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"Adieu Solférino, adieu le Parti socialiste ?", s'interroge Olivier Bost

ÉDITO - Après avoir quitté les mythiques locaux de Solférino, le Parti socialiste appartient-il à l'ancien monde ? "Quand on voit comment se porte le nouveau monde, on peut se dire que la suite est loin d'être écrite", estime Olivier Bost.

Alba Ventura L'Edito politique Alba Ventura
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"Adieu Solférino, adieu le Parti socialiste ?", s'interroge Olivier Bost Crédit Image : Martin BUREAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
Olivier Bost
et Marie-Pierre Haddad

Le Parti socialiste à Solférino, c'est fini. Les derniers cartons ont quitté le siège. Les nouveaux locaux seront inaugurés, dans la banlieue de Paris à Ivry-sur-Seine, dans quelques semaines. C'est une page de la vie politique qui se tourne.

Le bâtiment était un désert, depuis les doubles défaites à la présidentielle et aux législatives de 2017. Les deux tiers des salariés ont été licenciés. L’étoile avait déjà bien pâlie et maintenant, ce sont les photos qui vont commencer à jaunir. Solférino est désormais définitivement dans la mémoire collective des amateurs de politique et dans les images d’archives de l’Ina.

Une partie du Parti socialiste, une grande partie de son histoire, est rentrée dans un musée imaginaire et collectif. Solférino, ce sont les années Mitterrand puisque c'est là qu'a commencé la campagne de 1981.

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Jospin, Royal, Aubry, Hollande, Hamon, Valls...

C'est ensuite Lionel Jospin et le retour au pouvoir de la gauche plurielle, en 1997. C'est aussi son premier secrétaire de l'époque, François Hollande. Ce sera ensuite, Ségolène Royal en 2007 sur le balcon le soir de la défaite qui promet aux militants de les mener vers d'autres victoires.

Cinq ans plus tard, dans la rue de Solférino, nous verrons aussi les larmes de la même Ségolène Royal, après sa défaite humiliante à la primaire. Enfin, il y a eu Martine Aubry, la victoire de François Hollande, une dernière fois la liesse dans la rue. Et puis, comme dernière image ou presque... Benoît Hamon et Manuel Valls, au soir de la primaire en 2017 qui ne se sert pas la main. Tous les deux quitteront le parti quelques mois après.

Pour aller à Ivry, un éloignement à la fois pratique et très symbolique

Olivier Bost
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Solférino c’est fini, mais les socialistes vont-ils regretter cet endroit ? Les nostalgiques oui... et il y en a toujours. Mais les élus d’aujourd’hui, ceux qui restent, la trentaine de députés, les présidents de régions, de conseil régionaux, de grandes villes et de villages n'en ont pas grand chose à faire. En revanche, ce qui les embête pour un certains nombres, c'est de s'éloigner des lieux de pouvoir. L’Assemblée nationale, l’Élysée, Matignon... Tous ces lieux étaient à quelques minutes à pied de la rue de Solférino.

Pour aller à Ivry, une trottinette électrique ne va pas suffire. C'est un éloignement à la fois pratique et très symbolique. Retrouveront-ils un jour ces lieux de pouvoir ? Voilà la question que pose ce déménagement. Ivry-sur-Seine, c'est une commune de banlieue, l'un des dernières villes communistes ou Olivier Faure, l'actuel premier secrétaire du PS espère, dit-il rompre avec le passé et retrouver les racines populaires de son parti.

Les élections municipales, le vrai enjeu

Est-ce que le Parti socialiste ne fait pas déjà parti du passé ? De l'ancien monde, vous voulez dire ? Quand on voit comment se porte le nouveau monde, on peut se dire que la suite est loin d'être écrite, le PS pourrait encore bouger un peu.

Les élections européennes vont être terribles pour le parti mais ce qui reste des socialistes est dans les territoires, chez les fameux élus dont on parlait hier. Les élections municipales seront un vrai enjeu pour le PS. L'occasion de rappeler qu'il faut encore faire un peu avec eux. Mais au delà de l'appareil, la question fondamentale qui se pose, c'est de savoir s'il y a encore une quelconque envie pour les idées socialistes.

François Hollande, par exemple, est convaincu qu'entre la France insoumise et En Marche, il y a un espace, inoccupé aujourd'hui. C'est sa théorie pour simplifier. Il y a des gens qui ne croient pas à la révolution de Jean-Luc Mélenchon et qui croient plus à l'État et au service public qu'Emmanuel Macron. Des gens qui ne se reconnaissent dans personne car ce qui manque terriblement aux socialistes, ce sont des idées renouvelées et une incarnation, un leader. Une nouvelle adresse à Ivry-sur-Seine ne leur suffira pas...

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ÉDITO - Après avoir quitté les mythiques locaux de Solférino, le Parti socialiste appartient-il à l'ancien monde ? "Quand on voit comment se porte le nouveau monde, on peut se dire que la suite est loin d'être écrite", estime Olivier Bost.
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2018-10-24 09:02:00
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