolas Sarkozy pour l'affaire Bygmalion en 2012, aussi inquiété par le présumé financement par la Libye de sa campagne en 2007. Il n'est pas sorti d'affaire non plus pour Monsieur Bismuth, la tentative de corruption d’un magistrat. Voilà pour l'UMP, devenu Les Républicains.

L'ex-Front national, le Rassemblement national est poursuivi pour des emplois fictifs au Parlement européenMarine Le Pen et 14 de ses proches sont mis en examen. Dans cette collection, et selon le même principe, le MoDem et son président François Bayrou sont toujours sous le coup d'une information judiciaire, soupçonné d'avoir utilisé le même mécanisme que celui du Rassemblement national.

La situation est la même pour la France Insoumise pour l'emploi d'assistants, présumés fictifs, au Parlement européen. À cela, s'ajoute pour Jean-Luc Mélenchon et ses proches, une enquête préliminaire pour des soupçons de surfacturation pendant la campagne de 2017.

Le RPR et le PS touchés dans les années 90

Bref, tout cela fait beaucoup d'affaires judiciaires pour le monde politique. Vous allez me dire qu'il n'y a qu'En Marche, ou presque qui est épargné. Nous allons mettre ça sur le compte de la jeunesse. Et pour vous tout cela vous rappelle les années 90 ? Ça va même au delà, quand on voit le nombre de familles politiques touchées. Dans les années 90, je vous le rappelle : il n'y a surtout que les deux grands partis au pouvoir, le RPR et le Parti socialiste, qui ont été touchés.

Il y a eu notamment l'affaire Urba qui va éclater au début des années 90. Des rétro-commissions sur des marchés publics pendant plus de 20 ans, pour financer les campagnes électorales du PS. Il y a eu aussi l'affaire de la MNEF et celle d'ELF. Il y avait aussi les emplois fictifs de la mairie de Paris, les HLM et les fausses factures pour faire tourner le RPR. 

Et puis,  il y a ceux qui ont fait de la prison ferme. Pierre Botton, à Lyon, Alain Carignon à Grenoble. Durant toutes les années 90, ces différentes affaires ont éclatées et ont alimenté l'actualité de rebondissements en rebondissements. Mais ce n'est pas tout à fait comparable avec ce que nous vivons aujourd'hui.

Un système plus transparent

Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, jusqu'aux années 90, les partis étaient, quelque part, contraints d'avoir recours à des montages illégaux pour financer des campagnes électorales qui coûtaient de plus en plus cher. Trois lois, adoptées après toutes ces condamnations, ont permis de remettre de l'ordre dans ces financements. Aujourd'hui, les candidats ont des plafonds et sont remboursés par de l'argent publique pour leurs dépenses de campagne. Les partis politiques ont des moyens en fonction des voix qu'ils recueillent aux élections législatives. Le système au moins est transparent. Mais alors pourquoi y-a-t-il encore aujourd'hui des affaires, si tout est clair ?

Parce que le système de financement de la vie politique est encore très imparfait...
D'abord il y aurait largement à redire sur le travail de la commission des comptes de campagne. Elle ne peut pas être franchement dissuasive, parce qu'elle n'a pas de moyen d'enquête. Dans l'affaire Bygmalion, par exemple, elle a relevé quelques centaines de milliers d'euros de dépassement, quand c'était en fait plus de 18 millions d'euros de dépassements.

La question du financement de la vie politique et donc de la démocratie n'a pas été entièrement réglée

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Deuxième problème : le résultat des élections législatives déterminent l'argent que touche pendant 5 ans un parti politique, quelque soit son résultat à l'élection présidentielle ce qui créé d'énormes distorsions et explique encore aujourd'hui en grande partie le recours aux emplois fictifs.

Est-il normal qu'aujourd'hui des candidats aient du mal à financer leur campagne parce que les banques leur demandent des gages ? La banque de la démocratie que voulait François Bayrou a été malheureusement abandonnée. Il y a donc le risque que certains fassent des provisions pour les prochains scrutins. Il ne s'agit pas de trouver des excuses à ceux qui vont se retrouver au tribunal mais de dire qu'aujourd'hui la loi reste insuffisante. La question du financement de la vie politique et donc de la démocratie n'a pas été entièrement réglée.

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ÉDITO - La justice dira, ce jeudi 25 octobre, si Nicolas Sarkozy est renvoyé, dans l'affaire Bygmalion, devant un tribunal. "La question du financement de la vie politique et donc de la démocratie n'a pas été entièrement réglée", estime Olivier Bost.
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2018-10-25 08:00:00
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